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Poésie

Posts Tagged ‘vibrant’

Jardin d’aujourd’hui (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Jardin
d’aujourd’hui

avec
ses roses vibrantes.

Mais
le geste de l’eau
semble arrêté depuis des siècles,

dans
ces bassins
où venaient les jeunes filles.

(Patricia Castex Menier)

 

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L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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PANTHÉISME (Georges Thouret)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

PANTHÉISME

Je serai, dans la suite éternelle des jours,
L’impérissable atome à l’aveugle énergie
Sans cesse défaillante, et sans fin ressurgie
Pour un labeur fatal qui renaîtra toujours.
Je deviendrai le lys des royales amours
Qui frémit d’un coup d’aile et qui se meurt d’une ombre,
Et je m’élèverai, parfum des fleurs sans nombre,
Vers les astres d’argent, aux cieux de noir velours ;
Et mon corps, lentement, s’épandra dans la nue
En un vague regret d’une chose inconnue :
D’un cœur jadis meurtri de songes impuissants ;
Et, mon être vibrant en chaque molécule
Sur les derniers rayons du couchant qui recule,
Je deviendrai pour vous, ô poètes naissants,
Cette douleur qui flotte au fond du crépuscule.

(Georges Thouret)

Illustration: Oleg Korolev

 

 

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Un jour, tu verras (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018


bulle

Un jour, tu verras,
tout sera simple, très simple.

Un jour, tu verras,
tout sera léger, très léger.

Un jour, tu verras,
tout ce qui te rendait fou
ne te touchera plus.

Un jour, tu verras,
tu pleureras
et ta poitrine sera vivante.

Un jour, tu verras,
tout n’aura duré qu’un instant.

(anonyme)

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MA VIE N’EST PAS (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Geology. 64x64cm. Oil on canvas. (2009)

MA VIE N’EST PAS

Ma vie n’est pas cette heure abrupte
où tu me vois précipité
Je suis un arbre devant mon décor,
Je ne suis qu’une de mes bouches,
celle de toutes qui se clora la première.

Je suis l’intervalle entre les deux notes
qui ne s’accordent l’une et l’autre qu’à grand’peine,
car celle de la mort voudrait monter plus haut…
Mais toutes deux, vibrant durant l’obscure pause,
se sont réconciliées.
Et le chant reste beau.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Ô BEAUTE INALTERABLE (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Elizaveta Porodina
    
Ô BEAUTE INALTERABLE, inexplicable
Intouchable dans le drapé du sein et inoubliable
Harmonie en absurde infini et hautaine et vibrante non moins fulgurante adorante
Comme est le corail rose de la femme humaine,
Маtièrе étroite des mystères, que nul amant fils de mystère n’a jamais eu force d’atteindre,
Et froide, au milieu de tes astres de feinte :
Оn te nomma éternité, on ne te rencontra jamais en un jour non mortel d’amour,
On ne te posséda jamais, оn eut désir de ton amour, de ton inaccessible amour.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Chanson pour toi

Je ne cesserai pas
de chanter les cloches des rencontres muettes,
les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit.
Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer,
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Je ne sais pas qui je suis (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Guy Lévis Mano s

 

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours

ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible

je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux

mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses

parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis

je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales

je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris

(Guy Lévis Mano)

 

 

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A ma Mère (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
A ma Mère

Où as-tu appris à sécher tes larmes
à supporter en silence la douleur
à enfouir dans ton cœur chagrin blessures
souffrance tourment et peine ?

Ecoute le vent !
La gueule béante
il hurle par monts et par vaux

Regarde l’océan
avec fureur et colère
il fouette d’énormes falaises

la nature toute vibrante et frémissante
brise chaque barrière et chaque obstacle

D’où vient la sagesse de ton cœur ?
Où as-tu puisé cette force ?

(Hannah Senesh)

 

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De mon enfance (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Edward Hopper

    

De mon enfance, je revois le couchant
s’étendre sur le plancher usé
et se replier lentement dans l’ombre
comme un épi trop lourd de blé.

Aux quatre coins du corps,
le coeur tire sur ses liens.
j’ai peur de vivre derrière ces vitres
tant elles sont béantes et vides.

Je ne respire pas plus qu’un objet.
Où sont les chemins descendus du soleil
vers l’après-midi si large de l’été ?
Au soir, on retrouvait les sources perdues.

Derrière les murs, plus vivantes en leur nudité
et renversées parmi leurs seins, les femmes
sont les plus belles blessures du monde
avec leur sexe, leur bouche et leurs yeux.

Au-dessus de la terre, il y a une chambre
où la solitude et le papier peint sont éternels.
Quand je n’y suis pas, des femmes de clarté
vont au-devant du jour ou de l’armoire

et, dès que je rentre, rejoignent mes yeux.
Gardiennes de secrets, elles revivent en moi
comme un buisson éperdu de printemps.
Le coeur s’enfonce dans le corps

tiède de pleurs, de plantes et de sources.
La voix n’a plus d’ombre, ni de retard
et monte comme une lame ensanglantée
de la terre entr’ouverte par le ciel.

Une grande amertume envahit la fenêtre
qui dénude le front avec un reste de jour
en y laissant la cicatrice des veines
et partout le rire jaillit des bouteilles.

(Lucien Becker)

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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