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Poésie

Posts Tagged ‘violon’

TOI (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Marcio Melo
    
TOI

Mon livre doré sur tranches que je veux lire de bout en bout.
Mon gâteau d’anniversaire qui n’a pas besoin de bougies pour être illuminé.
Mon alcool qui enivre sans nausée ni mal de tête.
Mon établi pour une espèce immatérielle de menuiserie.
Mon bateau de plaisance toujours prêt à prendre la mer.
Mon violon qui se fait mélodie dès que ma main effleure ses cordes.
Mon arme de précision que ne salit aucune piqûre de rouille.
Mon aube sur les jardins verts et sur les tas de charbon.
Mon sentier de forêt tout jalonné de cailloux blancs.
Ma fable trop merveilleuse pour comporter le post-scriptum d’une moralité.
Mon château à multiples tourelles, évanoui alors que son pont-levis vient à peine de s’abaisser.
Mon unité, dans la présence et dans l’absence.
Mon alphabet — d’arc-en-ciel à zodiaque — aux vignettes peintes des tons les plus acides et, aussi bien, les plus doux.
Ma déchirure et ce qui la recoud.
Ma preuve par neuf.
Ma partie et mon tout.
Ma panacée.
Ma chance.
Ma raison et ma déraison.
Ma fraîcheur et ma fièvre.

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les mélancoliques crapauds (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



Les mélancoliques crapauds,
Avec leurs violons sous l’eau
Font une musique à la lune.

O crapauds, vos violons verts
Faits d’eau morte et de cristal clair
Sont cachés sous la mare brune.

(Cécile Sauvage)

Illustration: ArbreaPhotos

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Broussaille (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Je m’enfonçai
vers l’heure mortelle.
Heure de l’agonie
et des derniers baisers.
Heure grave que rêvent
les carillons captifs
Coucous
sans coucou.
Etoile de rouille
énormes papillons
livides.
Par le bocage
des soupirs
vibrait
le violon
que j’avais enfant.

Il te faudra passer par là
mon coeur!
Par là
mon coeur!

(Federico Garcia Lorca)

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Très loin du règne du pareil au même (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



très loin du règne du pareil au même
leur bivouac ouvert à tous les vents
ne renie rien du labeur des voyages
ni l’enclume qui bat
ni le violon qui chavire
ni l’écho du hurlement des loups
perdu au halo de la lune
avec pour incurable nostalgie
le mal d’un pays qui n’existe pas

(André Velter)


Illustration

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Sombre forêt (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Sombre forêt
Loin vont tes arpèges

Violons et guitares
Gardent la voix des ramures

Le souvenir des larmes
Sous l’écorce.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Colibri (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Illustration
    
colibri
ailes si rapides
qu’on ne voit que leur lumière.

même vol que l’abeille.

il avance il recule.
parfois sommet des Andes :
un point.

si rapide qu’il semble, en vol,
se séparer de lui-même.

derrière le colibri l’air
agite de petits personnages de vent —
plus loin la tempête
forme une montagne.

immobile.
Mais le violon, lui non plus, n’a pas bougé
depuis trois siècles.

ce coeur
battant vite
dans l’air.

au coeur du monde
sans poids.

loin
sort de son vol.
sort de lui-même.
fleurit.

sort de sa lumière.

danse à la perfection.
dans la grâce.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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La tempête pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration: Pierrette Lilot    
    
La tempête pleure, tel un violon tsigane.
Fille aimée, méchant sourire, n’ai-je pas
À cause de ton oeil bleu perdu courage ?
Il me faut beaucoup; beaucoup m’est inutile.

Nous sommes si éloignés, si peu semblables —
Tu es jeune et j’ai tout vécu. Bonheur à
La jeunesse, je n’ai plus que la mémoire
Dans cette nuit de neige et de tourbillons.

