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Posts Tagged ‘village’

GABRIEL PÉRI (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2020



GABRIEL PÉRI
    
Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli

Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amis
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

(Paul Éluard)

 

Recueil: Au rendez-vous allemand
Traduction:
Editions:

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Bai-di (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Bai-di

Dans Bai-di, les nuages franchissent les portiques
Sous Bai-di, la pluie tombe à faire crouler le ciel
Haut fleuve, gorge étroite : éclair et tonnerre se combattent
Arbres verts, sombres lianes : soleil et lune s’éclipsent
Chevaux de guerre plus inquiets que chevaux de paix
Sur mille foyers, il n’en reste qu’une centaine
Dépouillée jusqu’aux os, une femme crie sa peine
Dans quel village perdu, sur la plaine d’automne?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Village au bord de l’eau (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration
    
Village au bord de l’eau

Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles
Dans l’étang, les unes contre les autres, les mouettes

Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier
Mon jeune fils fait d’une aiguille un hameçon

Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent
Est-il d’autre désir pour mon humble corps?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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EAU DE VIE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Marie Laurencin Apollinaire

EAU DE VIE

Apollinaire un air mourait dans la tourelle
Du côté de l’enfance où l’on fait le printemps
L’ombre allaitait nos deux enfances naturelles
Et nous comptions les mots plus avares qu’avant

Les labours du couchant ouvraient des socs de flamme
Qui s’envolaient vierges des colombiers tremblants
D’ivres cabriolets l’organdi bleu des dames
Descendait en aubes pâles de dessous blancs

Ainsi tu transcrivais en substance d’orage
Les aventures de tes baisers hasardeux
Et j’entendais dormir dans la paix des villages
Les coqs désespérés de ne rimer qu’à deux

Je revenais des féminines transhumances
Portant au fond des mots l’ecchymose du soir
Pour ne guérir jamais des blessures d’enfance
Qui font l’ombre plus claire au bord de matins noirs

Poète une aube bleue illuminait l’Europe
Et si notre insomnie eut son rêve d’amour
C’est qu’au détour du vent pareils à Pénélope
Nous démaillions la nuit nos poèmes du jour

(Robert Goffin)

Illustration: Marie Laurencin

 

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L’inconcevable esprit du Nirvâna (Dôgen)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020


cerisier

Comme toujours,
S’épanouissent les fleurs de cerisiers
De mon village natal,
Leur couleur est identique
Chaque printemps.

(Dôgen)

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LE VILLAGE KARSTIQUE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020


 


 

LE VILLAGE KARSTIQUE

I
Seul
par le village.
Dans la nuit
hurlent les espaliers
— le bora escalade
les murs, cogne
à la vitre : « Qui ? ,

La fenêtre éclaire
la nuit.
Et au bout du village
le pin gémit,
tressaille
quand il me reconnaît.

II
Les toits abrupts dans l’ombre
dorment;
toits de chaumes, toits de pierre,
lugubres tous
avec leurs fronts bas.

Les gens ont les bras croisés
sur la poitrine.

Comment ?
Pourquoi ?
« Meurs, ou reviens sur tes pas! »

III
L’océan des pins
mugit sombrement
— l’Adriatique, martèle le rivage,
cogne les ténèbres,
le bora heurte
la fenêtre morte.

La nuit pèse sur le village karstique.
Qui désespère ?
Qui se lamente,
que je le maudisse
en ce coeur malade ?

Qui ?

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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LE VILLAGE DERRIERE LES PINS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

églantier

LE VILLAGE DERRIERE LES PINS

Dans l’embrassement vert des pins,
Un blanc, poussiéreux village,
Un demi-somnolent village,
Comme l’oiseau dans le nid sûr des mains.

Parmi les pins parfumés je m’arrête :
N’est-ce pas la l’étreinte de mes bras ?
Une telle étreinte, une telle voûte
Pour une poignée d’enfants.

Derrière le Mur de l’église est enterré
Quelqu’un. Sur la tombe un églantier en fleurs.
Du village blanc, des chemins blancs
— et tous ces chemins mènent à mon coeur.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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ÉTUDE AU TÉLÉPHONE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2020



Illustration: Coral Silverman
    
ÉTUDE AU TÉLÉPHONE

Mouvement joyeux.
Oui oui c’est moi ici ma voix ma vie
oui oui mais oui j’entends j’écoute
mais oui toujours, mais oui j’entends
oui mon oiseau oui mon soleil oui mon village
oui mon beau temps oui mes saisons
mon toit mon nuage ma vie
oui porte ouverte sur le jour !

Mouvement grave.
Mais oui mais oui, quand vous voudrez
oui mes amours oui ma raison
depuis si longtemps j’écoute
je vous entends je vous entends
oui porte ouverte sur l’été
oui mes amours quand tu voudras
de moi-même je sortirai
oui mon oiseau oui mon soleil, ma vérité !

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Ode à l’école du soir (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020



Illustration: Marc Chagall 
    
Ode à l’école du soir

Employés et manouvriers
s’en vont à l’école du soir
quand la peau des femmes est plus douce
et que les enfants translucides
tracent les dernières marelles
aux carrefours couleur de rose
et par-delà la ville s’étendent
des archipels de villages
remplis aussi d’écoles du soir ;
au haut d’un arbre l’idéal
chante par la voix d’un oiseau,
lentement les rivières coulent,
un fantassin sur un pont d’or
baise aux joues la servante blanche,
douceurs de vivre, ô serpents
emmêlés dans la pourpre vaine,
de lourds passés meurent au ciel ;
qu’Eve à jamais rendit amère
la lourde beauté du feuillage,
mais l’Ecole du soir dans ses bras
de République fortunée
recueille les grands apprentis sages.

(Jean Follain)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: La Main Chaude
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tournesol (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2020



Il était au village
Descendait à la cave,

Ouvrit le soupirail
Et vit le tournesol

Qui rayonnait aussi
Pour la cave et pour lui.

(Guillevic)

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