Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘violent’

On dit que l’effraie (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



On dit que l’effraie
boit l’huile aux lampes du sanctuaire
dans les églises du village;
elle entre par le vitrail brisé
dans ces heures de nuit
quand les bons et les violents s’endorment
quand l’orgueil et l’amour s’épuisent
quand le feuillage rêve.
La bête réchauffe son sang
avec l’huile éclairant et vierge.

(Jean Follain)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

PAIX INTERIEURE (Syed Liaqath Peeran)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2020



Illustration: Satish Gupta
    
PAIX INTERIEURE

L’on doit éprouver dans la vie
force souffrances spirituelles et physiques
tortures et troubles
avant de parvenir à la Vérité
un temps d’épreuve, un temps
d’angoisse violente et de douleur.
Mais quand on atteint la Vérité
on aborde la rivière
d’eaux fraîches, reposantes
pour étancher la soif,
et apporter dans l’âme sombre
des moments de ravissement,
de joie et de Suprême Béatitude,
de paix et de lumière.

***

***

PEACE WITHIN

One has to undergo severe
Mental and physical sufferings
Agony and turmoil in life
Before arriving at the Truth
A testing time, a period
Of severe anguish and pain.
On arriving at the Truth
You reach the stream
Of fresh, soothing waters
To quench the thirst
To gain moments of
Ecstasy, joy and Supreme –
Bliss, to bring peace within
And enlighten the dark soul.

***

PACE DENTRO

Bisogna attraversare gravi
sofferenze mentali e fisiche
una vita d’agonia e disordini
prima di arrivare alla Verità.
È un tempo di prova, un periodo
di grave angoscia e dolore.
Arrivando alla Verità
si raggiunge un ruscello
di fresche, dolci acque
che placano la sete
che donano momenti
di estasi e gioia, suprema –
Beatitudine, per portare la pace dentro
e illuminare l’oscurità dell’anima.

***

PACE LĂUNTRICĂ

Sunt aspre chinurile îndurate
de sufletul și trupul vătămat
în agonia și tumultul vieții
pe drumul către Adevăr,
la ceas de mare încercare
prin suferințe și dureri.
Atunci când însă aflăm Adevărul
dăm peste un izvor curat
cu apă limpede și lină
ce potolește setea
și ne îngăduie momente
de fericire și elan, Nemărginit –
har, acea pace interioară
ce luminează sufletul cernit.

***

***

INNERLIJKE VREDE

Men moet hevig
geestelijk en lichamelijk leed,
kwelling en beroering in het leven ervaren
voordat men de Waarheid bereikt
een tijd van beproeving, een tijd
van hevige angst en pijn.
Maar als men de Waarheid bereikt
bereikt men de rivier
van frisse, rustgevende wateren
om de dorst te lessen,
en in de donkere ziel
momenten van verrukking,
van vreugde en Opperste Gelukzaligheid,
vrede en verlichting te brengen.

***

PACI

Prima d’arrivari a la virità
L’omu havi a patiri
Suffirenzi fisichi e mintali
Agunii nta la vita,
un piriudu di esami,
di trobbuli e di peni.
Arrivannu a la virità
s’arriva a un ciumi
d’acqua frisca e rilassanti
c’astuta la siti
e duna mumenti
d’estasi e di gioia
felicità suprema,
paci interna
ca illumina
l’arma scura.

***

PAZ INTERIOR

Uno debe someterse a estrictos
sufrimientos mentales y físicos
agonía y confusión en la vida
antes de llegar a la Verdad.
Un tiempo de prueba, un período
de angustia y dolor severos.
Al llegar a la Verdad
llegas a la corriente
de aguas frescas y relajantes
para saciar la sed
para obtener momentos
de éxtasis, alegría y suprema
felicidad, para alcanzar la paz interior
e iluminar el alma oscura.

***

***

***

***

内心的平静
一个人在到达真理之前
必须经受严峻的
精神和肉体的痛苦
生活中的苦恼和混乱
一个检测时间,一段时间
极度的苦恼和痛苦。
在到达真理时
你抵达新鲜的
小溪,舒缓的水
去疏解渴意
去获得狂喜、快乐
和至高无上祝福的
时光,带来内心的宁静
而照亮黑暗的灵魂。

***

***

POKÓJ WEWNĘTRZNY

Trzeba przejść ciężkie
Cierpienia duszy i ciała
Umieranie i życiowe niepokoje
Nim dotrze się do Prawdy
Czas próby, okres
Wielkiego udręczenia i bólu.
Dotarłszy do Prawdy
Osiągasz strumień
Świeżych, kojących wód
By ugasić pragnienie
By zyskać chwile
Ekstazy, radości i Najistotniejsze –
Szczęśliwości, by wnieść wewnętrzny pokój
I rozświetlić mrok duszy

***

ΨΥΧΙΚΗ ΓΑΛΗΝΗ

Δύσκολες πρέπει να περάσει
στιγμές και πόνο
αγωνία κι άγχος στη ζωή του
ο άνθρωπος
προτού την Αλήθεια να βρει
προτού πιει απ’ το δροσερό
νερό ρυακιού
τη δίψα του να ξεδιψάσει
στιγμές να ζήσει εκστατικές
χαρά και θεϊκή ευδαιμονία
για να διαφωτίσει
την σκοτεινή ψυχή του.

