Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vidage’

PIED À TERRE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019




PIED À TERRE

Par les fentes du vent
entre les mailles des feuillages
dans la faille des falaises
à cheval sur la rafale
vers la croisée des horizons
tu te rues en avant.

Mais c’est l’arbre le nuage
le rocher la mer le mont
l’ombre le poisson l’oiseau
qui s’approche de ton visage
glisse s’approche sans un mot
et t’épargne le passage.

(Jean Mambrino)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’AI CACHÉ MON AMOUR (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
J’AI CACHÉ MON AMOUR

J’ai caché mon amour étant jeune et farouche
Jusqu’à ne plus souffrir le bourdon d’une mouche
J’ai caché mon amour pour ma détresse amère
Jusqu’à ne plus souffrir la vue de la lumière
Je n’osais pas jeter les yeux sur son visage
Mais par monts et par vaux je laissais son image
A chaque fleur des champs c’était un baiser pour
Dire adieu une fois encore à mon amour

C’est au plus vert du val que je l’ai rencontrée
La jacinthe des bois s’emperlait de rosée
Et la brise perdue baisait ses yeux d’azur
L’abeille aussi baisait et s’en allait chantant
Un rayon de soleil se frayant un passage
Mit une chaîne d’or à son col éclatant
Celée comme le chant de l’abeille sauvage
Elle est demeurée là tout le long de l’été

J’ai caché mon amour aux champs et à la ville
Jusqu’à être un jouet pour la brise gracile
L’abeille me semblait ressasser des ballades
Et la mouche rugir en lionne irritée
Il n’est pas jusqu’au silence qui ne prît langue
Et qui ne me hantât tout le long de l’été
L’énigme qui laissait la nature impuissante
N’était pas autre chose qu’un amour secret

***

I HID MY LOVE

I hid my love when young till I
Couldn’t bear the buzzing of a fly
I hid my love to my despite
Till I could not bear to look at light
I dare not gaze upon her face
But left her memory in each place
Where’er I saw a wild flower lie
I kissed and bade my love good-bye

I met her in the greenest dells
Where dewdrops pearl the wood bluebells
The lost breeze kissed her bright blue eye
The bee kissed and went singing by
A sunbeam found a passage there
A gold chain round her neck so fair
As secret as the wild bee’s song
She lay there all the summer long

I hid my love in field and town
Till e’en the breeze would knock me down
The bees seemed singing ballads o’er
The fly’s bass turned a lion’s roar
And even silence found a tongue
To haunt me all the summer long
The riddle nature could not prove
Was nothing else but secret love

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Reviendras-tu (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



    
Reviendras-tu si je disais la terre est au bout de tes doigts
comme une branche calcinée et déjà refroidie?
les oiseaux sont morts plusieurs fois à pic contre tes cheveux blonds
ils avaient adopté la mer pour vice
à cause des algues sonores
et des pistes qui se défont
lentement
trop tard pour naître chaque instant
à genoux devant des visages où toute couleur est hostie

comme une gorge prise au bétail qui dévore un rayon de soleil

reviendras-tu si je disais la mer est au bout de tes doigts?

(Nadia Tueni)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

JE RACONTERAI… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



 

JE RACONTERAI…

Je raconterai la beauté des statues —
Leurs gestes immobiles ordonnés et froids —
Et parlerai du visage des navires
Sans que personne ne découvre les secrets
Qui tels des fleuves coulent dans mes bras
Et emplissent de sang la pointe de mes doigts.

***

EU CONTAREI…

Eu contarei a beleza das estátuas —
Seus gestos imóveis ordenados e frios —
E falarei do rosto dos navios

Sem que ninguém desvende outros segredos
Que nos meus braços correm como rios
E enchem de sangue a ponta dos meus dedos.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :