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Poésie

Posts Tagged ‘vie’

C’est écrit à la craie de la vie (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 

coeur craie

c’est écrit à la craie de la vie
sur le tableau noir de la mort.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Je, la Muse, Émois (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Joël Jurion  
    
Je, la Muse, Émois

Chut! Écoute-le respirer. Il est là contre toi.
Il souffle, il ronfle, il expire…Il expire?!
Non! Non! Pas encore. Reste là contre moi.
La vie ne peut que te chérir
Si j’entends que tu respires.
Alors inspire. Inspire.
Oui, inspire!
Inspire moi…

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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On devrait avoir deux vies (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Euan Macleod
    
On devrait avoir deux vies :
une pour apprendre
l’autre pour vivre.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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AUSCHWITZ (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



    

AUSCHWITZ

Là-bas, à Auschwitz, loin de la Vistule,
mon amour, le long de la plaine nordique,
dans un champ de mort: froide et funèbre,
la pluie sur la rouille des poteaux
et les barbelés entortillés de l’enceinte :
ni arbre ni oiseaux dans l’air gris
ou surgissant en nous, mais l’inertie
et la douleur que laisse la mémoire
à son silence sans ironie ni colère.

Tu ne veux ni élégies, ni idylles : juste
des raisons à notre destin, ici,
toi qui t’émeus des contrastes de l’esprit,
incertaine d’une présence
claire de la vie. Et la vie est ici,
dans chaque non qui semble être une certitude :
ici nous entendrons pleurer l’ange, le monstre
et nos heures futures
parcourir l’au-delà, qui est ici, éternel
et mouvant, et n’est pas une image
de rêves, de possible pitié.
Ici les métamorphoses, les mythes.
Sans nom de symboles ni de dieu,
ils sont la chronique, les lieux de la terre,
ils sont Auschwitz, mon amour. Pareil au cher corps
d’Alphée et d’Aréthuse qui subitement
se changea en fumée d’ombre.

De cet enfer ouvert par une inscription
blanche : « Le travail vous rendra libre »
s’échappa continuellement la fumée
de milliers de femmes poussées
à l’aube hors des chenils contre le mur
du stand ou suffocant en criant
pitié avec leurs bouches
de squelettes sous les douches à gaz.
Les retrouveras-tu, soldat, dans ton
histoire en forme de fleuves, d’animaux,
ou bien es-tu toi aussi cendres d’Auschwitz,
médaille de silence ?
Il reste de longues tresses enfermées dans des urnes
de verre encore nouées par des amulettes
et les ombres infinies des petits souliers
et des écharpes hébraïques : ce sont les reliques
d’un âge de sagesse et de savoir
où l’homme connaissait la mesure des armes,
ce sont les mythes, nos métamorphoses.

Sur les plaines où l’amour, les pleurs
et la pitié pourrirent, sous la pluie,
là-bas, un non frappait au fond de nous,
un non à la mort, morte à Auschwitz,
afin que dans ce trou elle ne se relève plus
des cendres, la mort.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Nous n’avons pas la réponse aux questions que pose le silence (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

nous n’avons pas la réponse
aux questions que pose le silence
ni d’explication aux rêves
à peine devinons-nous certains signes

que savons-nous du miracle qui nous réunit
puis de ce qui lentement nous sépare
de ce qui se dit à travers nous
lorsque nous tentons d’écrire
de l’objet réel de notre quête
ou de ce qu’est la plus belle chose du monde

nous ne connaissons ni la part non vécue
de nos vies ni ce que nous ne sommes pas
ni même ce que nous sommes vraiment
ou ce que nous aurions pu être

nous ne connaissons ni la raison du soleil
ni le pourquoi du cercle de la terre du ciel
de la ronde des naissances et des morts

ni les autres noms du néant ceux de la lumière
ni même la vraie couleur du temps
ou les limites de l’âme
ou les chiffres liés à la disparition des astres

pas plus que le centième nom du rien

(Amina Saïd)

 
Illustration: Annabelle Delaigue

 

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Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une sorte de chant pareil au jour (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Une sorte de chant
pareil au jour qui traverse
un feuillage et descend,
furtif, jusqu’à l’herbe pauvre.

Un chant qui parle d’octobre
et d’eau cachée,
de lointains sans amertume,
fronts mêlés, collines heureuses

Et ce besoin d’espace entre
les mots, comme une disposition
de traces et de froissements.

Ici entre les fleurs, avec le grain
des ombres, la vie circule et boit,
fugitive, à d’anciennes sources.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Délia (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019




Délia, parmi toutes ces feuilles
de l’arbre de vie,
ta présence
au feu,
ta vertu
de rosée:
dans le vent irrité
une colombe.

(Pablo Neruda)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

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Le papillon (Frédéric Kiesel)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Le papillon est une chenille
Qui a rêvé toute sa vie

De s’envoler, d’être jolie.

(Frédéric Kiesel)


Illustration

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Et moi que voici (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Et moi que voici
je suis comme lui
comme l’oiseau sur la branche
comme on dit
guettant les eaux
veillant le nid
sur la branche
le nid jamais fini
guettant les vents les chants les dunes
guettant les ans guettant le temps
toujours lissant lissant lissant
ma plume
guettant les eaux
et regardant
ma vie filer
à vol d’oiseau.

(Armand Lanoux)


Illustration

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