Personne ne me caresse, la tempête est mon violon.
Ton sourire bouleverse mon coeur comme une tourmente.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Violon tzigane (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Yuliya Mervant
    
Violon tzigane, la tempête gémit.
Fillette gentillette au sourire fielleux
me laisserai-je intimider par ton regard bleu ?
Il me faut beaucoup, beaucoup m’est superflu.

Si loin, si dissemblables en somme
tu es jeune, moi j’ai tout vécu.
Aux jeunes le bonheur, à moi la mémoire seule :
Nuit de neige, étreinte fougueuse.

Câliné ? non. La tempête est mon violon.
Un sourire de toi lève la tempête en moi.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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L’homme de trois ans (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2018



L’homme de trois ans
M’a donné
Une leçon de poésie.
D’une clé de boîte à sardines,
Il a tiré:
Un violon,
Un marteau,
Le portrait de son grand-père,
L’hélice d’un aéroplane,
Des lunettes
Et une fleur.

(Carlos Larronde)

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Vagant (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



&

Illustration
nbsp;   
Vagant

I
j’aime pour ma vie liberté errance
vienne que pourra
si je voulais me contraindre
ça ne m’irait pas

et je sais des chansons éternelles
l’hiver sans souliers
dans le froid écoutez-la ma mandoline
mais où coucher

plus d’une belle fille s’étonne
je lui plairais bien
si je n’étais un misérable
propre-à-rien

belle fille Dieu t’accorde
riche mari
si nous étions tous deux ensemble
mon chant cesserait de vivre

2
si le soleil brillait l’adorable
soleil du sud tiède et bleu
je prendrais ma mandoline
sur le pré nappe de feu

la nuit mon amour écoute
à sa fenêtre et ne dort pas
comme la nuit serait douce
souhaite-nous la douce nuit

si le soleil brillait l’adorable
soleil du sud tiède et bleu
je prendrais ma mandoline
sur le pré nappe de feu

4
tu es triste éraillé
viens sur mon coeur
fort ôte-moi le souffle
pince taquine
soupirant
joue contre joue
pour mon oreille
chante au fond de la cour
chat et chien hurlent
et le voisin est furieux
mais que nous importe
le monde violon mon doux violon

***

Der wandernde Musikant

I
Wandern lieb ich fir mein Leben,
Lebe eben wie ich kann,
Wollt ich mir auch Mühe geben,
Paßt es mir doch gar nicht an.

Schöne alte Lieder weiß ich,
In der Kälte, ohne Schuh
Draußen in die Saiten reiß ich,
Weiß nicht, wo ich abends ruh.

Manche Schöne macht wohl Augen,
Meinet, ich gefiel’ ihr Behr,
Wenn ich nur was wollte taugen,
So ein armer Lump nicht war. —

Mag dir Gott ein’n Mann bescheren,
Wohl mit Haus und Hof versehn !
Wenn wir zwei zusammen wãren,
Möcht mein Singen mir vergehn.

2
Wenn die Sonne lieblich schiene
Wie in Welschland lau und blau,
Ging’ ich mit der Mandoline
Durch die überglänzte Au.

In der Nacht dann Liebchen lauschte
An dem Fenster süß verwacht,
Wünschte mir und ihr, uns beiden,
Heimlich eine schöne Nacht.

Wenn die Sonne lieblich schiene
Wie in Welschland lau und blau,
Ging’ ich mit der Mandoline
Durch die überglänzte Au.

4
Bist du manchmal auch verstimmt,
Drück dich zärtlich an mein Herze,
Daß mir’s fast den Atem nimmt,
Streich und kneif in süßem Scherze,
Wie ein rechter Liebestor
Lehn ich sanft an dich die Wange
Und du singst mir fein ins Ohr.
Wohl im Hofe bei dem Klange
Katze miaut, Hund heult und bellt,
Nachbar schimpft mit wilder Miene —
Doch was kümmert uns die Welt,
Suße, traute Violine !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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