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Poésie

Posts Tagged ‘visage’

L’ANGE DE REIMS (Jacques-André Saintonge)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



L’ANGE DE REIMS

L’Ange de Reims est mon ami,
Lui qui tient le cadran solaire ;
(Même s’il est ange à demi,
Et si c’est un ange de pierre.)

J’aime qu’il n’ait rien d’autre à faire
Que de mesurer le soleil ;
Il est l’ange de la lumière,
Il est l’ange du bon conseil.

Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente,
Il est là. Cela me suffit.
Il a ce visage qui chante.
Il est sûr de Dieu. Il sourit.

(Jacques-André Saintonge)

 

 

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BLANC (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



BLANC

Terreuse
cette peur
cette terreur
du masque de glaise
et de vers
sur ton visage.

Mais le masque
n’est qu’une image.
Ton visage
de larmes et de neige
se désagrège
au passage.

Si tu consens
à la candeur
du mouvement
qui t’efface
le oui de la lumière
est ta demeure.

(Jean Mambrino)


Illustration

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SANS NOUS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

Léon Comerre_Deluge

SANS NOUS

Que serait la terre sans nous
Anonyme, inexistante déserte.

Et le ciel que serait-il sans nous.
Forme sans lumière et sans voix
Pour le nommer, sans éternité.

Et Dieu que serait-il donc,
Une chose sans nom et sans éclat.
Quelle chair prendrait-il pour apparaître
Sans chair sur la terre, quel visage
Sans le visage humain,
Sans l’habit humain et la forme.
Quelle gifle et quel sang, quel martyr
Sans le martyr humain :
« Ecce homo, ecce Deus… »
Sans la mort humaine,
Sans enterrement et lamentation — sans résurrection

Sans nous la mort que serait-elle.

(Georges Themelis)

Illustration: Léon Comerre

 

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N’aies d’autres dieux devant moi (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Nicolas Poussin veau d'or p

Les murs ne tombent pas
[37]

N’aies d’autres dieux devant moi ;
pas sur la mer

nous ne supplierons Triton ou Dauphin,
pas sur la terre

nous n’élèverons de visage ravi ni de mains jointes
devant le laurier ou le chêne,

pas dans le ciel
nous n’invoquerons séparément

Orion ou Sirius
ou les admirateurs de l’Ourse,

pas dans les hautes sphères de l’air
d’Algorab, Regulus ou Deneb

nous ne demanderons
de l’aide — ou alors, le ferons-nous ?

***

Thou shalt have none other gods but me;
not on the sea

shall we entreat Triton or Dolphin,
not on the land

shall we lift rapt face and clasp hands
before laurel or oak-tree,

not in the sky
shall we invoke separately

Orion or Sirius
or the followers of the Bear,

not in the higher air
of Algorab, Regulus or Deneb

shall we cry
for help—or shall we?

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Nicolas Poussin

 

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La Dame (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Mariejpg

Hommage aux anges
[28]

J’avais pensé à Gabriel,
au cycle de lune, à la coquille de lune,

au croissant de lune
et à la lune pleine :

j’avais pensé à Gabriel,
le régent de la lune, l’Ange,

et j’avais eu l’intention de le rappeler
dans la séquence de bougie et de feu

et dans la loi des sept :
je n’avais pas oublié

son attribut spécial
d’annonciateur ; j’avais pensé

à m’adresser à lui comme aux autres,
Uriel, Annaél ;

comment pouvais-je imaginer
que la Dame elle-même viendrait à sa place ?

[29]

Nous l’avons vue
dans le monde entier,

Notre Dame au Chardonneret,
Notre Dame au Candélabre,

Notre Dame à la Grenade,
Notre Dame à la Chaise ;

nous l’avons vue, une impératrice
magnifique dans sa pompe et sa grâce,

et nous l’avons vue
avec une seule fleur

ou un amas d’oeillets mignardise
dans un verre près d’elle ;

nous avons vu la résille
tirée sur ses cheveux,

ou son visage de profil
avec capuchon bleu et des étoiles ;

nous l’avons vue la tête courbée
sous le poids d’une couronne bombée,

ou nous l’avons vue, fillette menue
enchâssée dans un halo doré ;

nous l’avons vue avec une flèche, avec des colombes
et un coeur comme une valentine ;

nous l’avons vue dans la plus belle soie importée
des contrées du Levant,

et couvertes de perles venues
de la cité de Constantin ;

nous avons vu sa manche
dans toutes les couleurs imaginables

de damas et de brocart gaufré ;
c’est vrai,

les peintres se sont montrés généreux ;
c’est vrai, ils n’ont jamais raté une ligne

de la douce inclinaison de sa tête
ou de l’ombre subtile d’une paupière baissée

ou de paupières entrouvertes ; on la trouve
partout (enfin, on la trouvait),

cathédrale, musée, cloître,
ou palier de l’escalier du palais.