(Syed Liaqath Peeran)

 

Recueil: ITHACA 631
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Indi Jyotirmaya Thakur / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Hébreu Dorit Wiseman / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Corse Gaetano Cipolla / Espagnol Rafael Carcelén / Russe Rahim Karim / Arabe Sarah Silt / Japonais Naoshi Koriyama / Chinois William Zhou / Chinois William Zhou / Persan Sepideh Zamani / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Grec Manolis Aligizakis /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est du Lourd (Abd Al Malik)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



C’est du Lourd

Je m’souviens,
maman qui nous a élevés toute seule,
nous réveillait pour l’école quand on était gamins,
elle écoutait la radio en pleurant notre pain,
et puis après elle allait au travail dans le froid,
la nuit,
ça c’est du lourd.

Ou le père de Majid
qui a travaillé toutes ces années de ses mains,
dehors, qu’il neige, qu’il vente, qu’il fasse soleil,
sans jamais se plaindre,
ça c’est du lourd.

Et puis t’as tous ces gens
qui sont venus en France parce qu’ils avaient un rêve
et même si leur quotidien après
il a plus ressemblé à un cauchemar,
ils ont toujours su rester dignes,
ils n’ont jamais basculé dans le ressentiment,
ça c’est du lourd,
c’est violent.

Et puis t’as tous les autres
qui se lèvent comme ça,
tard dans la journée,
qui se grattent les bourses,
je parle des deux,
celles qui font référence aux thunes,
du genre « la fin justifie les moyens »
et celles qui font référence aux filles,
celles avec lesquelles ils essaient de voir si y’a moyen,
ça c’est pas du lourd.

Les mecs qui jouent les choses zerma devant les blocs deal,
un peu de cock, de temps en temps un peu de ke-cra (crack)
et disent « je connais la vie moi monsieur ! »,
alors qu’ils connaissent rien,
ça c’est pas du lourd.

Moi je pense à celui qui se bat pour faire le bien,
qu’a mis sa meuf enceinte,
qui lui dit j’t’aime,
je vais assumer, c’est rien,
c’est bien,
qui va taffer des fois même pour un salaire de misère,
mais le loyer qu’il va payer,
la bouffe qu’il va ramener à la baraque,
frère, ça sera avec de l’argent honnête,
avec de l’argent propre,
ça c’est du lourd.

Je pense aussi à ces filles
qu’on a regardé de travers
parce qu’elles venaient de cités,
qu’ont montré à coup de ténacité,
de force, d’intelligence, d’indépendance,
qu’elles pouvaient faire quelque chose de leur vie,
qu’elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient de leur vie,
ça c’est du lourd.

Mais t’as le bourgeois aussi,
genre emprunté,
mais attention je n’généralise pas,
je dis pas que tous les bourgeois sont condescendants,
paternalistes ou totalement imbus de leur personne,
je veux juste dire qu’il y a des gens qui comprennent pas,
qui croient qu’être français c’est une religion,
une couleur de peau,
ou l’épaisseur d’un portefeuille en croco,
ça c’est bête,
c’est pas du lourd, c’est…

La France elle est belle,
tu le sais en vrai,
la France on l’aime,
y’a qu’à voir quand on retourne au bled,
la France elle est belle,
regarde tous ces beaux visages qui s’entremêlent.
Et quand t’insultes ce pays,
quand t’insultes ton pays,
en fait tu t’insultes toi-même,

il faut qu’on se lève,
faut qu’on se batte dans l’ensemble,
rien à faire de ces mecs
qui disent « vous jouez un rôle ou vous rêvez »,
ces haineux qui disent « vous allez vous réveiller »,
parce que si on est arrivé,
si on est arrivé à faire front
avec nos différences,
sous une seule bannière,
comme un seul peuple,
comme un seul homme,
ils diront quoi tous ?

C’est du lourd,
du lourd,
un truc de malade…..

(Abd Al Malik)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

UNE IMAGE (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



UNE IMAGE

Au cœur du coeur
de la rose des univers
enroulés sur eux-mêmes
un coeur (si détaché
qu’il ressemble au sommeil
ou à l’absence) semble battre
le rassemblement des mondes
d’un battement si faible
qu’il est attentivement égal
au silence.

Absorbé par un violent
amour
ou détachement.

(Jean Mambrino)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une rose (Francis Dannemark)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration
    
Une rose

Par sa seule beauté,
une rose dans le jardin de décembre
assure son équilibre
sous le ciel qui abrite ce matin
le crachin violent et les vents,
mandatés pour ouvrir l’hiver.

Par sa seule beauté
– ou serait-ce aussi de simplement
se laisser aller à l’allegro du vent ?-,
par sa seule beauté, disais-je,
une rose dans le jardin de neige
assure son équilibre
en se balançant sous le ciel
et sur la terre.

(Francis Dannemark)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Saturée de saveurs (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2019




    
Saturée de saveurs

Souvent j’ai l’impression
d’être un sachet de thé
dans l’eau tiède du monde
mais parfois me rattrape
la sensation violente
d’être une goutte d’eau
saturée de saveurs
dans une boîte de thé

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je hais le langage (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Je hais le langage
Le langage amer
Le langage violent
Le langage grammatical
Le langage allusif.
Parle-moi
Le langage des signes

(Abbas Kiarostami)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Secousse (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019


 


 

Jaya Suberg o1_400

Secousse

La terre a soulevé mon coeur
d’un mouvement sec et violent
elle l’a déchiré
éparpillant mille morceaux
comme larmes d’oiseaux errants
aux quatre vents de mon île
et depuis
chaque nuit
j’entends les battements
hésiter à mi-chemin
entre décombres
et étoiles

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Jaya Suberg

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Faut-il croire que nos rêves nous laisseront mourir (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Sophie Rocco
    

faut-il croire que nos rêves
nous laisseront mourir
pareils à des fruits séchés
sur des pailles violentes

ô trop naturelle solitude

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Lettre à la femme aimée au sujet de la mort Fresque peinte sur un mur obscur
Traduction:
Editions: Cheyne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :