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Poésie

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Regardez (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



Gérard Le Gouic  l

Regardez
de quoi vit un poète :
d’un paquet de cigarettes,
de huit heures de sommeil,
d’une demi-bouteille de vin par repas.

Regardez
comment il s’habille,
comment il marche
et fait l’amour,

écoutez
sa conversation avec un parent,
avec un terrassier.

Regardez aussi
comment s’arrête un poète :
si vous croyez qu’il meurt
d’un cancer ou d’un infarctus,
d’une collision sur la route,
en réalité l’emporte
un accident de jeunesse
passé la septantaine
ou bien l’usure à peine atteint vingt années.

(Gérard Le Gouic)

 

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Nous nommons que des visages (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020



 

Nous nommons
que des visages

le visage de la table
et non la table
Le visage du vin
et non le vin
le visage de l’escalier
et non l’escalier

Quand on nomme
la Table
le Vin
ou l’escalier
on nomme le visage
d’une fenêtre
la fenêtre de la Table
du vin et de l’escalier

On apprend beaucoup
à regarder les fenêtres

celles où les fleurs rouges
trouent le linge pur du ciel

Les fenêtres veillent
et attendent les visages
devant elles

Mais comment nommer
le visage de la fenêtre
le visage vide de la fenêtre

Pour cela il faut
le visage du vin
celui de la table
ou celui de l’escalier
puis ensuite vider
son visage de son visage

Être une fenêtre pour se pencher
à l’intérieur du monde :

Le visage du vent sur

les fleurs rouges
et le linge pur du ciel
nous attachent soudain les yeux

Je continue la poésie
Le poète a toujours
pour tâche de continuer
la poésie
et non d’écrire des poèmes

Si l’on considère que la poésie
est une pensée
dont le travail est de penser
que de l’inconnu
la poésie n’est pas une philosophie
mais une façon d’accueillir
un inconnu avec notre inconnu
La poésie est la capacité d’accueil
des inconnus

En détruisant le précédent
poème le poète le continue

En inventant un nouveau poème
il fait revenir la poésie
à ce qu’elle ne connaît pas

Plus le poète est dans le non-connu
comme le bleu du ciel
plus il invente
sa définition

Je ne parle pas du feu
avec le feu
mais avec l’eau
ou je ne parle pas du ciel
mais avec la terre
je le reproduis

Le dernier poète qui sera hors de la
poésie
sera seul à autoriser à continuer
la poésie

(Serge Pey)

Illustration: René Magritte

 

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L’Or Clair (Max Elskamp)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Eve Paloc
    
L’Or Clair

Or jaune est l’or pour être d’or,
Et l’homme humain pour être chair,
Et bleu le ciel et l’arbre vert
Comme jaune est, pour être d’or.

Et prends tes pinceaux toi qui peins,
Et mêle tes couleurs encor,
Le noir est nuit, le blanc n’est rien
Que toute la clarté qui dort.

Rouge est le sang pour être vin,
Au corps en lui qui boit la vie,
Mauve est la mort quand elle vient,
Et verte aux choses accomplies,

Et puis clartés, lumière luie,
Et blonde et douce ainsi qu’un miel,
Pour dire au monde le soleil,
Mets dans l’air partout des abeilles ;

Le noir est nuit, le blanc n’est rien
Que toute la clarté qui dort,
Et prends tes pinceaux toi qui peins,
Et mêle tes couleurs encor.

(Max Elskamp)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: La chanson de la rue Saint-Paul
Traduction:
Editions: Gallimard

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NE croyez pas (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Anne-François-Louis Janmot (11) [1280x768]

NE croyez pas,
—Pour ce qu’avril rit rose
Dans les vergers,
Ou pâlit de l’excès voluptueux des fleurs —,
Que toutes choses
Sont selon nos gais coeurs,
Et qu’il n’est plus une soif à étancher.

Ne croyez pas,
— Glorieux des gloires automnales,
Ivres des vins jaillis que boit l’épi qu’on foule —,
Qu’il n’est plus une faim que rien ne soûle :
Car Décembre est en marche dans la nuit pâle.

