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Posts Tagged ‘vierge’

CLAVIER D’ANTAN (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



CLAVIER D’ANTAN

Clavier vibrant de remembrance,
J’évoque un peu des jours anciens,
Et l’Éden d’or de mon enfance
Se dresse avec les printemps siens,
Souriant de vierge espérance
Et de rêves musiciens…
Vous êtes morte tristement,
Ma muse des choses dorées,
Et c’est de vous qu’est mon tourment;
Et c’est pour vous que sont pleurées
Au luth âpre de votre amant
Tant de musiques éplorées.

(Emile Nelligan)


Illustration

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Le Lis (II) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



La vierge est comme un lis éclatant de candeur;
Elle a ses cheveux blonds pour royale couronne,
Jeunesse et chasteté! De toute sa personne,
Il semble s’exhaler un parfum de pudeur.

Si la limpidité de ses grands yeux étonne
Et des propos d’amour sait arrêter l’ardeur,
C’est que dans l’ignorance il est une grandeur,
Et que, voile divin, la vertu l’environne.

Mais, un jour de désir, la vierge se pâmant
Laissera profaner par la main de l’amant
Tes fragiles trésors. Virginité sacrée!

Tel, au brûlant baiser de la brise égarée
Ou flotte le pollen amoureux, s’enflammant
Le lis sème dans l’air sa poussière dorée!

(José-Maria de Heredia)

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La peur de la mort (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



 

Illustration: Fred Einaudi
    
La peur de la mort

La Mort à son gré se promène dans nos vies, douce Mort
qui s’affaire à chaque souffle.
Pourquoi la redouter ? Voyez comme elle rit,
son visage est la rose de lumière d’une grâce enjouée !
Une aimante et charmante vierge cueillant des fleurs
dans un jardin embaumé, frais des ondées printanières,
telle est la chose que vous craignez, une jeune et radieuse tourière
qui ouvre à nos âmes les mondes de lumière.
Est-ce parce que la branche tordue doit souffrir
quand les plus tendres mains lui dérobent sa gloire ?
Est-ce parce que la tige sans fleur retombe, ternie
et blême, qui naguère fut si belle ?
Ou est-ce le grincement affreux quand s’ouvre le portail
qui vous ébranle, faibles âmes sans courage ?
La mort n’est que le changement de nos robes pour attendre
en habits de noce à la porte de l’Éternel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Retouche à l’âge

la vierge à sa fenêtre tient le jour
sur sa hanche
un rideau bouge en face
où l’ombre a le poids du plomb

la rue pour un instant devient l’éternité

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francisco Bajén

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L’oiseau-merci (Marcelin Pleynet)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020




L’oiseau-merci

J’ai vu un rossignol par la queue

J’ai récolté les fils de la vierge
glané les roses de la rosée
fait un bouquet de ces poissons d’argent qui vivent dans mon ombre

J’ai vu un merle qui avait toute la noblesse de la rivière

(Marcelin Pleynet)

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CYNTHIA (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



 

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CYNTHIA

Eclatante au-dessus des mâchoires de maisons
Elle est l’oeil brûlant d’où s’enfuit le jour quand il trahit la ville
Abandonnant les arbres noirs aux dieux infernaux ;
Aire froide elle va inonder le jardin
Et l’odeur de tilleul s’élance
Et le chant de l’herbe écrasée et le souffle de l’obscurité :
Cynthia rôde au milieu des grandes coupes vides
Et tarit les étoiles
Quand tout à coup venues des éternités sont apparues
Dix mille légions d’anges
Blancs tout immaculés
Inclinés immobiles, tous ont la même aile vue de profil
Nuages nuées envoyés à Cynthia la grande Vierge
Que veulent-ils ici-bas que veulent-ils éterniser ?

(Pierre Jean Jouve)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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La blonde (Pierre Dupont)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020



Illustration: Francis Picabia
    
La blonde

Rêvez un frêle paysage
De bruyères et de bouleaux,
Dont flotte au vent le blanc feuillage,
Comme l’écume sur les flots ;
Et sous cette ombre échevelée,
Rêvez, plus gracieuse encor
Que les bouleaux de la vallée,
La vierge aux longues tresses d’or.

Jour et nuit, blanche et blonde, elle erre ;
Ses yeux bleus se noyant de pleurs,
Fille du ciel et de la terre,
Sœur des étoiles et des fleurs.

Sur son passage tout l’admire
Et tout la chante d’une voix ;
Brisons la guitare et la lyre,
Ses musiciens sont les bois ;
La bête sort de sa tanière,
L’oiseau de son nid pour la voir ;
L’étang, la source et la rivière,
Lui présentent leur bleu miroir.

Jour et nuit, blanche et blonde, elle erre ;
Ses yeux bleus se noyant de pleurs,
Fille du ciel et de la terre,
Sœur des étoiles et des fleurs.

On dit qu’avec les astres même,
La nuit, elle a de longs discours ;
Un autre vous dira qu’elle aime,
Sans rien conter de ses amours.
Oh ! ce n’est point sous vos ombrages,
Bouleaux, sapins, genévriers,
Que nichent ses amours sauvages :
Son cœur est loin de nos sentiers.

