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Posts Tagged ‘visage’

Courrier du coeur (Georges Sand)(Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017


 

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Cher ami,
Je suis toute émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre jour que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir ainsi
vous dévoiler, sans artifice, mon âme
toute nue, daignez me faire visite,
nous causerons et en amis franchement
je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde, comme la plus étroite
amitié, en un mot : la meilleure épouse
dont vous puissiez rêver. Puisque votre
âme est libre, pensez que l’abandon ou je
vis est bien long, bien dur et souvent bien
insupportable. Mon chagrin est trop
gros. Accourrez bien vite et venez me le
faire oublier. À vous je veux me sou-
mettre entièrement.
Votre poupée

(Georges Sand)

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cœur
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

(Alfred de Musset)

Cette insigne faveur que votre cour réclame
Nuit à ma renommée et répugne mon âme.

(Georges Sand)

 

 

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Au sourire donner un visage (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Au sourire donner un visage
à la tendresse sa floraison
à sa maison un regard

Sous un ciel de province
dans un jardin ancien
fleurir ses amours mortes

(Georges Bonnet)

 

 

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Où les couleurs sont-elles dès que la nuit y voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Où les couleurs sont-elles
dès que la nuit y voit
Le rouge étend ses ailes
sur le blanc mort de froid

et nul ne dit le nombre
des hivers écoulés

Sur des lèvres où sombre
un papillon gelé
c’est entre une ombre et l’ombre
tout un âge en allé

Le jour qu’un pas efface
sous un ciel fait d’un nom
n’est plus l’homme qui passe
craint l’ombre et s’y confond
mais l’aube sans visage
que son regard sera
dans la blancheur des pages
où la neige est l’image
d’amours qu’on ne voit pas

Sois moins triste on t’écoute
plaider tes maux d’enfant
à l’absente qui doute
du coquelicot blanc

Ton nom ce n’est personne
mais son propre secret
tout le noir qui pardonne
les bois dans un bouquet

Cueille une fleur de glace
de loin le froid se voit
ce qui brille où tu passes

Si ce n’était pas toi

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Comprendre (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Comprendre disaient-ils encore
la finesse des feuilles
pour apprendre le vent

La face cachée d’un visage
le bonheur des connivences

Le cheminement du sommeil
à l’approche de l’hiver

Puis des jardins sans âge
qui dorment avec l’été

(Georges Bonnet)

 

 

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On trouvait au jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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On trouvait au jardin trois ruches
sous les noisetiers au ras d’un escalier de pierre
l’eau claire d’un bassin
à la recherche d’un visage
Le matin une rosée maternelle
comme une main posée sur une autre main

L’agonie d’un rosier
sanglotée alentour
des outils amoncelés
qui ne vieillissent plus

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Le jour suit son cours (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Le jour suit son cours
lentement comme un visage
voyage en miroir

Comme un espoir
devient paysage

Comme le vent
devine un corps sous une robe
une fleur ancienne change de nom

(Georges Bonnet)

Illustration: Suzanne Boland Van De Weghe

 

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Paris at Night (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Paris at Night

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

(Jacques Prévert)

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Le cancre (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

(Jacques Prévert)

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A la pluie lente des attentes (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



A la pluie lente des attentes
A la musique des visages

A ce qui soudain se ferme dans un miroir
Ils étaient sensibles au courage des ombres
A la soif matinale des couleurs

Aux résonances sans attache
Au miracle de l’instant

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Plus près des Etoiles (Garcia)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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Ils ont quitté leurs terres
Leurs champs de fleurs
Et leurs livres sacrés
Traversés les rizières
Jusqu’au grand fleuve salé
Sans amour, sans un cri
Ils ont fermé leurs visages de miel
Les yeux mouillés de pluie
Les mains tendues vers le ciel

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Au pied des murs de pierres
Ils ont brûlé leurs dragons de papier
Refermés leurs paupières

Sur les chenilles d’acier
Eux qui croyaient vieillir
En regardant grandir leurs enfants
A l’ombre du sourire
Des Bouddhas de marbre blanc

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Ils parlent à demi-mots
A mi-chemin entre la vie et la mort
Et dans leurs yeux mi-clos
Le soleil, le soleil brille encore
Une île de lumière
Un cerf volant s’est posé sur la mer
Un vent de liberté
Trop loin, trop loin pour les emporter

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

(Garcia)

 

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