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Poésie

Posts Tagged ‘vibrante’

Le Chat (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Le Chat

Cette voix, qui perle et qui filtre
Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde
Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux.

(Charles Baudelaire)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: ArbreaPhotos

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LA POÉSIE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




LA POÉSIE

Et ce fut à cet âge… La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d’où
elle surgit, de l’hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n’étaient pas des voix, ce n’étaient pas
des mots, ni le silence
d’une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était 1à
et me touchait.
Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j’écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l’ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l’univers.

Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l’instar, à l’image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l’abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.

(Pablo Neruda)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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La belle viole (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Accoudée au balcon d’où l’on voit le chemin
Qui va des bords de Loire aux rives d’Italie,
Sous un pâle rameau d’olive son front plie.
La violette en fleur se fanera demain.

La viole que frôle encor sa frêle main
Charme sa solitude et sa mélancolie,
Et son rêve s’envole à celui qui l’oublie
En foulant la poussière où gît l’orgueil Romain.

De celle qu’il nommait sa douceur Angevine,
Sur la corde vibrante erre l’âme divine
Quand l’angoisse d’amour étreint son cour troublé;

Et sa voix livre aux vents qui l’emportent loin d’elle,
Et le caresseront peut-être, l’infidèle,
Cette chanson qu’il fit pour un vanneur de blé.

(José-Maria de Hérédia)


Illustration

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L’horloge arrêtée (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



L’horloge arrêtée

Horloge d’où s’élançait l’heure
Vibrante en passant dans l’or pur,
Comme l’oiseau qui chante ou pleure
Dans un arbre où son nid est sûr,
Ton haleine égale et sonore
Dans le froid cadran ne bat plus :
Tout s’éteint-il comme l’aurore
Des beaux jours qu’à ton front j’ai lus ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Salvador Dali

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Rêveries (Pierre Hory)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



J’entends tourner sans trêve
Dans le noir de mon rêve
Un espoir insensé
Et par moi caressé
Comme au creux d’un coussin
Le Chat Baudelairien.

En mon âme vibrante
Du rêve qui le hante
Rugissent de concert,
Evadés du désert,
Lions inassouvis,
Mes désirs asservis

Sorcières aux mains brunes,
Les méchantes rancunes
Sont des tigres en jongles
Qui acèrent leurs ongles
A tous les arbres noirs
De mes mauvais vouloirs.

Mais le sommeil efface
De mes haines la trace
Et le tendre matin
Change bure en satin,
La guêpe en papillon,
Le glas en carillon.

Mon âme épanouie
Boit les pleurs de la Vie.
Comme soleil qui luit
Boit les pleurs de la nuit
Dans le coeur de la rose
Où son baiser se pose.

(Pierre Hory)

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Un soir des champs (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2015


perce_oreille

 

Le soir chausse en haute brousse
Les escarpins du sommeil.
Tournez, moulins, lourds de lune,
Gluants d’algues, de lamproies.

Un renard chasse en silence
Pointe, muse et glisse
Au ras de l’herbe et des ronces
Son museau de hareng saur.

La silencieuse rose,
Fleur des pluies, frémit tout bas;
L’escadrille des grenouilles
Fait battre ses gorges blanches.

Dans le sidéral hôtel
Où la bonne fait l’amour,
Eclatée de cornemuses
Vibrante comme un tambour,

Sous les gros édredons rouges
Les chalands sont endormis,
Lourds de rêves et de soupes,
Ecrasés de solitude.

Dormez vises, moi je veille
A la proue de vos destins,
Près du chat, du perce-oreille,
Sous la lampe du matin.

(Maurice Fombeure)

 

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Je te nomme jardin (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




je te nomme jardin
tes seins sont des portes
vibrantes

(Mathieu Bénézet)

Illustration: Zinaida Serebriakova

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Je te nomme jardin (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2015



je te nomme jardin
tes seins sont des portes vibrantes

(Mathieu Bénézet)


Illustration: Eugène Begarat

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