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Poésie

Posts Tagged ‘viande’

À chevaucher dans la brûlure (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration
    
À chevaucher dans la brûlure

À chevaucher dans la brûlure comme de la viande perdue
à tenir bride sans réponse les yeux saignés par l’horizon
à se sentir entre deux tranches de sable
à fourbir nos nuits
à rejoindre

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Au fond de la casserole (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019




    
Au fond de la casserole
(à Roger Lahu)

Le pot-au-feu popote
dans la grande nuit qui tombe
les poireaux
les carottes
les patates et la viande
dessinent des fantômes
en buée sur les vitres
je vous attends
en mijotant
en bouillonnant
comme un vieux plat
d’automne
au fond de la cocotte
ma colère
mes silences
et ma connerie d’homme
quand vous serez là
la nuit sentira bon
et moi je serai
cuit

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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On se souvient (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



On se souvient : la bulle d’or de notre joie
Montait montait sans fin c’était toujours avril
Maintenant chaque jour il neige sur la ville
Les murs sont recouverts de crachats et de signes
Demain on tue on brûle on cingle dans le froid
Vers les châteaux de viande les fleuves d’eau-de-vie
Toute bue l’avalanche des éclairs et du sang.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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La haine en été (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019


 

Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.

(Jean Follain)

 

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Chaque personne (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


écureuil

Chaque personne que je rencontre
Est pour moi une Expérience
Si elle contenait une Amande?
La tournure d’une Noix

Sur un Arbre inspire
Autant confiance,
Mais de la Viande est exigée à l’intérieur
Pour les Ecureuils, et Moi.

***

Experiment to me
Is every one I meet
If it contain a Kernel?
The figure of a Nut

Presents upon a Tree
Equally plausibly,
But Meat within, is requisite
To Squirrels and to Me.

(Emily Dickinson)

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Viande (L214)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



 

    
Il n’y a pas de viande heureuse

(L214)
 

Art L214-1 :
« Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire
dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »

Site de l’Association L214: https://www.l214.com/

 

Auteur: Frédéric Lenoir
Recueil: Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment)
Traduction:
Editions: Fayard

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Poète mangeant une tête de veau (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Poète mangeant une tête de veau

Succulence de cette chair
tendre et parfumée,
égayée d’un rien de vinaigre
et d’un hachis de ciboulette.

«Vous en reprendrez bien» dit l’hôtesse.

Souvenir alors d’une table d’enfance,
de ma mère penchée
vers le plat bleu
où la viande doucement fume,

puis soudain ce tableau touchant:
un jeune veau près de sa mère,
au fond du pré fleuri,
son doux regard humide d’enfant.
«Non, merci, je n’en reprendrai pas!»

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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REPAS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018




    
REPAS

Dans l’assiette blanche
un peu ébréchée
on mange un morceau de viande saignante
la femme assoiffante
on ne la voit plus.
Sur la route bleue
puis qui devient rouge
de grands chiens passent
comme s’ils avaient
moyen d’exister
durant tous les temps
en portant collier à plaque de cuivre
au nom de leur maître
et sans peur de la nuit.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONJONCTURE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
CONJONCTURE

Ce que vous mangez ce n’est pas
ce que vous croyez ce n’est pas
de la viande qu’on vous donne à bouffer,
c’est de l’appât, c’est bon
(peut-être les pêcheurs ont-ils
oublié leur ligne, peut-être
ont-ils fait le voeu
de jeûner désormais?)

L’hameçon n’a pas un goût de gâteau
mais le goût du sang
il va vous arracher à votre bouillon tiède :
Comme l’air est froid au bord de la Bérézina!
Et vous allez dévaler
sur un sable étranger
sur des glaces étrangères :
Groenland Nevada,
vos membres vont agripper
la peau du désert de Nubie.

Soyez sans crainte ! Les pêcheurs distingués
ont bonne mémoire et vieille expérience.
Ils ont pour vous l’affection
du charcutier pour son cochon.
Les voici sagement assis au bord du Rhin,
du Potomac, de la Bérézina,
au bord de tous les fleuves du monde.
Ils vous font paître. Ils attendent.

Et vous, vous déchirant la gorge à belles dents,
dans votre crainte de crever de faim,
vous vous battez pour le mortel appât.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Boeuf écorché (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018


chagall-boeuf-ecorche

 

C’est de la viande où passait le sang, de la viande
Où tremblait la miraculeuse,
L’incompréhensible chaleur des corps.

Il y a encore
Quelque chose de la lueur du fond de l’oeil.
On pourrait encore caresser ce flanc,
On pourrait encore y poser la tête
Et chantonner contre la peur

(Guillevic)

 

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