Oui, mais ne croyez pas
—Parce qu’autour de vous toute âme est vile,
Et que la foule adore son vice servile,
Parce que, sur la plaine où le Mystère halète
Courbant l’épi, froissant la feuille, d’ailes inquiètes,
Grandit la ville —,
Ne croyez pas,
—Bien que tout coeur soit bas —,
Que le vieil Angelus sonne à jamais le glas,
Croyez, sachez, criez à pleine voix
Que l’Amour est vainqueur et que l’Espoir est roi!

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

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Banlieue Ouest 1950 (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Les nombreux pas perdus dans la salle du nom
Ont sonné maintes fois sur les pavés de verre,
A Saint-Lazare à l’heure où partait pour Cythère
La rame des élus via Triel ou Bécon.

La Défense n’était pas encore en béton,
On cueillait l’abricot du côté de Nanterre,
Certain petit vin blanc se buvait sans manière,
Passant par les gosiers de godet en chanson.

De Malmaison à Vaux fleurissaient les guinguettes
Où les fins de semaine étaient sûrement faites
Pour la guinche et la joie alentour des buissons.

Les femmes portaient haut leur chevelure floue,
Quelques mèches pourtant leur tombaient sur la joue
Pour taquiner la barbe ou la peau des garçons.

(Jean-Charles Michel)

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Les champs et le jardin (Tao Yuan Ming)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



    

Les champs et le jardin doivent déjà être envahis par les herbes,
Pourquoi ne m’en suis-​je pas retourné plus tôt ?…
Aujourd’hui j’ai raison, hier j’avais tort…
J’interroge des passants pour trouver le bon chemin
À l’aube je regrette que la lumière soit à peine claire
Dès que j’aperçois mon humble hutte,
Joyeux aussitôt je me mets à courir
Le jeune serviteur vient m’accueillir,
Mes jeunes enfants attendent à la porte…
Tenant la main des enfants j’entre dans la maison
Il y a un pot rempli de vin
Je prends le pot, me sers et bois seul
À contempler les arbres dans la cour se réjouit mon visage

(Tao Yuan Ming)

 

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CHANSON D’AMOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: William-Adolphe Bouguereau
    
CHANSON D’AMOUR

Viens, toi, chanson d’amour,
Du coeur des éléments,
Sur l’aile de l’orage,
Dans le hurlement des cyclones.
Viens des abîmes de la nuit,
A cheval sur les tourbillons,
Avec le bouillonnement des eaux profondes,
Que t’amènent les pâtres de l’air
En troupeaux d’étoiles
Aboyées par le tonnerre.
Viens,
Tourbillon de démons,
Chair des nuages
Fouettée par l’éclair,
Brisée sur l’échine des ténèbres.
Viens, taureau du crépuscule
Déchiré par la dent-faucille de la lune

Apparue aux gencives du ciel.
Viens,
Frémissement de l’aube,
Avec, sur la tête, la javelle d’or du soleil,
Réveille
Le nénuphar sur le lac,
La tourterelle dans son nid
La voix de
l’usine dans sa poitrine de métal,
La jeune fille dans les bras du sommeil,
Les ivrognes dans la lie du vin,
L’amoureuse dans
sa chair enlacée,
Les abeilles dans la chaleur de la ruche.
Viens sur mille sentiers,
Neige fondue,
Pluie mêlée au soleil,
Herbe folle écartelant la terre,
Feuille tombée,
Raisins au pressoir,
Balbutiement du moût dans les tonneaux,
Cristallise-toi d’un coup
Dans les mots murmurés par l’homme
A l’oreille de la bien-aimée,
Enveloppés dans un baiser,
A peine compris,
Frêles et chauds :
Je suis près de toi.

(Mihai Beniuc)

 

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NE SUIVEZ PAS LES ÉTOILES DE LA NUIT (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2020



Illustration: Vincent Van Gogh    
    
Dutch, English, Spanish, French, Italian, German, Portuguese, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaysia

VOLG VAN DE NACHT niet de sterren
maar stroomopwaarts de duisternis
die aards en tastbaar is

spaar de aalmoes niet
deel met de nachtnomaden
het brood en de wijn

werp rozen in de dageraad.

GERMAIN DROOGENBROODT
Uit “Tegenlicht – Contraluz”
Uitgeverij POINT 2004

***

Don’t follow the stars of the night
but upstream the darkness,
which is earthly and palpable.

