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Posts Tagged ‘Virginie’

Ne soyez pas Robinson (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Ne soyez pas Robinson

1
On s’ connaît mal dans l’existence
Et d’puis trois mois que nous avons
Par un beau soir fait connaissance
Je ne sais mêm’ pas votre nom.

Refrain 1
Si vous êtes Adam, moi je suis Eve
Eve
Si vous êtes Roméo, je serai Juliette
Juliette
Et si vous êtes Paul, je suis Virginie
Nie
Si c’est vous Daphnis, je suis votre Chloê
Mais vous n’êtes pas Robinson
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi

2
On a des rêv’s dans la cervelle
On vit dans un monde idéal
Celle-là se croit jeune et belle
Celui-là qu’il est général.

Refrain 2
Soyez Napoléon, moi Joséphine
fine
Êtes-vous Charles le fou, je veux être Odette
Odette
Devenez Henri IV et moi Gabrielle
elle
Dimanche c’est vous? J’ vous suis, je suis Lundi
Mais ne soyez pas Robinson.
Car Robinson
Pauvre Robinson
N’avait que Vendredi!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Dans quelques jours (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



 

Illustration: Kazuya Akimoto
    
Chair de la mer

Dans quelques jours très courts ce sera l’automne
en Virginie,
Lorsque les chasseurs, le regard de pluie,
Regagnent le pays natal, l’arbre qui n’oublie pas,
Moutons terribles à voir,
Dans quelques jours très courts ce sera l’automne
en Virginie.

Oui, dans l’étreinte étroite des corps,
Lèvres sur la clé la plus intime,
Que dira-t-il, lui, peau de naufrage
Ou douleur avec la porte close,
Douleur face à douleur,
N’attendant pas non plus d’amour ?

L’amour s’en vient, s’en va, regarde ;
L’amour s’en vient, s’en va,
Sans faire l’aumône aux nuages mutilés,
Ses vêtements sont des haillons de terre,
Et lui il ne sait pas, il ne saura jamais plus rien.
Inutile aujourd’hui de passer la main sur l’automne.

***

Carne de mar

Dentro de breves días será otoño en Virginia,
Cuando los cazadores, la mirada de lluvia,
Vuelven a su tierra nativa, el árbol que no olvida,
Corderos de apariencia terrible,
Dentro de breves días será otoño en Virginia.

Sí, los cuerpos estrechamente enlazados,
Los labios en la llave más íntima,
c Qué dirá él, hecho piel de naufragio
O dolor con la puerta cerrada,
Dolor frente a dolor,
Sin esperar amor tampoco ?

El amor viene y va, mira;
El amor viene y va,
Sin dar limosna a nubes mutiladas,
Por vestidos harapos de tierra,
Y él no sabe, nunca sabrá más nada.
Ahora inútil pasar la mano sobre otoño .

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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C’EST AUJOURD’HUI… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
C’EST AUJOURD’HUI…
8 juillet 1894
Dimanche, Sainte-Virginie

C’est aujourd’hui la fête de Virginie…
Tu étais nue sous ta robe de mousseline.
Tu mangeais de gros fruits au goût de Mozambique
et la mer salée couvrait les crabes creux et gris.

Ta chair était pareille à celle des cocos.
Les marchands te portaient des pagnes couleur d’air
et des mouchoirs de tête à carreaux jaune-clair.
Labourdonnais signait des papiers d’amiraux.

Tu es morte et tu vis, ô ma petite amie,
amie de Bernardin, ce vieux sculpteur de cannes,
et tu mourus en robe blanche, une médaille
à ton cou pur, dans la Passe de l’Agonie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Editions: Mercure de france

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C’est aujourd’hui … (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



C’est aujourd’hui la fête de Virginie…
Tu étais nue sous ta robe de mousseline.
Tu mangeais de gros fruits au goût de Mozambique,
et la mer salée couvrait les crabes creux et gris.

Ta chair était pareille à celle des cocos.
Les marchands te portaient des pagnes couleur d’air
Et des mouchoirs de tête à carreaux jaune-clair.
Labourdonnais signait des papiers d’amiraux.

Tu es morte et tu vis, ô ma petite amie, amie
de Bernardin, ce vieux sculpteur de cannes,
et tu mourus en robe blanche, une médaille
à ton cou pur, dans la Passe de l’Agonie.

(Francis Jammes)

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