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ON TUE UN COCHON (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Valérie Bertoni 97 [800x600]

ON TUE UN COCHON

Long cri planté dans mes novembres d’enfance
comme une croix sanglante.
Et te souviens-tu, maman, du porcelet d’avril
qui gambadait dans la prairie, un bleuet entre les dents.

Déjà l’éponge et le vinaigre.
Et déjà les dés qui roulent.
O Golgotha de kermesse aux boudins.

— Le mot cri et le mot crime.

(Norge)

Illustration: Valérie Bertoni

 

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Poète mangeant une tête de veau (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018




    
Poète mangeant une tête de veau

Succulence de cette chair
tendre et parfumée,
égayée d’un rien de vinaigre
et d’un hachis de ciboulette.

«Vous en reprendrez bien» dit l’hôtesse.

Souvenir alors d’une table d’enfance,
de ma mère penchée
vers le plat bleu
où la viande doucement fume,

puis soudain ce tableau touchant:
un jeune veau près de sa mère,
au fond du pré fleuri,
son doux regard humide d’enfant.
«Non, merci, je n’en reprendrai pas!»

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Rien n’est venu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



Rien n’est venu
de ce que nous attendions
avec l’impatience
de ceux qui grattent pour
compter les jours
dans les plâtres des murs

Aucune aube
qui soit restée une aube
aucune lumière
que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes
mis à aimer l’obstination
aveugle des vinaigres
l’amertume
insatisfaite des alcools
qui disaient
rien n’est venu

Maintenant
nous sommes ce que
l’attente a fait de nous

Et qui sait
si l’absence de réponse
n’était pas ce
que nous attendions

(Werner Lambersy)


Illustration: Gilbert Garcin

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Un matin (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Un matin, une bien-aimée dit à son amant pour le mettre à l’épreuve :
«Ô homme de douleur, qui aimes-tu le plus de moi ou de toi ?»

Il répondit: «J’ai tellement été anéanti en toi,
que je suis rempli de toi de la tête aux pieds!

Rien ne reste de mon propre être, hormis le nom.
Dans mon être, ô ma douce,il n’y a que toi.
J’ai été annihilé comme le vinaigre dans un océan de miel».

De même, une pierre transformée en rubis parfait
se remplit des attributs du soleil.
(…)

Même si elle s’aimait elle-même,
ce serait de l’amour pour le soleil, ô jeune homme.

Même si elle aimait le soleil du plus profond de son âme,
elle serait assurément amoureuse d’elle-même

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Rien n’est venu de ce que nous attendions (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Rien n’est venu
De ce que nous attendions

Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui soit restée une aube

Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes mis
A aimer

La persistance du vinaigre
Et l’amertume
Insatisfaite de nos alcools
Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Illustration: Alberto Galvez

 

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Seuil de l’unique (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2016



J’ai fait cahoter sur les collines du temps
Le chariot de ma folie que ta rouille ronge.
Ai-je assez goûté de vinaigre à ton éponge
Pour que ton nom m’éclabousse éternellement?

(Jean Grosjean)

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Poète (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



Poète

J’ai mis du dentifrice
sur mes amours.
J’ai nourri de vinaigre
mon inutilité.
Avec ma lame de rasoir
j’ai balafré mon absolu.
Je suis enfin concret
comme un aspirateur,
comme une paire de skis rouges.
Je suis à vendre
parmi les ouvre-boîtes,
les rince-doigts, les abat-jour,
poète,
produit de première nécessité.

(Alain Bosquet)

 

 

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Rien n’est venu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Rien n’est venu
De ce que nous attendions
Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui ne soit restée une aube
Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrapera

Et nous nous somme mis
A aimer

La persistance des vinaigres
Et l’amertume
Insatisfaite des alcools

Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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POÈTE NOIR (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015




POÈTE NOIR

Poète noir, un sein de pucelle
te hante,
poète aigri, la vie bout
et la ville brûle,
et le ciel se résorbe en pluie,
ta plume gratte au coeur de la vie.

Forêt, forêt, des yeux fourmillent
sur les pignons multipliés ;
cheveux d’orage, les poètes
enfourchent des chevaux, des chiens.

Les yeux ragent, les langues tournent,
le ciel afflue dans les narines
comme un lait nourricier et bleu;
je suis suspendu à vos bouches
femmes, coeurs de vinaigre durs.

(Antonin Artaud)

Illustration: Alexander Sigov

 

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L’arbre (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015



Cet arbre et son frémissement
forêt sombre d’appels,
de cris,
mange le coeur obscur de la forêt.

Vinaigre et lait, le ciel, la mer,
la masse épaisse du firmament,
tout conspire à ce tremblement,
qui gîte au coeur épais de l’ombre.

Un coeur qui crève, un astre dur
qui se dédouble et fuse au ciel,
le ciel limpide qui se fend
à l’appel su soleil sonnant,
font le même bruit, font le même bruit,
que la nuit et l’arbre au centre du vent.

(Antonin Artaud)

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