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Posts Tagged ‘visiteur’

Écrit sur la cellule d’un bonze (Wang Tch’ang-Ling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Écrit sur la cellule d’un bonze

Les fleurs de palmier couvrent la cour,
La mousse envahit la cellule solitaire.

L’hôte et le visiteur
ayant échangé des paroles sublimes
se taisent.

Dans l’air,
on sent flotter un parfum inconnu.

(Wang Tch’ang-Ling)

 

 

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Toi aussi, tu croyais aux anges (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019



Illustration: Diane Maizel 
    

Toi aussi, tu croyais
aux anges, autrefois,
tu guettais leur passage
à l’orée du sommeil,

tu respectais leurs
fatigues, tu ne les
interrogeais pas si
dans leurs yeux ne

brillait pas la beauté
du monde — ils étaient
ces visiteurs qui
te donnaient la main,

et qui, proches des rêves
que tu ne fais plus,
te promettaient de

tromper ta solitude
avec les murmures venus
des entrailles du ciel.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

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Je vis tranquille (Natsumi Sôzeki)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018




    
Je vis tranquille, sans que vienne un visiteur,
Assis tout seul à l’aise dans mon ample habit.
Et voilà que je comprends le vent printanier,
Venu souffler parmi bambous et orchidées.

(Natsumi Sôzeki)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Alain-Louis Cola
Editions: Le bruit du Temps

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Écoute frémir (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Mario Sanchez Nevado Finding-by-Mario-Sanchez-Nevado [1280x768]

Écoute frémir
le visiteur
qui jamais ne vient

(Zéno Bianu)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

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La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

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Retouche à l’école (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



 

retouche à l’école

du haut de la colline
le cimetière est une page d’écriture
aux lignes bien tirées

étrangers, visiteurs, gens d’ici
en font même lecture

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Il attendait les grandes blessures (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Euan Macleod _bird_figure

Il attendait les grandes blessures
qui viennent des mers souterraines
les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod

 

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Peut-être (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration
    
Peut-être

Peut-être
Lorsque mon dernier jour viendra,
Peut-être
Qu’à ma fenêtre,
Ne fût-ce qu’un instant,
Un soleil frêle et tremblotant
Se penchera.

Mes mains alors, mes pauvres mains décolorées
Seront quand même encore par sa gloire dorées ;
Il glissera son baiser lent, clair et profond
Une dernière fois, sur ma bouche et mon front,
Et les fleurs de mes yeux, pâles, mais encore fières
Avant de se fermer lui rendront sa lumière.

Soleil, ai-je adoré ta force et ta clarté !
Mon art torride et doux, de son geste suprême,
T’a retenu captif au cœur de mes poèmes ;
Comme un champ de blé mûr qui houle au vent d’été,
Telle page t’anime et t’exalte en mes livres,
Ô toi, soleil qui fais éclore et qui délivres,
Ô toi, l’immense ami dont l’orgueil a besoin,
Fais qu’à cette heure grave, impérieuse et neuve
Où mon vieux cœur humain sera lourd sous l’épreuve,
Tu sois encore son visiteur et son témoin.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Le Visiteur nocturne (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

solitude

Le Visiteur nocturne

C’était l’automne, la nuit.
Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois,et miaulait le long des bergeries,
comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons.

La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière,
et comme irritée de la trouver fermée.
Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves,
ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ;
et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais.

Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde.
Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre.
J’entendis bien distinctement frapper à ma porte.
J’ouvris, et je ne vis personne.
Je me remis à ma place et je repris ma plume.
Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré,
un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie,
qui venait voir si j’étais tranquille,
ou si je pensais à lui : c’était le chagrin.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Quercia

 

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