Don’t spare the alms —
share bread and wine
with the nomads of the night.

Throw roses at the break of day.

GERMAIN DROOGENBROODT
From “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

NO SIGAS DE LA NOCHE las estrellas
sino río arriba la oscuridad
terrestre y palpable

no ahorres la limosna
comparte con los nómadas de la noche
el pan y el vino

arroja rosas en el alba.

GERMAIN DROOGENBROODT

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
de “el Camino – Contraluz”
Calima Ediciones 2004, Palma de Mallorca &
Editorial POINT 2004, Bélgica-España

***

NE SUIVEZ PAS LES ÉTOILES de la nuit

mais à contre-courant
l’obscurité
terrestre et perceptible

n’épargnez pas l’aumône
partagez avec les nomades de nuit
le pain et le vin

jetez des roses
dans l’aube.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traduction de Elisabeth Gerlache
de “Contre-lumière”

***

Non inseguire le stelle notturne
ma controcorrente l’oscurità
terrestre e palpabile

non risparmiare l’elemosina
spartisci con i nomadi della notte
il pane e il vino

getta rose nell’alba.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traduzione di Tiziana Orrù
di “Controluce”
Edizione puntoacapo, Novi Ligure, Italia

***

FOLGE DER NACHT, nicht den Sternen
sondern stromaufwärts der Finsternis
die irdisch und greifbar ist

spare an den Almosen nicht
teile mit den Nachtnomaden
das Brot und den Wein

wirf Rosen in die Morgenröte.

GERMAIN DROOGENBROODT
Nachdichtung in Zusammenarbeit mit dem Autor von
Charlotte Karner und Roman Baumgartner
Aus “Gegenlicht ─ Contraluz »

***

NÃO SIGAS AS ESTRELAS da noite
mas rio acima a escuridão
terrestre e palpável
não poupes a esmola

divida-a com os nómades da noite

o pão e o vinho
arroja rosas no amanhecer.

GERMAIN DROOGENBROODT

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

NU TE CĂLĂUZI după stelele nopții
ci după întunecimea din susul râului

terestră și palpabilă
nu cruța ce-i al tău
împarte pâinea și vinul
cu nomazii nopții

întâmpină cu trandafiri revărsatul zorilor.

GERMAIN DROOGENBROODT

Traducere: Daniela Andronache
Din „Counterlight ─ Contralumină”, Ed. Ex Ponto, Constanța 2004

***

Nie podążaj za gwiazdami nocy
ale pod prąd ciemności,
która jest taka realna i namacalna.

Nie skąp jałmużny —
dziel chleb i wino
z nomadami nocy.

Rzucaj róże u progu dnia.

GERMAIN DROOGENBROODT

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
[z:] “Counterlight”[‘Przeciwświatło’]
Wyd. POINT Editions 2004 r.

***

ΜΗΝ ΑΚΟΛΟΥΘΕΙΣ

Μην ακολουθείς τ’ άστρα της νύχτας
σκοτάδι μόνο αντίθετα στο ρεύμα
μα γήινο και χειροπιαστό

δώσε αφειδώς ελεημοσύνη
μοιράσου το ψωμί και το κρασί
με τους νομάδες της νυχτιάς
μες στο ξημέρωμα πέταξε ρόδα.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//

GERMAIN DROOGENBROODT
Translated in Greek by Manolis Aligizakis
From “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

别跟夜晚的星星走
但走向黑暗的上游
黑暗就是人间的和可触的

不要吝啬施舍
与夜晚的游牧人
分享面包和葡萄酒

在天破晓时抛玫瑰。

原 作:西班牙 乔曼·卓根布鲁特

汉 译:中 国 周道模 2020-6-5
GERMAIN DROOGENBROODT

Chinese translation: William Zhou
From “Counterlight”, POINT Editions 2004

***

لا تهتدوا بنجوم الليل وأحرى لكم
أن تمخروا عباب الظلام،
فأنتم أدرى به وهو الأقرب إليكم.
لا تبذروا خبزكم الشهي ـ
ونبيذكم
مع من ترتحلون في الليل.
أنثروا الزهور مع إشراقة النهار.

