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Poésie

Posts Tagged ‘vie’

Le Coeur du Monde (Luciole)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Le Coeur du Monde

Ils sont
La sève des arbres
Le coeur du monde
Les yeux de l’aveugle
La substance des choses

Ils sont
Les forces souterraines
Animant les étoiles
Donnent à l’univers
Sa structure et sa forme

Ils sont
Le cri de révolte
De la vie torturée
Lavent de leur corps
La plaie de la corruption

Ils sont
Le regard du naufragé
Tendant les mains
Vers une promesse trahie
Vers un avenir achevé

Ecoutez-les
Ils ont
Mille visages
Ils sont de toujours
Ils enlacent l’infini
En une gerbe lumineuse

Quand l’un d’eux disparaît
S’éteint une étoile dans le ciel

Car chaque soleil qui meurt
Assombrit la nuit des humains

M’abandonne à la nuit
M’abandonne l’espoir
De demain

(Luciole)

https://petalesdecapucines.wordpress.com/

Illustration: Antonio Chacon

 

 

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MONDES FRAGILES, CHOSES FRÊLES (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



MONDES FRAGILES, CHOSES FRÊLES

Il y eut des jours d’errance, de doute
sur les mers du temps, la peur abyssale
que rien ne surgisse, plus une étoile
en cette nuit intérieure.

O joie promise, royaume annoncé
qui serait au loin, fécondé par la lumière
— ébauche de vie sous la vie même.

Ainsi vas-tu, des années durant
sans relâche chercher cette grotte
au coeur de l’être, l’union de ton souffle
à celui du monde.

*

Il y eut des jours où seule la fatigue
en l’avancée, telle une ombre
où baigne l’errant, érige un mur
jusqu’à soi, puis un autre
et un autre encore.

Plus que fatigue, ta route
— pèsement, ta vie.

Alors, tu vas, par où règne l’Un
tu recueilles le chant
comme fragments de clarté
pris à ses filets.

*

L’obscur sonde, pénètre ton âme
le temps soulève la pesée des jours
Ô mêmes ailes, d’arbres et d’oiseaux
qui s’ouvrent, fléchissent sous le vent —
tu retournes le sablier des ombres
et se renverse la splendeur.

Telle une épave, ton pas
ne flotte ni ne s’appuie
en cette danse conduite par l’aveugle
où mène l’ultime pas, quel chemin
formé de tous les chemins
pour l’âme indécise?

Tout se passe dans le cercle silencieux
du temps ; tout vient à nous
s’unit en nous à la lumière.

Le jour tombait. Ton coeur
s’alourdissait de ces mots
car tu luttais encore
contre la lumière.

Que disait-elle, cette voix?
Quelle puissance t’étreignit alors
pour te rendre à une terre de joie?

Jusqu’à l’ombre, tu avances, ombre
amarrée à cette lointaine frontière
qui te sépare de toi-même.

(Hélène Dorion)

Illustration: Léon Bonnat

 

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Ah, comme les enfants sont heureux (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Ah, comme les enfants sont heureux,
qui savent que la vie
se dresse tout entière vers le haut,
pareille à une fontaine

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Tom Corbin

 

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J’aime la vie (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



 

J’aime la vie.
Elle me monte à la tête,
elle m’envahit.

Elle surpasse ses promesses
comme une maîtresse
follement amoureuse

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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La vie (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



La vie,
c’est un endroit
où l’on meurt…

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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Je souffre d’aimer trop (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



je souffre d’aimer trop
et je souffre que l’on m’aime.
Je souffre d’être si exigeante
et si difficilement heureuse.

Je souffre de cette différence
qu’il y a entre la vie quotidienne
et celle que j’imagine.

Je suis incorrigible
et ne me résigne
à aucun arrangement.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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J’ai perdu ce qui faisait de moi un poète (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



J’ai perdu
ce qui faisait de moi un poète

et je suis devenue un être
avec toutes les paresses,
toutes les lâchetés,

tous les désirs des êtres
que la vie a domestiqués,

asservis sous son poing de fer,
courbés sous le joug de l’argent,
de l’amour et de l’ennui.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

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Jamais je n’oublierai cette nuit (Elie Wiesel)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Jamais je n’oublierai cette nuit,
la première nuit dans un camp,
qui transforma ma vie en une longue nuit,
sept fois scellée

Jamais je n’oublierai cette fumée

Jamais je n’oublierai ces petits visages d’enfants
dont j’ai vu les corps se transformer en fumée
sous des cieux silencieux.

Jamais je n’oublierai ces flammes
qui consumèrent ma foi à jamais.

Jamais je n’oublierai le silence nocturne
qui m’ôta pour l’éternité le désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces moments
qui assassinèrent mon Dieu et mon âme
et transformèrent mes rêves en cendres.

Jamais je n’oublierai ces choses,
même si j’étais condamné à vivre
aussi longtemps que Dieu Lui-même.

Jamais.

(Elie Wiesel)

 

 

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Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Quand viendront les Rouges-Gorges (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017


faune-rouge_gorge

« Quand viendront les Rouges-Gorges
Si je ne suis plus en vie
Donne au cravaté de Rouge
Une miette Commémorative.

Si dans mon sommeil profond
Je ne puis te dire merci,
Sache que je m’y essaie
Avec la lèvre de Granit! »

(Emily Dickinson)

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