Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vie’

Chaque épreuve nous féconde (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

Chaque épreuve
Nous féconde
Chaque épure
Nous délie

Chaque contour
Nous invite
Aux dérives du sens
Chaque esquisse
Nous dévoile
L’opulence de ses jeux

Chaque tracé
Nous amorce
Chaque empreinte
Nous relie

Chaque état
Nous expose
Aux percées de l’image
Aux écarts du poème
Aux souffles de la vie

(Andrée Chedid)

 

Recueil: États de l’image, du souffle et des mots
Editions: Flammarion

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Rien (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Rien

Entre deux rives entre deux bords la vie la mort
entre deux mots entra deux airs
entre nous deux

il n’y a place à rien
il n’y a rien
que ma main
et ta main
et
rien.

(François Caradec)

 

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Pourtant (Hugo Von Hoffmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Pourtant, l’ombre de ces vies-là tombe sur les autres vies,
Et douces ou pesantes, toutes sont liées l’une à l’autre
Comme à la terre, et comme à l’air.

(Hugo Von Hoffmannsthal)

 

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A cette ronde d’enfants que tant de peine a suivie (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



A cette ronde d’enfants
Que tant de peine a suivie
Vous n’étiez vous qu’en passant
Chansons qui fûtes ma vie

Vous dont je fus la clarté
Beaux jours courbés sous leur ombre
J’ai vécu de vous compter
Je mourrai de votre nombre

Possédant ce que je suis
Je saurai sur toutes choses
Que la chambre où je grandis
Dans mon coeur était enclose

(Joë Bousquet)

Illustration: Hans Thoma

 

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Regardez (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

Regardez, regardez, Messieurs, voyez cette puissante entreprise,
Et comme ils travaillent sans trêve, se retournant dans
les draps de la vie comme en un lit de cauchemar,
Avec la sueur au front, les mains moites, et poursuivant
on ne sait quelle aventure inéluctable,
Comme des employés de bureau d’une administration
impitoyable, devant une porte toujours fermée sur
laquelle un numéro se lit,
C’est là sans doute que repose le centre de l’affaire, le grand patron,
C’est le numéro 0,
Et si par hasard quelqu’un entrait, il verrait qu’il n’y a personne,
On ne voit rien, il n’y a ni table, ni chaise, ni téléphone,
ni rien qui vaille, pas de fenêtre non plus,
Rien que des vieux murs sans papier, absolument rien,
ni trace de personne,
N’empêche que c’est le bureau du patron, le numéro 0,
Et ils continuent à accomplir leur besogne, oh ! pour-quoi,
sans doute parce qu’il faut manger et qu’il y a des gosses à la maison,

(Georges Ribemont-Dessaignes)

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Le coeur navigant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le coeur navigant

Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres,
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airain que d’autres
puissances culbutent

Élisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.

Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir :

Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.

Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent qu’au coeur navigant.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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L’espoir (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’espoir

Je ne dis pas : Il est trop tard,
Nous avons laissé se mourir la terre,
Elle ne portera plus
Les fruits de la lumière
Et ses graines de vie.
Je dis : Le ciel demeure
Ouvert au soleil, aux étoiles,
Tous les arbres n’ont pas péri,
Les feux brûlent aussi de joie.

Je ne dis pas : Il fait si noir
Que les hommes ne peuvent plus voir
Le visage de ceux qu’ils aiment,
Ils ont oublié le silence
Mais ne savent plus se parler.
Je dis : Chaque aube tient promesse,
Elle te rend ce que la nuit
Avait effacé pour toujours,
Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
Sur les plages bleues du matin.

Je ne dis pas : Les sources sont taries.
Je dis que rien jamais n’est perdu,
C’est à toi de creuser plus profond
Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.

(Pierre Gabriel)

 

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LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

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Un – deux – trois (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Un – deux – trois… huit pieds de long
Deux enjambées, le repos est sombre…

La vie est un point d’interrogation éphémère
Un – deux – trois… peut-être une autre semaine.

Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,
Mais la mort, je la sens proche.

J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.

J’ai joué à ce qui importait le plus,
les dés ont roulé.

J’ai perdu.

(Hannah Senesh)

 

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