***

I had been thinking of Gabriel,
of the moon-cycle, of the moon-shell,

of the moon-crescent
and the moon at full :

I had been thinking of Gabriel,
the moon-regent, the Angel,

and I had intended to recall him
in the sequence of candle and fire

and the law of the seven;
I had not forgotten

his special attribute
of annunciator; I had thought

to address him as I had the others,
Uriel, Annael;

how could I imagine
the Lady herself would come instead?

We have seen her
the world over,

Our Lady of the Goldfinch,
Our Lady of the Candelabra,

Our Lady of the Pomegranate,
Our Lady of the Chair;

we have seen her, an empress,
magnificent in pomp and grace,

and we have seen her
with atingle flower

or a cluster of garden-pinks
in a glass beside her;

we have seen her snood
drawn over her hair,

or her face set in profile
with the blue hood and stars;

we have seen her head bowed down
with the weight of a domed crown,

or we have seen her, a wisp of a girl
trapped in a golden halo;

we have seen her with arrow, with doves
and a heart like a valentine ;

we have seen her in fine silks imported
from all over the Levant,

and hung with pearls brought
from the city of Constantine;

we have seen her sleeve
of every imaginable shade

of damask and figured brocade;
it is true,

the painters did very well by her;
it is true, they missed never a line

of the suave turn of the head
or subtle shade of lowered eye-lid

or eye-lids half-raised; you find
her everywhere (or did find),

in cathedral, museum, cloister,
at the turn of the palace stair.

(Hilda Doolittle)

 

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TROUBLE (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



TROUBLE

1
Il faisait lourd: la lumière brûlait,
Mais ses regards étaient comme des rayons.
J’ai tressailli: celui-là
Est capable de me dompter.
II s’est incliné. Que va-t-il dire?
Le sang a quitté mon visage.
Que cet amour soit sur ma vie
Comme une dalle funéraire.

2
Tu n’aimes pas, tu ne veux pas me regarder?
Ô, que tu es beau, maudit!
Je ne peux pas m’envoler;
Moi qui dès l’enfance ai eu des ailes.
Un brouillard me couvre les yeux,
Objets et visages se brouillent,
Il n’y a plus que cette fleur,
Cette fleur à ta boutonnière.

3
Comme le veut la simple politesse,
Il s’est approché de moi. Il a souri.
À moitié tendre, à moitié nonchalant,
Il a effleuré ma main de ses lèvres —
Sur moi se sont posés des yeux
De mystérieuse image antique.
Dix ans de spasmes et de cris,
Toutes mes nuits insomnieuses,
J’ai tout mis dans un mot discret,
Que j’ai eu tort de prononcer.
Tu t’es éloigné; à nouveau
J’avais l’âme vide et claire.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Julie Grugeaux

 

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La nuit palpite comme un sein alerté (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



la nuit palpite
comme un sein alerté

je dors dans la marée du ciel
son vertige ciselé

nuit errante
ressuscitée perdue
immobile

je rêve d’espaces ivres
d’ailleurs de suds
d’heures désertes

tu poses la main
sur ma peau

les yeux sur l’autre nuit

je rêve de loups rouges
de sang sur les pierres

tu sculptes mon épaule
du sommeil de tes doigts

la nuit bat des paupières
noie mon chant

je rêve de visages
ouverts comme des fleurs

d’oiseaux suspendus
au fil des jours

ma nuit s’attarde

nous nous retrouvons
au coeur d’une nuit nouvelle

(Amina Saïd)

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Tu n’es personne (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

Illustration: Salvador Dali
    
Tu n’es personne. Ce qui tourne
autour de toi, paroles, maisons,
visages, tourne autour d’un centre
qui n’existe pas.

Ton lieu est vers le dehors
dans la nuit de toute langue,
tu vis en lisière,
corps exilé, corps étranger.

Et comme un orchestre caché, tu ne sais
quels instruments en toi
résonnent, cordes ou cuivres, harpes ou tymbales,

Serait-ce le pas des nuits qui s’imprime
sur le sable et se dissout
dans la mémoire éteinte.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Ton rire

Les fleurs se prosternent
Devant tes pas menus
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Ou sous la pluie
Qui te fait cet adorable visage
Mouillé qui reste enjoué
Et qu’on a envie d’essuyer
Non avec un mouchoir
Mais avec des baisers
Et dans la candeur de l’aube
Ton regard en prend la couleur

Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Déjà à une abondance de fruits
Rien que pour te faire plaisir
Car il aime te voir croquer ses pommes
Et danser autour de lui
Dans le pré verdoyant
En légère robe d’été
Qui incite au péché.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Kendrick Sydney

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LES HOMMES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



LES HOMMES

Nous sommes arrivés très loin, très loin
pour entendre les orbites de pierre,
les yeux éteints qui continuent de regarder,
les grands visages en place pour l’éternité.

(Pablo Neruda)

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