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Poésie

Posts Tagged ‘village’

Je crois qu’il n’y a rien de plus beau (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022




Je crois qu’il n’y a rien de plus beau
que de vivre à la campagne,
dans son village natal
entouré d’amis.

(Pier Paolo Pasolini)

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Dans mon village midi carillonne (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022




Dans mon village
midi carillonne.
Mais dans les prés quelle paix
apporte la cloche!
Tu es toujours la même
ma cloche: non sans trouble
je reviens à portée de ta voix.
« Le temps est immobile:
vois le rire des pères,
comme la pluie dans les branches,
dans les yeux des enfants. »

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

 

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FRAÎCHEUR NOCTURNE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2022



FRAÎCHEUR NOCTURNE

Limbe de paix céleste descendue
— heure humide, refermée déjà
sur la nuit blanche qui se hâte :
dix heures en mon pauvre village ! — ;
puits blanc et fatal,
où vous devrez être tous enfouis
— songeant à moi peut-être —, parmi le lourd trésor
de ce ciel, automnal déjà, de septembre
— vendange, lit froid —, effondré
sous le poids de ses étoiles uniques.

***

RELENTE

¡Limbo de descendida paz celeste
—hora húmeda, cerrada
ya en su temprana trasnochez:
filas diez del pobre pueblo mío!—;
pozo blanco y fatal,
donde estaréis todos hundidos
—soñando en mí quizás—, entre el tesoro bajo
de este cielo, otoñal ya, de setiembre
—vendimia, cama fría—, con el peso
de sus estrellas únicas caído!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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Dans un village dévasté par la guerre (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



Illustration:  Rosso Fiorentino

    

Dans un village dévasté par la guerre
un homme à demi nu
que trois silhouettes enturbannées allongent
sur une couverture ocre
la photo est dans le journal
belle comme une déposition de croix
du Quattrocento

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Vietnam (Wislawa Szymborska)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022


Femme comment tu t’appelles? – je ne sais pas
Où et quand es-tu née? – je ne sais pas
Pourquoi as-tu creusé ce trou? – je ne sais pas
Combien de temps tu t’es cachée? – je ne sais pas
Pourquoi tu as mordu la main que je te tendais? – je ne sais pas
Sais-tu que nous sommes là pour t’aider? – je ne sais pas
De quel côté es-tu? – je ne sais pas
Dans une guerre il faut être d’un côté ou de l’autre. – je ne sais pas
Est-ce que ton village existe encore? – je ne sais pas
Ce sont tes enfants? – Oui.

(Wislawa Szymborska)

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Chanson (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2022



Illustration: Hans Thoma
    

Chanson

Les petites filles rondent —
robes rouges, jupons blancs —
les petites filles rondent,
c’est dimanche, il fait beau temps.

« Laquelle prendrez-vous de ces belles
demoiselles,
lequel prendrez-vous de ces beaux petits
messieurs ? »

Les petites filles rondent
sur la place du village,les
petites filles rondent —
robes brunes, jupons bleus.

« La plus belle du rond qui s’appelle,
qui s’appelle,
la plus belle du rond qui s’appelle
Madelon. »

Les petites filles rondent -robes
grises, jupons gris — la nuit
vient, la lune est blonde et la
lune leur sourit.

Vivre, c’est un peu
comme quand on danse: on
a plaisir à commencer —
un piston, une clarinette —
on a plaisir à s’arrêter — et
le trombone est essoufflé —
on a regret d’avoir fini,
la tête tourne et il fait nuit.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Le Vieux Jean-Louis (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2022




    
Le Vieux Jean-Louis

Le vieux Jean-Louis, il n’a rien qu’un oeil,
on le dirait pas,
le vieux Jean-Louis sait marquer le pas
comme personne dans les danses.
Son accordéon est comme pas un,
avec un soufflet d’un mètre de long
et tout nickelé
et un souffle à faire danser
à la fois deux ou trois villages.

Çа fait des accords, ça siffle, ça ronfle,
avec des sonnettes et des trémolos,
qu’on entend de loin sur le pont de danse.

Il faut voir les doigts du vieux Jean-Louis,
quand il est parti,
courir sur les touches
et les yeux qu’il fait, sa tête qui penche, et
qui se balance
en mesure, tant il a plaisir.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Sur la Route (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2022




    
Sur la Route

C’est un vieux qui passe, toussant,
crachant, boitant sur son bâton,
tout fatigué d’avoir marché —
la route est longue —
et tout heureux d’être arrivé,
lorsque le village se montre
comme des enfants en tabliers blancs
qui, las de jouer, se seraient assis
au milieu des prés
pour passer le temps.
Ensuite c’est un char,
avec un vieux cheval,
et la blouse de l’homme,
bossu par derrière à cause du vent,
a l’air d’une cloche.
Le cheval trotte d’un petit trot las
et ses grelots font une chanson triste.
Les peupliers défilent un à un,
la route se déroule;
et l’homme s’en va
avec un plumet de fumée bleue,
fumant sa pipe.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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En compagnie du bruit de l’eau (Santoka)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2022




    
en compagnie du bruit de l’eau
je descends
vers le village

***

(Santoka)

 

Recueil: Santoka Zen Saké Haïku
Traduction: Cheng Wing fun & Hervé Collet
Editions: Moundarren

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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