جيرمان دروغنبروت
ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم

من “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

के तारों के
पीछे मत जाओ
लेकिन अंधेरे के ऊपर,
जो सांसारिकऔर गूढ़ है।
भिक्षा देना मत छोड़ो-
रोटी और शराब बांटे
रात के खानाबदोशों
के साथ।
दिन की भोर में
गुलाब फेंकते हैं।
जर्मेन ड्रोजेनोब्रोड्ट

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

夜の明るい星々につき従うのではない
暗闇の流れに逆らって歩むのだ

そのほうが土のようにたくましく生きることができる

施しを惜しんではいけない
パンとワインを分かち合うのだ
夜の遊牧民たちとともに
夜明けにバラの花をまくがいい

ジャーマン・ドローゲンブロート(2004)
「Counterlight(逆光)」より
POINT Editions 2004

***

در شب ستاره ها را دنبال نکن
اما بالادست تاریکی
که زمینی و قابل لمس است
خوبی ها را صرفه جویی نکن
نان و شراب را قسمت کن
با خانه به دوشانی از شب
گلهای رز رادر سحرگاه پرتاب کن.
جرمین دروگنبرودت
ترجمه سپیده زمانی

***

Не следвай звездите на нощта,
но тръгни срещу тъмнината,
която е суетна и осезаема.

Не пести милостинята –
споделяй хляб и вино
с номадите на мрака.

Хвърляй рози с началото на деня.

Из „Контрасветлина”
И-во POINT 2004
ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ

***

Eltið ekki stjörnur næturinnar
heldur á móti straumnum
jarðneskt og áþreifanlegt myrkrið.

Sparið ekki ölmusu —
gefið flækingum næturinnar
af brauðinu og víninu.

Varpið rósum í morgunroðann.

GERMAIN DROOGENBROODT

Þór Stefánsson þýddi
Úr “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

Ходи не за ночными звездами,
ходи против течения
земной и зримой тьмы.

Не жалей милосердия,
с ночными странниками
дели вино и хлеб,

Разбрасывай розы на рассвете.

ГЕРМАЙН ДРОГЕНБРОДТ

ПЕРЕВОД ДАРЬИ МИШУЕВОЙ
Из: «Подсветка» – “Tegenlicht – Contraluz”
Издательство POINT 2004

***

USAH IKUT BINTANG malam
tapi mudiklah kegelapan
yang lebih duniawi dan ada kewujudan
Usah hulurkan sedekah

sebaliknya agihkanlah makanan dan minuman

kepada nomad malam.

Taburkan bunga mawar pada waktu subuh.
GERMAIN DROOGENBROODT, SEPANYOL
Penterjemah : Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman

Sumber: “Counterlight”
POINT Editions 2004

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: ITHACA 635
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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ET LE MORT RESTE PAUVRE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration: Ron Mueck
    

ET LE MORT RESTE PAUVRE

Chaque mort qui part
Laisse aux vivants ses douleurs.
Les uns
En font des habits de deuil,
D’autres de tristes sourires.
Certains les changent
En paroles de circonstance,
D’autres les adoptent
Parmi leurs propres douleurs
Et les laissent grandir.
Quelques-uns les trempent dans le vin
Et n’en font qu’une bouchée,
D’autres les mâchent avec le pain
Et boivent du vin par dessus.
Peu à peu les douleurs du mort
Sont des douleurs d’un autre,
On oublie même celui que les souffrit.
Et le mort reste pauvre,
Il reste comme un serf,
Attaché à la terre.

(Mihai Beniuc)

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NOTRE TERRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

NOTRE TERRE

Il nous faudrait une terre de soleil
De soleil resplendissant,
Et une terre d’eaux parfumées
Où le crépuscule
Est un léger foulard
D’indienne rose et or,
Et non cette terre où la vie est toute froide.

Il nous faudrait une terre pleine d’arbres,
De grands arbres touffus
Aux branches lourdes de perroquets jacassants
Et vifs comme le jour,
Et non cette terre où les oiseaux sont gris.

Ah, il nous faudrait une terre de joie,
D’amour et de joie, de chansons et de vins
Et non cette terre où la joie est péché.

O ma douce amie, fuyons!
Fuyons, ma bien-aimée!

(Langston Hughes)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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