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Poésie

Posts Tagged ‘vierge’

Le souffle atténué (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    

Le souffle atténué
le vent
béni de vieil oubli
Rien de prévisible
de clair
la bouche
écorche le sexe
Le corps humain
se perd dans l’incertain
Le coeur
on veut y croire
le coeur aimant
est vierge
On fait la grande lessive
pour ses habits de fête
On dit qu’on sait
on est
on pense toucher le ciel

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Fils d’argent (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Ruskin Spear
    
Fils d’argent, tourbillonnez,
Petits glaçons d’étoiles, voguez,
Tourbillons neigeux, soufflez!

Dans le coeur — soucis légers,
Dans le ciel — chemins d’étoiles
Et palais de neige-argent.

Songes des vents clair-serpentins,
Chants des tourbillons clair-ondulés,
Des yeux de vierge enchanteresse.

Deux ou trois chagrins
Lointains,
Les obscures tables de lois
De la Terre.
Et des navires abandonnés
Au loin.
Et au-delà du cap,
Des voiles.
Et par-dessus la mer,
Des voix.

Et se répand entre les mondes,
Sur les festins oubliés —
La coupe de la nuit ardente,
La coupe pleine de vin sombre

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Je cherche de l’étrange et du neuf (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

Illustration: Julia Perret
    
Je cherche de l’étrange et du neuf dans les pages
Des vieux livres lus et relus.
Je rêve de grands oiseaux blancs disparus,
Je pressens l’instant arraché.

La rumeur de la vie m’émeut et me brise,
Les murmures, les cris me remuent.
Un rêve blanc m’a cloué, immobile,
Au rivage des temps retenus.

Blanche, dans l’abîme Tu es inflexible,
Dans la vie — sévère et coléreuse.
Inquiète en secret, en secret adorée,
Vierge, Lueur, Buisson Ardent.

Mais pâlissent les joues des Vierges aux cheveux d’or,
Les lueurs, comme songes, s’éteignent.
Et la flamme blanche du Buisson Ardent
Couronne d’épines les humbles et les sages.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Clair de lune (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Clair de lune

Des jeunes filles
dans les prés d’argent
tournent sans musique

Une mare est là
où baigne la lune trouée de crapauds
dont l’orchestre pleure
la douce pavane
d’un temps très ancien

Chante là chante pour ces robes blanches
qui couvrent des vierges et des rêves
ton amour déçu.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Les Cydalises (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




Les Cydalises

Où sont nos amoureuses ?
Elles sont au tombeau !
Elles sont plus heureuses
Dans un séjour plus beau.
Elles sont près des anges
Dans le fond du ciel bleu,
Et chantent les louanges
De la mère de Dieu.
O pâle fiancée !
O jeune vierge en fleur !
Amante délaissée
Que flétrit la douleur !…
L’Eternité profonde
Souriait dans vos yeux :
Flambeaux éteints du monde,
Rallumez-vous aux cieux !

(Gérard de Nerval)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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PREMIERS BEAUX VERS (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



PREMIERS BEAUX VERS

Où sont les jours d’hiver pleins de calme infini
Dans la salle d’étude, aux carreaux blanc de givre;
Et les grands abat-jour sur les lampes de cuivre
Comme autour d’une lune un halo d’or bruni.

Quel éveil dans nos coeurs quand le soir, en sourdine,
Chuchotait sa tristesse aux fentes des châssis
Et que, sur les bancs noirs pensivement assis,
Nous lisions, tout songeurs, des vers de Lamartine.

Trouble des premiers vers douloureux ou charmants!
Trouble des premiers vers dont les musiques vagues
Vibraient avec un bruit pareil au bruit des vagues
Et semblaient correspondre à nos jeunes tourments!

Nous pleurions longuement Graziella trahie
Qui, n’ayant pu laisser tel qu’un tapis moelleux
Son amour sous les pas du poète oublieux,
Sans bague au doigt fut mise en sa bière fleurie !

Mais tout là-bas, au bord des rivages houleux
Ou priera l’avenir sur sa tombe odorante,
Nous autres, négligeant la morte de Sorrente,
Nous cherchions dans la mer l’infini des yeux bleus.

