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Posts Tagged ‘virginal’

VIRGINAL (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019



Illustration: Johannes Vermeer
    
VIRGINAL*

Pâle, devant un clavecin
Ses doigts en tourmentent les touches
Tremble son sein

Muette se plisse sa bouche
Amoureuse ou sainte-nitouche
En mal d’amant

Jouant comme on fourbit ses armes
Lors, les notes exquisément
Perlent en larmes

* Instrument de musique pour jeunes filles.

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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LUNE ET MER (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2019



Illustration: Oscar Bento
    
LUNE ET MER
Pour Oscar Bento

Virginale

comme si jamais un homme
n’y avait laissé ses traces:
la lune
qui reflète sa beauté
dans le miroir bleu azur de la mer,
en apparence immaculée,
non souillée pour toujours
de déchets et d’ordures
voracité des hommes.

***

MOON AND SEA
for Oscar Bento

Virginal
as if no human
ever set foot on it:
the moon
reflecting her beauty
in the azure mirror of the sea
which apparently seems uninfected,
not irrevocably contaminated
with garbage and waste,
the voracity of people.

***

LUA E MAR
para Oscar Bento

Virginal
como se jamais um homem
a tivesse pisado:
a lua
reflectindo a sua beleza
no espelho azul do mar
aparentemente tão limpo
mas tão irremediavelmente contaminado
pela imundice e os despojos
da voracidade dos homens.

***

Lună și mare
pentru Oscar Bento
Neprihănită
neatinsă parcă
de-a omului amprentă:
luna.
Inaccesibila-i splendoare se-oglindește
în aparent la fel de pura
mare,
ce adună-n pântec
omeneștile deșeuri,
ale deșartei lăcomii.

***

LUNA Y MAR
a Oscar Bento

Virginal
como si nunca un hombre
hubiese puesto el pie sobre ella:
la luna
reflejando su belleza
en el espejo azul del mar
aparentemente tan pulcro
pero irrevocablemente contaminado
con la basura y los desechos
por la voracidad de los hombres.

***

LA LUNA E IL MARE
per Oscar Bento

Vergine
come se nessun essere umano
vi avesse mai messo piede:
la luna
specchia la sua bellezza
nello specchio azzurro del mare
che all’apparenza sembra non contagiato,
né irreversibilmente contaminato
di spazzatura e rifiuti,
la voracità dell’uomo.

***

MAAN EN ZEE
voor Oscar Bento

Maagdelijk
alsof er nooit een mens
zijn sporen nagelaten heeft:
de maan
die haar schoonheid reflecteert
in de azuurblauwe spiegel van de zee
die ogenschijnlijk onbezoedeld lijkt
niet onherroepelijk besmet
met afval en vuilnis,
de vraatzucht der mensen.

***

Mond und Meer
für Oscar Bento

Unberührt
als hätte noch nie ein Mensch
seine Spuren hinterlassen:
Der Mond
der seine Schönheit betrachtet
im azurblauen Spiegel des Meeres,
das unverseucht scheint,
nicht unumkehrbar verunreinigt
mit Abfall und Müll,
durch die Gier der Menschen.

***

Луна в апреле (Оскар Бенто)_

Луна и море
Оскару Бенто
Девственна,
словно никто никогда
не оставлял там следов,
Луна
созерцает свою красоту
в зеркале моря лазурном,
что кажется незамутненным,
не превращенном в урну
для мусора и отходов
алчности человека

***

***

***

ΘΑΛΑΣΣΑ ΚΑΙ ΦΕΓΓΑΡΙ
Παρθένα

σαν να μην πατήθηκε
ποτέ από ανθρώπους:
το φεγγάρι
αντανακλά την ομορφιά του
στο γαλανό καθρέφτη του νερού
που δεν επηρεάζεται
κι ούτε μολύνεται
σκουπίδια και απόρρητα,
κι η απληστία του ανθρώπου

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 599
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Anglais Germain Droogenbroodt / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Luca Benassi / Néerlandais / Allemand / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Tadjik Rahim Karim / Chinois Zhou Dao Mo / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman
Editions: POINT

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L’absolue poésie (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Aussi l’absolue poésie
est-elle l’accueil du silence.
Sa demeure hors les mots
en la nuit du dedans-sans-dehors
dans l’Indéterminé

Aussi l’absolue poésie
échappe-t-elle
à l’emprisonnement de la langue,
aux épaisseurs de ses murs,
à la fausse profondeur de ses ombres

Aussi l’absolue poésie
est-elle aussi virginale
aussi silencieuse
que la mort toujours présente
à la racine aveugle du regard

Notre propre infini nous échappe

(Michel Camus)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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AIMONS-NOUS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



AIMONS-NOUS

Sûrement, hélas, un jour viendra
Où nous dormirons dans une bière,
Etrangers en quelque cimetière,
Et l’automne sur nous pleurera.

Alors, que sera-ce ma mignonne
— Dans le chaos de l’immensité —
Si ton corps virginal s’abandonne
Au feu rose de la volupté ?

(George Bacovia)

Illustration: Alex Grey

 

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D’un blanc virginal (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
D’un blanc virginal
elles annoncent le printemps :
les fleurs d’amandier.

