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Posts Tagged ‘violette’

VOICI ET VOILÀ (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020



Illustration
    

VOICI ET VOILÀ

Voici les maquignons
les vendeurs d’arbalètes
les joueurs de caramel
les enfants sans icônes

Voici des fleurs sans épaulettes
des garçons malheureux
des amis sans pétrole

Voici le coeur à coeur
et la monnaie violette

Voilà une paire de claques
des sabots élastiques
et voici des voilà
et voilà des voilà

Nous n’en finirons pas
c’est bien ce qu’on demande
quand voilà les voilà

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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LES EAUX ET LES FORÊTS (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2020



Nicholas Hely Hutchinson e488bb [1280x768]

 

LES EAUX ET LES FORÊTS

I
La clarté de ces bois en mars est irréelle,
tout est encor si frais qu’à peine insiste-t-elle.
Les oiseaux ne sont pas nombreux; tout juste si,
très loin, où l’aubépine éclaire les taillis,
le coucou chante. On voit scintiller des fumées
qui emportent ce qu’on brûla d’une journée,
la feuille morte sert les vivantes couronnes
et suivant la leçon des plus mauvais chemins,
sous les ronces, on rejoint le nid de l’anémone,
claire et commune comme l’étoile du matin.

II
Quand même je saurais le réseau de mes nerfs
aussi précaire que la toile d’araignée,
je n’en louerais pas moins ces merveilles de vert,
ces colonnes, même choisies pour la cognée,
et ces chevaux de bûcherons… Ma confiance
devrait s’étendre un jour à la hache, à l’éclair,
si la beauté de mars n’est que l’obéissance
du merle et de la violette, par temps clair.

III
Le dimanche peuple les bois d’enfants qui geignent,
de femmes vieillissantes; un garçon sur deux saigne
au genou, et l’on rentre avec des mouchoirs gris,
laissant de vieux papiers près de l’étang… Les cris
s’éloignent avec la lumière. Sous les charmes,
une fille retend sa jupe à chaque alarme,
l’air harassé. Toute douceur, celle de l’air
ou de l’amour, a la cruauté pour revers,
tout beau dimanche a sa rançon, comme les fêtes
ces taches sur la table où le jour nous inquiète.

IV
Toute autre inquiétude est encore futile,
je ne marcherai pas longtemps dans ces forêts,
et la parole n’est ni plus ni moins utile
que ces chatons de saule en terrain de marais :
peu importe qu’ils tombent en poussière s’ils brillent,
bien d’autres marcheront dans ces bois qui mourront,
peu importe que la beauté tombe pourrie,
puisqu’elle semble en la totale soumission.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Nicholas Hely Hutchinson

 

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Dans le ciel de cette aube tiède (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Dans le ciel de cette aube tiède
où la montagne prend la couleur de la violette,
alors que la lune ronde se dissout,
deux buses entrecroisent leurs spirales silencieuses.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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PYRRHA (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



John William Waterhouse81_o [800x600]

PYRRHA

Non loin du cours d’eau vive échappé des forêts,
Quel beau jeune homme, ceint de molles bandelettes,
Pyrrha, te tient pressée au fond de l’antre frais,
Sur la rose et les violettes ?

Ah ! ton coeur est semblable aux flots sitôt troublés ;
Et ce crédule enfant enlacé de tes chaînes
Vous connaîtra bientôt, serments vite envolés,
Dieux trahis et larmes prochaines!

(Leconte de Lisle)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Mais je n’écoute que ta voix et elle monte (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2020



Mais je n’écoute que ta voix et elle monte,
ta voix, de son vol aussi précis que la flèche,
elle descend, ta voix, grave comme la pluie ;
alors éparpillant de très hautes épées,
elle revient, ta voix et chargée de violettes
elle monte avec moi à la fin dans le ciel.
Tu chantes et au soleil, dans le ciel de ton chant,
tout le froment du jour s’égrène dans ta voix.
La parole des pins naît de leur langue verte :
les oiseaux de l’hiver ont commencé leurs trilles.
Les caves de la mer se remplissent de pas,
et de cloches, de chaînes et de gémissements,
et tinte la ferraille et tintent les chaudrons,
au bruit retentissant des roues des caravanes.

***

Pero sólo tu voz escucho y sube
tu voz con vuelo y precisión de flecha,
baja tu voz con gravedad de lluvia,
tu voz esparce altísimas espadas,
vuelve tu voz cargada de violetas
y luego me acompaña por el cielo.
Cantas y a sol y a cielo con tu canto
tu voz desgrana el cereal del día,
hablan los pinos con su lengua verde :
trinan todas las aves del invierno.
El mar llena sus sótanos de pasos,
de campanas, cadenas y gemidos,
tintinean metales y utensilios,
suenan las ruedas de la caravana.

(Pablo Neruda)

 

 

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Âpre amour (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



Âpre amour, ma violette à couronne d’épines,
buisson parmi tant de passions hérissé,
lance des douleurs, corolle de la colère,
comment, par quel chemin as-tu trouvé mon âme

D’où précipitas-tu le feu de ta douleur,
soudain, parmi les feuilles froides de ma route ?
Qui t’enseigna les pas qui t’ont mené vers moi ?
Pierre, fumée ou fleur, qui t’apprit ma demeure ?

Mais moi je sais : la nuit effrayante a tremblé,
l’aube remplit toutes les coupes de son vin,
le soleil instaura sa présence céleste.

Cruel et sans répit quand l’amour m’assiégeait,
me déchirant de ses épées, de ses épines,
il ouvrait en mon coeur un chemin de brûlure.

***

Aspero amor, violeta coronada de espinas,
matorral entre tantas pasiones erizado,
lanza de los dolores, corola de la cólera,
por qué caminos y cómo te dirigiste a mi alma ?

Por qué precipitaste tu fuego doloroso,
de pronto, entre las hojas frías de mi camino ?
Quién te enseñó los pasos que hasta mí te llevaron ?
Quéf lor, qué piedra, qué humo mostraron mi morada ?

Lo cierto es que tembló la noche pavorosa,
el alba llenó todas las copas con su vino
y el sol estableció su presencia celeste,

mientras que el cruel amor me cercaba sin tregua
hasta que lacerándome con espadas y espinas
abrió en mi corazón un camino quemante.

(Pablo Neruda)

 

 

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Dans une flaque de soleil (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2019




    
Dans une flaque de soleil
puis sous un rayon de lune
la violette!

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Les violettes (Yaba)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Au-delà du mur
qui en interdit l’accès
voyez les violettes

(Yaba)

Illustration: Jean-Louis Dupuy

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Je rêve de renaître (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2019



    

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Sue le sentier de montagne (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2019



    

Illustration

(Matsuo Basho)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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