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Poésie

Posts Tagged ‘vice’

Quel dur chemin (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Quel dur chemin
Le passage de la nuit, du jour
Le passage du bien, du mal
De la vertu, du vice
Le passage du silence
Du brouhaha
De la haine
De la violence
De l’amour
De l’amour

(Abbas Kiarostami)

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AVEC LES VIEUX MOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Gilles Vigneault

AVEC LES VIEUX MOTS

Avec les vieux mots
Les anciennes rimes
J’arrive trop tôt
J’arrive trop tard
J’arrive trop tôt
Pour casser la lime
J’arrive trop tard
Pour prendre ma part
Ma part c’était toi
Ma part c’était elle
C’était vous trois fois
Nous quatre et vous deux
Ailleurs c’est à toi
Que je suis fidèle
Je vieillis pour deux
Je m’importe peu

Je guette mes saisons
Du coin de l’oeil
Je n’ai pas de maison
C’est mon orgueil

Je refais des jeux
Que j’ai vu refaire
Quand je nomme Dieu
C’est à mon insu
Je fais des adieux
Mais c’est sur la terre
Par vice ou vertu
Rien ne m’a déçu

Loin dans la maison
Une jeune fille
Guette à l’horizon
Mon ombre et mon pas
Mais c’est sans raison
L’âme se gaspille
Paisse le veau gras
Je ne viendrai pas

(Gilles Vigneault)

 

 

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Si jadis j’avais cru dans un espoir d’enfant (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018




Si jadis j’avais cru dans un espoir d’enfant
Que mon âme échappant à tout pourrissement
Emporterait au fond de gouffres insondables
Des pensers éternels, des souvenirs aimables,
Je jure que depuis longtemps j’aurais quitté
Ce monde, et clos ma vie, horrible déité;
Je serais au pays de ces libres délices,
Au pays dépourvu de la mort et des vices,
Où l’esprit vole seul dans le ciel épuré.

Mais je me livre en vain à ce rêve éthéré.
Mon esprit obstiné méprise l’espérance:
Au-delà du tombeau, c’est l’insignifiance.
Eh bien, tant pis, adieu, pensers, premiers amours !
J’ai peur et de nouveau je surveille mes jours.
Je veux vivre longtemps pour qu’une image chère
Illumine en secret mon âme en sa misère.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Patrice Murciano

 

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La mort viendra et elle aura tes yeux (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




La mort viendra et elle aura tes yeux –
cette mort qui est notre compagne
du matin jusqu’au soir, sans sommeil,
sourde, comme un vieux remords
ou un vice absurde. Tes yeux
seront une vaine parole,
un cri réprimé, un silence.
Ainsi les vois-tu le matin
quand sur toi seule tu te penches
au miroir. O chère espérance,
ce jour-là nous saurons nous aussi
que tu es la vie et que tu es le néant.

La mort a pour tous un regard.
La mort viendra et elle aura tes yeux.
Ce sera comme cesser un vice,
comme voir resurgir
au miroir un visage défunt,
comme écouter des lèvres closes.
Nous descendrons dans le gouffre muets.

(Cesare Pavese)

Illustration: Fred Einaudi

 

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Triste, triste (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Triste, triste

Je contemple mon feu. J’étouffe un bâillement
Le vent pleure. La pluie à mi vitre ruisselle.
Un piano voisin joue une ritournelle.
Comme la vie est triste et coule lentement.

Je songe à notre Terre, atome d’un moment,
Dans l’Infini criblé d’étoiles éternelles,
Au peu qu’ont déchiffré nos débiles prunelles,
Au Tout qui nous est clos inexorablement.

Et notre sort! toujours la même comédie,
Des vices; des chagrins, le spleen, la maladie,
Puis nous allons fleurir les beaux pissenlits d’or.

L’Univers nous reprend, rien de nous ne subsiste,
Cependant qu’ici-bas tout continue encor.
Comme nous sommes seuls! Comme la vie est triste!

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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NUIT INFERNALE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



Illustration: John Henry Fuseli
    
NUIT INFERNALE

Quelque chose d’horriblement froid tombe sur mes épaules.
Quelque chose de gluant s’attache à mon cou.
Une voix vient du ciel qui crie :
«Monstre ! » sans que je sache si c’est de moi et de mes vices qu’il s’agit
ou si l’on m’indique d’ailleurs l’être visqueux qui s’attache à moi.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Angoisse (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Angoisse

Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête
En qui vont les péchés d’un peuple, ni creuser
Dans tes cheveux impurs une triste tempête
Sous l’incurable ennui que verse mon baiser :

Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes
Planant sous les rideaux inconnus du remords,
Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,
Toi qui sur le néant en sais plus que les morts.

Car le Vice, rongeant ma native noblesse
M’a comme toi marqué de sa stérilité,
Mais tandis que ton sein de pierre est habité

Par un cœur que la dent d’aucun crime ne blesse,
Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,
Ayant peur de mourir lorsque je couche seul.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Giuseppe Antonio Petrini

 

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Inséparables (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Inséparables

Pauvre corps
étriqué et mal foutu
]e te remercie de ton hospitalité
Tu pousses la tolérance
jusqu’au vice
J’en profite sans vergogne
Je t’use
et tu m’uses
Inséparables nous sommes
mais pas dupes

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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Miroir (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Miroir

Me voici, obstacle, me voici ; je ne m’attendais plus
mes yeux sont devenus comme une double nuit
je n’ose illuminer ce spectre, je n’ose
effacer le sourire de ces lèvres pâlies
que l’amour las ne pavoise plus.

Me voici ombre qui ai vécu
sous l’ombre de la main aux os poussiéreux d’astres
me voici devant le juge sans pardon

Le vent connaît mon crime, qui visite la bouche des morts
dont l’amour clair ceint chaque doigt
de la fille vendeuse de chair
et de la vierge aux yeux de soie.

Je ne sais plus rien et je suis las d’étreintes
j’ai tué tous mes rêves qui m’empêchaient de vivre
j’ai dû nourrir mon corps du sang frais des colombes
et j’ai tari les sources jusqu’au tréfond du sable.

Je n’ai plus rien que moi, je me salue enfin
gorgé de chairs étrangères, d’innocences et de vices
mains humides de science veule
coeur pourri de trop de proies.

C’est ainsi, c’est donc ainsi que se peint le visage
de l’homme qui efface la boue par de la boue
rien ne reste des gestes trop souvent accomplis
qu’un pli mystérieux soulignant le sourire.

Je te salue visage mensonge de silence
héritier impassible des instants de ma vie
où la rage native faiblit en violences
pour mon portrait de mort la pose est deja prise

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Reviendras-tu (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



    
Reviendras-tu si je disais la terre est au bout de tes doigts
comme une branche calcinée et déjà refroidie?
les oiseaux sont morts plusieurs fois à pic contre tes cheveux blonds
ils avaient adopté la mer pour vice
à cause des algues sonores
et des pistes qui se défont
lentement
trop tard pour naître chaque instant
à genoux devant des visages où toute couleur est hostie

comme une gorge prise au bétail qui dévore un rayon de soleil

reviendras-tu si je disais la mer est au bout de tes doigts?

(Nadia Tueni)

 

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