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Poésie

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L’instant le plus heureux d’une vie humaine (Richard Francis Burton)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2019



Illustration: Vladimir Kush
    
L’instant le plus heureux d’une vie humaine
est le départ vers une terre inconnue.

(Richard Francis Burton)

 

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C’est peu que ces dix années (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Luiza Gelts  _ 3131-640x517

C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur :
Les siècles te sont donnés ;
Nous n’avons que des heures.

C’est peu ; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère ;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.

Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit ;
La fleur de ma vie est morte ;
Et quel est le fruit de ma vie ?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Luiza Gelts

 

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Sans réponse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Sans réponse

À chaque cri qui se perd
Dans les marais de l’âme
À chaque souffle qui s’étiole
Dans le vaisseau du corps

Je sonde l’ingénieuse vie
Gardienne de nos arcanes

Sa réponse inaudible
Multiplie nos fictions.

(Andrée Chedid)


Illustration

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L’instant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



L’instant nous dilapide.
L’instant nous établit.
L’instant se consume
A l’abri des clôtures.
L’instant s’épuise
Aux façades de nos vies.
L’instant s’avive
Pour te nommer,
Chimère.

L’instant n’est plus
Et tu te lèves,
Amour.

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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La télévision (Michael Crichton)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

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Quelquefois, je regarde mon living,
et la chose la plus réelle qui s’y trouve est la télévision.
Elle est claire et vive
et le reste de ma vie me semble morne.
Alors, j’éteins cette foutue chose.

Et je récupère ma vie.

(Michael Crichton)

 

 

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Je ne veux pas mourir (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Je ne veux pas mourir

Je refuse de mourir dans ce monde si beau,
Je désire vivre parmi les hommes,
Sous ces rayons du soleil au milieu de ces parterres
Si je trouvais un coin dans un coeur vivant.
Le jeu de la vie s’écoule le long de la terre,
Eloignements et rapprochements accompagnent les rires et les pleurs,
Si je peux créer une demeure immortelle
En composant une chanson avec la joie et la peine humaines.
Sinon, que je puisse me réfugier
Au milieu de vous tous pour le reste de ma vie :
Puis-je aider à s’épanouir un bouquet de chanson toujours nouvelles
Pour que tu puisses les cueillir à l’aube et à la tombée de la nuit.
Ayant accepté ces fleurs avec un sourire
Les jeter lorsqu’elles auront fané.

***

Life

I do not want to die out in this beautiful world,
I long to live among men,
Under this sunlight, in this grove of flowers
If I find a place inside a living heart.
The play of life is ever flowing on earth,
Separation, reunion accompanying laughter and tears,
If I can create an immortal abode
By composing a song with human joy and sorrow.
If I cannot, let me have my refuge
In your midst for the rest of my life :
May I help blossoming flowers of ever new songs
For you to pluck at dawn and at dusk.
After accepting those flowers with a smiling face
Throw them away once the flowers will have faded.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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LES HÉRAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



 


Illustration: ArbreaPhotos
    
LES HÉRAUTS NOIRS

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!
Des coups comme de la haine de Dieu; comme si avec eux,
le ressac de toutes les souffrances
s’enlisait dans l’âme… Je ne sais!

Ils sont rares; mais ils sont… Ils ouvrent des saignées obscures
dans le visage le plus farouche et dans le flanc le plus fort.
Ils sont peut-être les poulains de barbares attilas;
ou bien les hérauts noirs que nous envoie la Mort.

Ils sont les chutes profondes des Christs de l’âme,
d’une foi adorable que le Destin blasphème.
Ces coups sanglants sont les crépitations
d’un pain que nous laissons brûler à la porte du four.

Et l’homme… Le pauvre… Le pauvre! Il tourne les yeux, comme
quand nous appelle une tape sur l’épaule ;
il tourne ses yeux fous, et tout le vécu
s’enlise, telle une flaque de faute, dans le regard.

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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L’éternelle couche nuptiale (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
L’éternelle couche nuptiale

Ce n’est qu’en cessant d’être que l’Amour est fort!
Et la tombe est sans doute une grande pupille,
au fond de laquelle survit et pleure
l’angoisse de l’amour, comme dans un calice
de douce éternité et de noire aurore.

Et les lèvres se dressent pour le baiser,
comme quelque chose de plein déborde et meurt ;
et, en une crispante conjonction,
chaque bouche abdique pour l’autre
une vie de vie agonisante.

Et quand je pense ainsi, douce est la tombe
où tous enfin se pénètrent
dans un même vacarme ;
douce est l’ombre, où tous s’unissent
dans une universelle rencontre d’amour.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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L’artiste (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



L’artiste est doué de sens plus aigus que les autres hommes,
il voit, il sent, il appréhende tout un univers hors de la portée commune;
il est pareil à de petits enfants, dans les prairies,
à qui rien n’échappe de la vie infinie sous les grandes herbes.

(François Mauriac)

Illustration

 

 

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



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DES L’AUBE…

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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