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Poésie

Posts Tagged ‘vide’

LE PASTEUR (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
LE PASTEUR

Protégez
Protecteur. Sauvez
le mourant Sauveur. »
Ainsi prêchait le Pasteur
dans le gel de l’église vide, à la lueur
de la dernière bougie restée
sur le Grand Autel allumée.

***

IL PASTORE

« Proteggete il nostro
Protettore. Salvate
il Salvatore morente. »
Cosi predicava il Pastore
nel gelo della chiesa vuota, al lucore
dell’ultima bugia rimasta
accesa sull’Altar Maggiore.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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CONDITION (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




    
CONDITION

Un homme seul,
enfermé dans sa chambre.
Avec toutes ses raisons.
Tous ses torts.
Seul dans une chambre vide,
à parler. Aux morts.

***

CONDIZIONE

Un uomo solo,
chiuso nella sua stanza.
Con tutte le sue ragioni.
Tutti i suoi torti.
Solo in una stanza vuota,
a parlare. Ai morti.

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

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Le sommeil guette (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



 

Illustration
    
Le sommeil guette

Abîme de sens
Vide en dessous

Lever le doute ?

Je cherche
À renifler le monde

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Du vide inguérissable (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017


coquille vide

Du vide inguérissable
surgit l’évènement
et son buvard magique.

(René Char)

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OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
OÙ S’EN VONT LES RUISSEAUX

Dans les rues à minuit ne coule aucun ruisseau
il ne naît qu’avec l’aube et le bon balayeur
qui lui ouvre la porte et dirige ses pas
pousse dans son eau claire ordures, feuilles mortes
les tickets de métro les cendriers vidés
tout et n’importe quoi file vers cette bouche
qui avale le ru pour le rendre à l’égout
Il renaît à l’azur lorsque sorti du noir
il laissera sa lie aux terrains d’épandage
Alors plus pur plus libre il s’en va vers l’aval
retrouver loin des ports le trésor des possibles

(Raymond Queneau)

 

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Le brouillard autour (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Euan Macleod SMOKED_OUT__Euan_MACLEOD_b_1956_front

Le brouillard autour

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousses moi vers la porte tendre!

Mais où est cette maison, comment peut-on la trouver?
Où est ce refuge, ou est ce foyer?
Là il y a un pont sur le fleuve, et derrière il y a un jardin
Là le vide disparaît et le monde commence.

Mais où est ce fleuve et où est ce pont?
Ce jardin blanc et ses pommiers, où se trouvent-ils?
Le vent nous sert les fruits de ces arbres
Une main comme une fleur les ramasse dans le panier.

Ce pays existe quelque part, loin, derrière le brouillard
Je marche donc, et je me déchire toujours
Les oiseaux se rassemblent et partent sur le chemin
Ils volent déjà, tout droit, ils n’errent pas comme moi.

Combien de temps encore le vagabondage m’est destiné?
Ah! Petite étoile – feu follet de mes jours
Fais arrêter enfin cette souffrance
Et conduis moi, pousse moi vers la porte tendre!

(Edward Stachura)

Illustration: Euan Macleod

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Mort comme une soupière (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Mort comme une soupière
Mort comme l’ébrèchement d’une soupière
Mort comme le vide de la soupière
Mort comme un reste de potage figé dans le fond d’une soupière
Mort comme mille soupières
Mort comme dix mille soupières
Mort comme une souris noyée flottant à la surface d’une panade emplissant une soupière
Mort comme un chou plein de poux à genoux dans le fond d’une soupière
Mort comme une soupière
Vivant comme un caillou

(Raymond Queneau)


Illustration

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Chez moi (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Chez moi… Humilié, furieux et ravi.
Est-ce jour, est-ce nuit?
Et le croissant grimace par-dessus les toits
Et bouffonne pour moi…

Dehors, soleil du jour, dehors, repentirs!
Qui osera m’aider?
Dans le cerveau désert, la nuit seule s’engouffre,
La nuit seule s’engouffre !

Un seul regard pénètre la poitrine vide,
Un seul regard avide…
Tout s’évanouira, et ce sera jamais
Lorsque tu crieras: Oui!

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Caché derrière mon paravent (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017




    
Caché derrière mon paravent.
Je contemple mes petits pieds…
Je contemple mes petites mains,
Et ma fenêtre est toute sombre…
Il fait sombre, il fait bon. J’éteins
La bougie que l’on m’apporte,
Sans oublier de dire merci…
On voudrait bien que je m’amuse,
Mais ces mains… Je suis épris
Des vieilles rides de mes mains…
Parfois je vois un songe doux,
Mais je ne veux pas me déranger,
Ni déranger les souvenirs
Qui jouent encor sur la fenêtre…
Et je croise mes mains ridées,
Et je croise mes pieds ridés.
Derrière mon paravent. Au chaud.
Il y a quelqu’un. Foin de bougie.
Les yeux sont vides et vitreux.
Et sur mes doigts ridés — des bagues.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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DERRIERE LA PORTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



DERRIERE LA PORTE

Sur la clé la main tremble
ll y a cet ancien portrait qui me ressemble
Ce mur
La table vide
La vitre oû le soleil sèche un bouquet de rides
Une flamme légère
Les nuits blanches gravées sur les taies de poussière

Au loin des tuiles rouges
Les plis du vent défaits
Le monde entier qui bouge
Et le coeur du matin qui n’a pas de secrets

Bel homme
On se voit mal
Relève un peu la tête
Je baigne dans tes yeux
Mieux que dans l’eau du jour.

(René Guy Cadou)

 

 

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