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Poésie

Posts Tagged ‘visage’

On trouvait au jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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On trouvait au jardin trois ruches
sous les noisetiers au ras d’un escalier de pierre
l’eau claire d’un bassin
à la recherche d’un visage
Le matin une rosée maternelle
comme une main posée sur une autre main

L’agonie d’un rosier
sanglotée alentour
des outils amoncelés
qui ne vieillissent plus

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Le jour suit son cours (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Le jour suit son cours
lentement comme un visage
voyage en miroir

Comme un espoir
devient paysage

Comme le vent
devine un corps sous une robe
une fleur ancienne change de nom

(Georges Bonnet)

Illustration: Suzanne Boland Van De Weghe

 

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Paris at Night (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Paris at Night

Trois allumettes, une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
et l’obscurité toute entière pour me rappeler tout cela
en te serrant dans mes bras.

(Jacques Prévert)

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Le cancre (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

(Jacques Prévert)

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A la pluie lente des attentes (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



A la pluie lente des attentes
A la musique des visages

A ce qui soudain se ferme dans un miroir
Ils étaient sensibles au courage des ombres
A la soif matinale des couleurs

Aux résonances sans attache
Au miracle de l’instant

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Plus près des Etoiles (Garcia)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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Ils ont quitté leurs terres
Leurs champs de fleurs
Et leurs livres sacrés
Traversés les rizières
Jusqu’au grand fleuve salé
Sans amour, sans un cri
Ils ont fermé leurs visages de miel
Les yeux mouillés de pluie
Les mains tendues vers le ciel

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Au pied des murs de pierres
Ils ont brûlé leurs dragons de papier
Refermés leurs paupières

Sur les chenilles d’acier
Eux qui croyaient vieillir
En regardant grandir leurs enfants
A l’ombre du sourire
Des Bouddhas de marbre blanc

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Ils parlent à demi-mots
A mi-chemin entre la vie et la mort
Et dans leurs yeux mi-clos
Le soleil, le soleil brille encore
Une île de lumière
Un cerf volant s’est posé sur la mer
Un vent de liberté
Trop loin, trop loin pour les emporter

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

Un peu plus près des étoiles
Au jardin de lumière et d’argent
Pour oublier les rivages brûlants
Un peu plus près des étoiles
A l’abri des colères du vent
A peine un peu plus libres qu’avant

(Garcia)

 

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L’HYMNE ETERNEL (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




L’HYMNE ETERNEL

Je te reconnaîtrai sans t’avoir jamais vue,
Car ton image est dans mes yeux
Semblable à ces reflets qu’on voit sur les lacs bleus
Et dont on cherche en vain les causes dans la nue.
Je te reconnaîtrai… Comment ? Je ne sais pas !
Peut-être à la beauté calme de ton visage,
Peut-être au bruit laissé par ta robe au passage,
Ou peut-être à l’empreinte de tes pas.
Es-tu reine ou bergère ?
Je ne sais pas… Je te vois à travers
Des rêves lumineux, vaporeuse et légère,
Telle, en mirage, une oasis dans mon désert.

Je t’emporterai loin, dans l’au-delà des choses
Où les heures s’en vont endormir leurs secrets,
Et parmi les odeurs et l’ombre des forêts
Je te ferai d’indicibles apothéoses.
Je te ferai des reposoirs
Avec les pins géants et les fleurs des bruyères,
Et dans le mystère ému des longs soirs,
Je laisserai vers toi s’exhaler ma prière.

Nos corps se dresseront dans leur double beauté
Comme un thyrse de chair. Le ciel diamanté,
Les yeux verts des étangs, l’extase des collines,
Regarderont passer notre double désir
Qui montera vers les splendeurs de l’avenir
Par les sentiers, par les rochers, par les ravines.
Nos esprits s’ouvriront au sens de l’infini.

Muables gouttes d’eau dans le gouffre immuable,
Nous essaierons de pénétrer l’éternité.
Atomes conscients devant l’immensité,
Nos cerveaux tenteront de sonder l’insondable.

