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Posts Tagged ‘(Virginie Sampeur)’

Au temps (Virginie Sampeur)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2018



 

Edward Okun 4_15

Au temps

Médecin de mon coeur naguère si souffrant,
qu’as-tu fait de mon mal que je regrette tant?
Rends-le-moi, je t’en prie;
Rends-moi mon autre vie;

Rends-moi des jours passés le langoureux soupir
et l’espoir décevant dont j’ai failli mourir,
Et mes douces chimères,
Et mes larmes amères!

Mon pauvre coeur va-t-il saigner encor, ô Temps?
Connaîtra-t-il encor la foi de ses vingt ans?
J’aurais trop peur d’y croire :
Cours à d’autres victoires!

(Virginie Sampeur)

Illustration: Edward Okun

 

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Puisque le ciel t’envoie (Virginie Sampeur)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



 

Eric Fortune

Puisque le ciel t’envoie…

Puisque le ciel t’envoie
Fortune, amour et joie
Tu peux bien m’oublier;
Vis sans inquiétude,
Et dans ma solitude,
Pour toi, je vais prier.

Si le bonheur te quitte,
Reçois-tu la visite
De la sombre douleur,
Ami, pense à moi; vole
Vers celle qui console,
Viens pleurer sur mon coeur.

(Virginie Sampeur)

Illustration: Eric Fortune

 

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L’abandonnée (Virginie Sampeur)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2016



 

Dimitar Voinov

L’abandonnée

Ah! si vous étiez mort! de mon âme meurtrie
Je ferais une tombe où, retraite chérie,
Mes larmes couleraient lentement, sans remords
Que votre image en moi resterait radieuse !
Que sous le deuil mon âme aurait été joyeuse !
Ah! si vous étiez mort!

Je ferais de mon coeur l’urne mélancolique
Abritant du passé la suave relique,
Comme ces coffrets d’or qui gardent les parfums,
Je ferais de mon âme une ardente chapelle
Où toujours brillerait la dernière étincelle
De nos espoirs défunts.

Ah! si vous étiez mort, votre éternel silence,
Moins âpre qu’en ce jour, aurait son éloquence,
Car ce ne serait plus le cruel abandon,
Je dirais: «Il est mort, mais il sait bien m’entendre,
Et peut-être, en mourant, n’a-t-il pu se défendre
De murmurer: Pardon!»

Mais vous n’êtes pas mort ! ó douleur sans mesure !
Regret qui fait jaillir le sang de ma blessure !
Je ne puis m’empêcher, moi, de me souvenir,
Même quand vous restez devant mes larmes vraies,
Sec et froid, sans donner à mes profondes plaies
L’aumône d’un soupir!…

Ingrat ! vous vivez donc quand tout me dit vengeance !
Mais je n’écoute pas ! À défaut d’espérance,
Le passé par instants revient, me berce encor…
Illusion, folie, ou vain rêve de femme!…
Je vous aimerais tant, si vous n’étiez qu’une âme.
Ah! que n’êtes-vous mort!

(Virginie Sampeur)

Illustration: Dimitar Voinov

 

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