Jour et nuit, blanche et blonde, elle erre ;
Ses yeux bleus se noyant de pleurs,
Fille du ciel et de la terre,
Sœur des étoiles et des fleurs.

Elle aime sous l’ombre mystique
Des palmiers d’or qui sont au ciel,
Et sa vie est un long cantique
Qui fuit loin du monde réel.
Ange, vous êtes une femme,
Le ciel est peut-être à vos pieds ;
Choisissez entre mille une âme
Qui vous aime et que vous aimiez.

Jour et nuit, blanche et blonde, elle erre ;
Ses yeux bleus se noyant de pleurs,
Fille du ciel et de la terre,
Sœur des étoiles et des fleurs.

(Pierre Dupont)

 

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TERRE (Emad Fouad)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 Illustration: Tineke Storteboom
    
TERRE

Notre terre vierge
au visage noir
Nous la blessons pour enterrer les morts
qu’elle a enfanté et façonné d’argile
Six pieds sous terre
suffisent
pour restituer les choses
confiées à sa famille
et pour recouvrir la terre
de terre.

***

ZIEMIA

Naszą dziewiczą matkę
o czarnej twarzy
ranimy, by chować naszych zmarłych
których rodziła i kształtowała z gliny
Sześć stóp pod ziemią
jest wystarczające,
by zwrócić to, co powierzono jej rodzinie
i usypać kopczyk z ziemi
na ziemi.

***

AARDE

Onze maagdelijke moeder
met een zwart gelaat
We kwetsen haar om de doden te begraven
die ze baarde en vormde uit klei
Zes voet onder de aarde
is voldoende
om dingen terug te geven
die aan haar familie werden toevertrouwd
en om de aarde
met aarde te bedekken.

***

EARTH

Our virgin mother
black of face
We hurt her to bury our dead
she bore and formed from clay
Six feet under earth
is enough
to return things entrusted to her family
and pile earth
on earth.

***

ERDE

Unsere jungfräuliche Mutter
mit schwarzem Gesicht
Wir verletzen sie, um unsere Toten zu begraben.
die sie gebar und aus Ton formte
Sechs Fuß unter der Erde
ist genug
um Dinge, die ihren Abkömmlingen anvertraut wurden,
zurückzugeben
und um die Erde
mit Erde zu bedecken

***

ΓΗ

Μητέρα μας παρθένα γη
πρόσωπο μαύρο που
σε σκάβουμε και θάψουμε νεκρούς
που από λάσπη εσχημάτισες
δυο μέτρα στο χώμα σου βαθειά
αρκούν
να της γυρίσουμε αυτά που ωφείλουμε
χώμα πάνω στο χώμα.

***

***

TERRA

Nossa mãe virgem
com a cara negra
ferimos para enterrar nossos mortos
que ela deu a luz e moldou em argila
Seis pés sob a terra
são suficientes
para devolver as coisas confiadas à sua família
e para cobrir a terra
com terra.

***

TIERRA

Nuestra madre virgen
con su rostro negro
La herimos para enterrar a los muertos
que ella dio a luz y modeló en arcilla
Seis pies bajo tierra
son suficientes
para devolver los elementos confiados a su familia
y así cubrir la tierra
con tierra.

***

TERRA

La nostra madre vergine
nera di faccia
la feriamo nel seppellire i nostri morti
che ha tenuto in grembo e formato nell’argilla
Sei piedi sotto terra
è abbastanza
per restituire ciò che è stato affidato
alla sua famiglia
e ammucchiare terra
su terra

***

地 球


我们的圣母
黑脸
我们伤害她是为了埋葬死者
她诞生和成形于粘土
地下六英尺
足够
把委托的东西还给她家
并在人间
堆土。

***

***

(Emad Fouad)

 

Recueil: ITHACA 614
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Camilo Gómez-Rivas / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Luca Benassi / Chinois William Zhou / Arabe / Hébreu Dorit Wiseman /
Editions: POINT

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LA ROSE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



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LA ROSE

Je dirai la rose aux plis-gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
O fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t’épanouis entre les beaux doigts
De l’Aube écartant les ombres moroses;
L’air bleu devient rose, et roses les bois;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses!
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille!
Heureux le front jeune où tu resplendis!
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer bleue Aphrodite éclose
Étincela nue aux clartés du ciel.
La Terre jalouse enfanta la rose;
Et l’Olympe entier, d’amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Xing Jianjian 

 

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Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Josélito Donas  13 - 6

Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
Dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos;
Dors! l’impure laideur est la reine du monde,
Et nous avons perdu le chemin de Paros.

Les Dieux sont en poussière et la terre est muette:
Rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
Dors ! mais,vivante en lui, chante au coeur du poète.
L’hymne mélodieux de la sainte Beauté!

Elle seule survit, immuable, éternelle.
La mort peut disperser les univers tremblants,
Mais la Beauté flamboie, et tout renais en elle,
Et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Josélito Donas

 

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