A travers l’idéal des grandes eaux dormantes,
A travers l’idéal des beaux vers consacrés,
Nous pouvions voir déjà, pendant ces soirs sacrés,
Appareiller vers nous nos futures amantes !

Tout nous parlait d’hymen, de baisers et d’aveux !
Et dans la barque d’or des strophes amoureuses
Les rimes accordaient leurs rames langoureuses
Pour amener vers nous la vierge de nos voeux!

La douceur de la mer méditerranéenne
Chantait dans les flots bleus des vers pleins de langueur
Qui venaient déferler sur la plage du coeur
Avec un bruit de robe et des frissons de traîne!

(Georges Rodenbach)

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Des étriers de chair (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017



Illustration: Claude Weisbuch
    
Des étriers de chair pendaient à vos coursiers
que vous saigniez de rage
et la colère obscure comme une peur prévoyante
clouait le doux gibier aux ronces de vos mains.

Qu’avez-vous respecté des dons de Dieu
que n’avez-vous pendu au gibet de vos corps
les vierges qui passaient dans l’eau de vos regards
vous leur lanciez des pièges

et des chansons tournaient, auréoles d’abeilles
autour de ces fronts dont le sang vous tentait
et vous les avez prises dans le plaisir des larmes
pour les prostituer à vos ventres blasés.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Miroir (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017




    
Miroir

Me voici, obstacle, me voici ; je ne m’attendais plus
mes yeux sont devenus comme une double nuit
je n’ose illuminer ce spectre, je n’ose
effacer le sourire de ces lèvres pâlies
que l’amour las ne pavoise plus.

Me voici ombre qui ai vécu
sous l’ombre de la main aux os poussiéreux d’astres
me voici devant le juge sans pardon

Le vent connaît mon crime, qui visite la bouche des morts
dont l’amour clair ceint chaque doigt
de la fille vendeuse de chair
et de la vierge aux yeux de soie.

Je ne sais plus rien et je suis las d’étreintes
j’ai tué tous mes rêves qui m’empêchaient de vivre
j’ai dû nourrir mon corps du sang frais des colombes
et j’ai tari les sources jusqu’au tréfond du sable.

Je n’ai plus rien que moi, je me salue enfin
gorgé de chairs étrangères, d’innocences et de vices
mains humides de science veule
coeur pourri de trop de proies.

C’est ainsi, c’est donc ainsi que se peint le visage
de l’homme qui efface la boue par de la boue
rien ne reste des gestes trop souvent accomplis
qu’un pli mystérieux soulignant le sourire.

Je te salue visage mensonge de silence
héritier impassible des instants de ma vie
où la rage native faiblit en violences
pour mon portrait de mort la pose est deja prise

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Nocturne (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Nocturne

Le sang n’est pas nu sous les robes pâles
dont la soif monte au corps de l’amant ;
passeur sans lassitude le simple sang des femmes
ne coule qu’une fois pour cent mille blessures.

Laissez en repos ce veilleur suave
dont le vol aux lèvres donne un goût de roses
bénissez le feu de cette doublure
qui sait cheminer dans les plis du marbre

— et ton sang lui-même saurais-tu l’atteindre
qui perce ton coeur d’appels sans écho ? –
ton sang dont tu vis, ton sang solitaire
long pleur assouvi par aucun sanglot
joyau sans pareil qui veut son pareil
ton sang dont tu vis, ton sang dont tu meurs
le sang n’est pas nu sous les robes pâles
ton désir est vain comme tout espoir.

Par les rues l’homme de songes
marche sur la neige morte dans la ville aveugle
un feu de lune dans son char
par les rues guidant son cheval
avec le double éclair dans le brouillard
de ses yeux clairs

Des femmes sont en prières qui n’ont plus d’amour
derrière les volets
des vierges s’éteignent au frisson des faims
beaux sangs tentés de partages.

Par les rues l’homme de songes
va sur la neige morte dans la ville aveugle
et nul ne l’entend
la femme morte de son coeur marche en avant
belle de l’éternel hiver
et blanche.

Un cor rouillé de chasse sans gibier brille à son cou
il rit, il passe, il rit et n’éveille personne
dans la ville fanée glissant vers les cyprès
dans la ville où seuls les miroirs se souviennent.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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