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Poésie

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Où se termine l’arc-en-ciel ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Ne cesser d’attendre fait-il
plus souffrir que jamais n’attendre ?

Où se termine l’arc-en-ciel ?
Dans ton âme ou à l’horizon ?

Et si une étoile invisible
était le ciel des suicidés ?

Où sont les vignobles de fer
d’où le météore s’abat ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Omar Ortiz    
    
C’ÉTAIT LE SOIR, ET NOS PEAUX SE TOUCHAIENT

C’était le soir. Tombant du ciel d’été.
De fous désirs, ardents comme une flamme,
Intimement m’ont visité.
Ma peau touchait ta peau de femme.
Toute ma vie, alors, pulsait
Sur le petit espace
Où ta peau, soudain, à ma peau se fiançait.

Je le sais à présent, c’est toi qu’il me fallait,
Que je cherchais, lorsque ma raison fit surface.
Vous, lointains inhumains,
Ô vous ! petites fleurs à la fine corolle,
— Aux fins dessins,
Entendez-vous de son doux giron la parole ?
Elle est pour moi trop lourde assurément :
La totalité de la femme!
Telle une abeille bourdonnant,
Dès lors, de tout mon coeur bruissant,
Lanceur de comètes, je clame:

Que sont auprès de toi le vignoble au soleil,
Le céleste animal au pelage d’aurore
Empli de fraîcheur dès l’éveil
Ou bien encore
Le bercement matinal des buissons
Sur les coteaux intacts aux tendres mamelons !
Des baisers de la femme
Bouillonne sous ta peau
Toute la gamme.
Souvent j’ai peur, car nous formons un écheveau
Inextricable ! Et s’il me reste quelques fibres
Qui semblent libres,
Tu t’en saisis. Ô combien nous nous désirons !
Mais si c’est même amour que tous deux respirons,
Je le vis tel un roc dessous lequel j’enrage
Et toi comme un coussin plus léger que nuage.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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CHEZ NOUS (Louis Mercier)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



CHEZ NOUS

Septembre. La journée est transparente et pure.
L’automne semble un beau souvenir de l’été,
Et ne menace pas encor les feuilles mûres.

Le ciel est une coupe immense de clarté.
Le visage sacré de la terre respire
La paix, la plénitude et la fécondité.

Les vignobles heureux dans le fleuve se mirent.
Sous l’eau calme, chargés du don des pampres lourds,
Les coteaux inclinés se regardent sourire.

Autour de son clocher là-haut sommeille un bourg ;
La chaleur sur les toits vibre et se réverbère,
Et l’on entend chanter les poules dans les cours.

Pas une âme dehors. C’est la saison prospère
Où, sans qu’il soit aidé par le travail humain,
Seul dans les champs déserts, le grand soleil opère

Le miracle éternel qui nous donne le vin.

(Louis Mercier)

Illustration: Guy Teytaud

 

 

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