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Posts Tagged ‘vicissitude’

Villanelle du solitaire (Patrice Auboin)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2018



Villanelle du solitaire

Douce compagne solitude
Tu t’accoudes à mon fauteuil
Toi silence, toi mansuétude.

Suis-je digne de ta quiétude
Quand tu scintilles sur le seuil
Douce compagne solitude ?

Tu favorises mon étude
Si je plonge dans un recueil
Toi silence, toi mansuétude.

Pour rompre quelque lassitude
Aux dames tu fais bon accueil
Douce compagne solitude.

Si dans l’herbe je les dénude
Eloigne-toi comme un chevreuil
Toi silence, toi mansuétude.

Après mainte vicissitude
Suivras-tu mon humble cercueil
Douce compagne solitude
Toi silence, toi mansuétude ?

(Patrice Auboin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    

NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES

Qu’espères-tu, qu’attends-tu, amie,
revenant en si sombre voyage
jusqu’ici où dans le soleil les orages
ont une très haute voix de deuil,
de jasmin embaument et d’avalanches ?

Je me trouve ici à cet âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
cette vicissitude suspendue ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu, ce qu’on m’imposa,
tu entres dans mes pensées et tu en sors indemne.

Tout le reste qui doit être est encore,
le fleuve coule, la campagne change,
il grêle, la pluie cesse, un chien aboie,
la lune sort, rien ne se réveille,
rien du long sommeil aventureux.

***

NOTIZIE A GIUSEPPINA DOPO TANTI ANNI

Che speri, che ti riprometti, arnica,
se torn per cosí cupo viaggio
fin qua dove nel sole le burrasche
hanno una voce altissima abbrunata,
di gelsomino odorano e di frane ?

Mi trovo qui a questa eta che sai,
né giovane né vecchio, attendo, guardo
questa vicissitudine sospesa ;
non so più quel che volli o mi fu imposto,
entri nei miei pensieri e n’esci illesa.

Tuno l’altro che deve essere è ancora,
il flume scorre, la campagna varia,
grandira, spiove, qualche cane lacra,
esce la luna, riente si riscuote,
niente dal lungo sonno avventuroso.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Bal (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



Bal

De joie de se trouver réunies après tant de vicissitudes,
les premières fleurs de retour se décident à donner un bal
avant de reprendre leur forme primitive.

Enfin l’orchestre commença,
il était entièrement composé de rossignols
membres du conservatoire de la Fée de la musique.
L’oiseau bleu le dirigeait, en marquant la mesure
avec un bâton d’or inscrusté de diamants.
Les musiciens jouèrent d’abord une contredanse,
puis une polka, puis une valse,
ainsi que cela se pratique maintenant dans les salons du grand monde.

Au bout de deux contredanses les fleurs se sentirent fatiguées.
Comment avons-nous pu voir un plaisir dans la danse,
se disaient-elles avec étonnement?
La belle-de-nuit elle-même ne comprenait pas la passion
qu’elle avait eue pour les bals masqués.
Tous ces pas, disait le lis,
ne valent pas le doux balancement que m’imprime le zéphire.

Elle a raison, répétèrent toutes ses compagnes, plus de danse,
allons supplier la Fée de mettre fin à notre métamorphose,
et de nous rendre aux doux balancements du zéphire.
En reconnaissant leur ancien asyle,
le premier sentiment qu’elles éprouvèrent fut un sentiment de joie
auquel succéda bientôt la crainte.
Quel accueil allait leur faire la Fée?
Elles étaient parties malgré elle, sans vouloir écouter ses sages avertissements.
Maintenant les trouverait-elles assez punies, consentirait-elle à les recevoir?

(J.J. Grandville)

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