Nous verrons que nos chairs, ces filles du passé,
Roulent depuis toujours dans le cycle des causes
Et que, plus tard encor, par les vents dispersé,
Notre couple vivra dans les parfums des roses,
Dans les plaintes des mers, dans les souffles des vents,
Dans les fruits, dans les blés, dans les chênes mouvants,
Au hasard des métamorphoses.

Nous verrons que notre âme est l’embryon de Dieu,
Un peu de la grande Aine éparse par le monde,
Qui, parmi l’inconnu de l’époque et du lieu,
Fait vivre le cosmos, le règle et le féconde,
Et que cette âme, accrue à nos gestes latents,
D’un plus puissant envol exaltera le temps
Qui sur nos faiblesses se fonde.

Nous concevrons l’ordre profond de l’univers
Notre corps aspirant à la beauté parfaite,
Notre esprit s’avançant vers l’ultime conquête
Par les chemins les plus divers.

Nous nous sentirons solidaires
Des siècles qui nous précédèrent
Comme de ceux qui nous suivront
Et levant alors notre front
Vers ce Dieu qui par nous incessamment se crée,
Nous chanterons l’hymne sacrée :

« Heureux les doux, heureux les bons, heureux les forts,
Heureux les justes !
Ceux qui mettent leur foi dans la pensée auguste,
Leur espérance dans l’effort !

Heureux ceux dont le coeur est pur et volontaire,
Ceux qui portent leurs jours comme des ciels d’été,
Ceux qui s’en vont chantant, ivres d’avoir capté
Les secrètes lois de la terre !
Heureux les simples qui, bravant les lendemains,
Tendent leurs bras vers les bras fous de l’aventure !
Heureux ceux dont le rêve ou le verbe ou les mains
Entent sur le passé les aurores futures ! »

Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.

Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Sabin Balasa

 

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Les forêts flambaient (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Les forêts flambaient —
mais eux
se nouaient les bras autour du cou
comme bouquets de roses

les gens couraient aux abris —
il disait que dans les cheveux de sa femme
on pouvait se cacher

blottis sous une couverture
ils murmuraient des mots impudiques
litanie des amoureux

Quand cela tourna très mal
ils se jetèrent dans les yeux de l’autre
et les fermèrent fort

si fort qu’ils ne sentirent pas le feu
qui gagnait les cils

hardis jusqu’à la fin
fidèles jusqu’à la fin
pareils jusqu’à la fin
comme deux gouttes
arrêtées au bord du visage

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ethan Cranke

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FÊTE AU VILLAGE (André Lartigue)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



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FÊTE AU VILLAGE

Mon malheur est si grand
Que le creux de mes mains

Ne peut le contenir
Quand il se fait nocturne

Dangereuse moisson
Du plus cruel été

Mon amour a perdu
Ses dimensions terrestres

Et je ne sais plus rien
De la proche saison

Je cherche ton visage
En plein coeur de la fête

Mais la maison est froide
Et la pluie orgueilleuse

J’ai perdu de mes mots
Le sens approfondi

Et que craindre à présent
De ce jour qui déteint

Je n’attends plus personne
Au plus haut du village

Il faut taire la voix
Pour prolonger le coeur

Et ne pas déranger
Les miracles possibles

Toi qui connais par coeur
Le mot de notre nuit

(André Lartigue)

Illustration:  Annick Couëdel

 

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SENS INTERDIT (André Lartigue)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



coeur

SENS INTERDIT

Défense de cueillir
Des mains évanouies

Le germe de vos vies
S’attarde pour mûrir

La sève de vos pas
Profite des chemins

Ne vous y trompez pas
Trouvez-y votre gloire

La terre a du soleil
Plein ses bras éclatés

Il ne faut-pas fermer
Les portes de vos villes

Vos voix y trouveront
D’autres voix étonnées

Il ne faut pas ternir
Le nom des capitales

Les fleuves vous diront
Ce qui vit sur leurs rives

N’oubliez pas vos mains
N’oubliez pas vos yeux

Le soir viendra trop tôt
Où vous ne pourrez plus

De visages connus
Sentir l’exactitude

Sous la poussée des doigts

(André Lartigue)

 

 

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