***

Oogverblindend wit
de lente verkondigend:
amandelbloesems

***

De blanco virginal
las flores de almendra anuncian:
llega la primavera

***

Still virginal white
the almond blossoms announce:
Spring is arriving

***

Virginal bianco
annuncia il mandorlo:
è primavera

***

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Les Soeurs de Charité (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2018



Illustration: Alex Alemany
    
Les Soeurs de Charité

Le jeune homme dont l’oeil est brillant, la peau brune,
Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,
Et qu’eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune
Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu,

Impétueux avec des douceurs virginales
Et noires, fier de ses premiers entêtements,
Pareil aux jeunes mers, pleurs de nuits estivales,
Qui se retournent sur des lits de diamants ;

Le jeune homme, devant les laideurs de ce monde,
Tressaille dans son coeur largement irrité,
Et plein de la blessure éternelle et profonde,
Se prend à désirer sa soeur de charité.

Mais, ô Femme, monceau d’entrailles, pitié douce,
Tu n’es jamais la Soeur de charité, jamais,
Ni regard noir, ni ventre où dort une ombre rousse,
Ni doigts légers, ni seins splendidement formés.

Aveugle irréveillée aux immenses prunelles,
Tout notre embrassement n’est qu’une question :
C’est toi qui pends à nous, porteuse de mamelles,
Nous te berçons, charmante et grave Passion.

Tes haines, tes torpeurs fixes, tes défaillances,
Et les brutalités souffertes autrefois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pourtant sans malveillances,
Comme un excès de sang épanché tous les mois.

– Quand la femme, portée un instant, l’épouvante,
Amour, appel de vie et chanson d’action
Viennent la Muse verte et la Justice ardente
Le déchirer de leur auguste obsession.

Ah ! sans cesse altéré des splendeurs et des calmes,
Délaissé des deux Soeurs implacables, geignant
Avec tendresse après la science aux bras almes,
Il porte à la nature en fleur son front saignant.

Mais la noire alchimie et les saintes études
Répugnent au blessé, sombre savant d’orgueil ;
Il sent marcher sur lui d’atroces solitudes
Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil,

Qu’il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades
Immenses, à travers les nuits de Vérité
Et t’appelle en son âme et ses membres malades
0 Mort mystérieuse, ô soeur de charité.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Rimbaud Cros Corbière Lautréamont Oeuvres Poétiques complètes
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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Invitation au voyage (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Invitation au voyage

Sur les rythmes discrets
Des ondes ancestrales,
Que ne puis-je, fillette, emporter tous tes traits!
Tes beautés idéales!
De loin s’en vient la vague au murmure assourdi
Qu’on entend jusqu’ici.

Cernant ton ombre douce
Au contour éthéré,
Le clapotis imprime une faible secousse

A mon bateau paré.
Et le port virginal de la beauté lointaine
M’ouvre grand son domaine.

Viens, montre-moi ton art.
Ta grâce et ton jeune âge
Puissent-ils embellir pour une large part
Son céleste rivage!
Son rempart, fléchis-le de ton regard câlin.
Fais qu’il soit moins hautain.

Viens. Vois, sur notre route,
Le phare incandescent
De mon rêve irisé, superbe… que j’écoute…
Quand, mon désir naissant,
Son éclat argenté tâche de te rejoindre…
Le soir. Viens. Sans rien craindre.

Pourquoi donc rester là?
Tu viens ou je t’enlève.
Pourquoi donc différer? Décide-toi. Suis-moi.
Ma volonté, sans trêve,
Se jouera de l’écueil de ta sotte pudeur,
Dissoudra ta froideur.

(Attila Jozsef)


Illustration: Antoine Watteau

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Rouge pavot (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



rouge pavot
femme surprise
presque un adultère
dans le jardin virginal

(Katell Antoine)


Illustration: Dante Gabriel Rossetti

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LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS… (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Salvador Dali
    
LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS…

La douceur de l’angélus matinal et divin
que dispensent d’ingénues cloches provinciales,
dans l’air innocent, avec la force des pétales,
des prières, des visions virginales et des refrains

du rossignol, s’opposant en tout au rude destin
qui en Dieu ne croit pas… La pelote du jour en déclin
que le soir dévide derrière d’opaques cristaux
pour tisser d’une seule pièce l’étoffe de nos maux,

tout entiers faits de chair et parfumés de vin…
Et cette atroce amertume de n’avoir point de goût,
de ne pas savoir vers où diriger notre proue,

tandis que le pauvre esquif dans la nuit calfeutrée,
avance sur les vagues hostiles et de l’aurore privé…
(O cloches suaves, que l’aube fasse son entrée !)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Le Liseron (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Illustration
    
Le Liseron

Aimez le Liseron, cette fleur qui s’attache
Au gazon de la tombe, à l’agreste rocher ;
Triste et modeste fleur qui dans l’ombre se cache
Et frissonne au toucher !

Aimez son teint si pâle et son parfum d’amande ;
Ce parfum, on le cherche, il ne vient pas à vous ;
Mais, à l’humble corolle alors qu’on le demande,
On le sent pur et doux,

Il ne pénètre pas les sens comme la rose,
Il ne jette pas l’âme en de molles langueurs,
Suave et virginal, de l’ivresse il repose,
Et rafraîchit les cœurs.

De l’amour idéal, chaste et touchant emblème,
Il vit et meurt caché sous le regard de Dieu,
S’abreuve de rosée et de soleil, de même
Que l’âme se nourrit de larmes et de feu.

Comme l’amour encore qui, pudique, se voile,
L’homme, sans le sentir, le foule sous ses pas,
Ou parfois à la tige il arrache l’étoile
Et ne l’aspire pas !

Plus d’un cœur fut ainsi brisé dans le silence,
Étouffant un amour, mystère de pudeur,
Désir inexprimé qui vers le ciel s’élance,
Comme du Liseron la balsamique odeur !

(Louise Colet)

 

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