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TOUT chemin est une déviation (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Ndary Lo
    
TOUT chemin est une déviation.
Qu’importe alors le chemin que l’on suit.
L’idée d’arriver est un virus de la pensée,
l’idée de ne pas arriver
s’harmonise en revanche avec la trame de la terre.

Peut-être serait-il opportun de temps à autre
de faire se retourner les chemins
ou ceux qui cheminent,
simplement pour décompenser les imminences.

Au fond cela revient au même :
le chemin,
plus que le chemin,
c’est un lieu,
Un lieu pour se trouver là,
comme en tout lieu,
un moment seulement.

D’autre part,
tout lieu est aussi un chemin,
bien que nous rêvions de nous arrêter là.

***

TODO camino es una desviación.
No importa entonces qué camino se siga.
La idea de llegar es una contaminación del pensamiento,
la idea de no llegar
hace juego en cambio con la trama de la tierra.

Tal vez fuera oportuno cada tanto
dar vuelta los caminos
o dar vuelta a quienes van por los caminos,
sólo para descompensar las inminencias.

Pero en el fondo es lo mismo :
el camino,
mas que camino,
es un lugar,
un lugar para estar en él,
como en todo lugar,
nada más que un momento.

Por otra parte,
todo lugar es también un camino,
aunque soñemos detenernos allí .

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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Cette femme tente de nous parler (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018



Illustration: France Mondello
    
Cette femme tente de nous parler
mais sa parole contaminée par un virus lexical
n’est plus entre ses lèvres
qu’un magma de syllabes
ainsi nous échouons à saisir
l’annonce pressante
que dans l’affolement de la langue
elle voudrait nous confier

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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BRAISES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



BRAISES

Pour Domingo Parra del Riego

J’éclairerai pour Tilia, dans la tragédie,
mes strophes en lourdes grappes;
chaque fruit mélodieux ensanglantera,
tel un soleil funèbre, des vins lugubres.
Tilia possédera la croix
toute de lumière à l’heure suprême.

J’allumerai pour Tilia, dans la tragédie,
la goutte du fracas qui est sur mes lèvres ;
et la lèvre, en moutonnant au seuil du baiser,
en cent pétales sacrés se brisera.
Tilia tiendra le poignard,
le poignard floricide et auroral!

Déjà dans l’ombre, héroïne, intacte et martyre,
tu posséderas la Vie sous tes semelles ;
lors que tu voiles, en récitant mes strophes,
mon front, comme une hostie tachée de sang rouge.
Et dans l’iris, vorace,
mon sang, comme un virus, boiras!

***

ASCUAS

Para Domingo Parra del Riego

Luciré para Tilia, en la tragedia,
mis estrofas en ópimos racimos;
sangrará cada fruta melodiosa,
como un sol funeral, lúgubres vinos.
Tilia tendrá la cruz
que en la hora final será de luz!

Prenderé para Tilia, en la tragedia,
la gota de fragor que hay en mis labios;
y el labio, al encresparse para el beso,
se partirá en cien pétalos sagrados.
Tilia tendrá el puñal,
el puñal floricida y auroral!

Ya en la sombra, heroína, intacta y mártir,
tendrás bajo tus plantas a la Vida;
mientras veles, rezando mis estrofas,
mi testa, como una hostia en sangre tinta!
Y en un lirio, voraz,
mi sangre, como un virus, beberás!

(César Vallejo)

 

 

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TGV 3 (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



TGV 3

la nuit vient lente et grise un virus en air
le regard cherche à sentir son invasion
une fumée trois maisons un trait de neige
comment voir la pénétration de l’image
son reflux quand les mots la jettent dehors
mais rien et rien et rien un rond de lumière
quelques formes à peine vues dans la vitesse
langue balayée par la ventée du temps
le noir a déjà imbibé tout l’espace
chaque chose ainsi réduite à sa fumée
la solitude s’étend sur la fenêtre

(Bernard Noël)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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