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Poésie

Posts Tagged ‘visiteur’

Retouche à l’école (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



 

retouche à l’école

du haut de la colline
le cimetière est une page d’écriture
aux lignes bien tirées

étrangers, visiteurs, gens d’ici
en font même lecture

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Il attendait les grandes blessures (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2018



 

Euan Macleod _bird_figure

Il attendait les grandes blessures
qui viennent des mers souterraines
les grandes blessures de la joie
qui voit se fendre le désert
pour la venue du visiteur…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod

 

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Peut-être (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration
    
Peut-être

Peut-être
Lorsque mon dernier jour viendra,
Peut-être
Qu’à ma fenêtre,
Ne fût-ce qu’un instant,
Un soleil frêle et tremblotant
Se penchera.

Mes mains alors, mes pauvres mains décolorées
Seront quand même encore par sa gloire dorées ;
Il glissera son baiser lent, clair et profond
Une dernière fois, sur ma bouche et mon front,
Et les fleurs de mes yeux, pâles, mais encore fières
Avant de se fermer lui rendront sa lumière.

Soleil, ai-je adoré ta force et ta clarté !
Mon art torride et doux, de son geste suprême,
T’a retenu captif au cœur de mes poèmes ;
Comme un champ de blé mûr qui houle au vent d’été,
Telle page t’anime et t’exalte en mes livres,
Ô toi, soleil qui fais éclore et qui délivres,
Ô toi, l’immense ami dont l’orgueil a besoin,
Fais qu’à cette heure grave, impérieuse et neuve
Où mon vieux cœur humain sera lourd sous l’épreuve,
Tu sois encore son visiteur et son témoin.

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Le Visiteur nocturne (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



 

solitude

Le Visiteur nocturne

C’était l’automne, la nuit.
Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois,et miaulait le long des bergeries,
comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons.

La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière,
et comme irritée de la trouver fermée.
Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves,
ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ;
et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais.

Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde.
Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre.
J’entendis bien distinctement frapper à ma porte.
J’ouvris, et je ne vis personne.
Je me remis à ma place et je repris ma plume.
Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré,
un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie,
qui venait voir si j’étais tranquille,
ou si je pensais à lui : c’était le chagrin.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Quercia

 

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ORDINAIRE D’UN BAGNE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

ORDINAIRE D’UN BAGNE

Autrefois l’homme conversait
avec des bêtes fabuleuses,
regardait en face les dieux
et les mythes étaient dociles.

L’or et la foudre lui parlaient
un langage compréhensible.
L’odeur du sol après la pluie
ne l’emplissait pas de luxure.

La nourriture, les présages,
se partageaient les animaux,
et la mort se rangeait au nombre
des exigences domestiques.

Mais maintenant si le vent souffle
ou si les ombres de la rue
ne sont pas celles attendues
par la mémoire quotidienne,

Si les portes battent sans bruit
sur d’invisibles visiteurs,
ce sont des imaginations
insensibles à la tendresse
qui nous entourent et nous pressent
et nous condamnent sur les murs.

(Axel Toursky)

Illustration: Roger Vandersteene

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Qu’il vienne donc le visiteur (Izumi Shikibu)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Qu’il vienne donc le visiteur,
écartant les herbes d’été
poussant à leur gré
dans tout le jardin

(Izumi Shikibu)

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Le visiteur (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
Le visiteur

Il arriva. Il salua,
Ses fleurs à la main.

Je serai couché là
Dit l’enfant. Mais quand ?

Il les déposa. Resta.
Il dit, je reviendrai.

Il dit, de la maison
Non il n’y a pas loin.

Il revint, en redéposa.
Revint. En redéposa.

Il dit : toute la nuit
Qui me tiendra compagnie ?

Il se regarda autour.
Il dit : ces fleurs.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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UN CHEMIN DE SEL PUR (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Margarita Sikorskaia   (34)

UN CHEMIN DE SEL PUR

Je déchire la table et j’insulte
le visiteur invisible et l’ami
qui ne vient jamais.
Se concertent hors de ma vue
bouteilles, chaises, oeufs.
Je dors,
un ail sous chaque aisselle.
Et le visage pur.

L’ombre du sang,
sur la vitre complice,
amène un fouillis noir d’épines.
Je dessine avec le givre
le drapeau de la révolution,
lumineux et léger.
Abondent victuailles, laines,
et soleils et sommeils.
Dans ma bouche
un chemin prend naissance,
que je ne pourrai suivre.

Je croyais saisir un arbre,
engloutir un feuillage,
caresser des racines.
Je croyais à cette ombre
que partageait le jour.
Gorge sèche des corneilles.
Douleur à peine vive.
Couleur avide et mortelle.

Vif. Indéfinissable.
Chaque pierre t’aime,
et chaque arbre,
dieu bleu qui m’entoure
doucement de tes palabres.
Tes cheveux noirs engloutissent
l’eau pauvre et glacée.
Rivière où je perds la raison.

(Jacques Izoard)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Elle,enjambant mon giron (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
elle,enjambant mon giron,
s’enclenche(et je suçote chaque ardent téton)
et,s’enfonçant,avec tout le doigté fait pour
l’affamé Visiteur guide les lèvres d’amour
Qui(alors que maintenant elle s’assoit,
de presque en presque accordant son doux poids)
Oh,comme embrassent ces chauds cuissots juteux!
et(d’instant en instant profond)ses yeux
contemplent,à peine vivant,ce magique Festin
goulûment disparaissant moins après moins—
au fond de quel hôte palpitant de vertige
(vif pouce à pouce)se pâme dur l’énorme Convive!
(quand nos ventres se pressant rêvent)pour
qu’invisibles riment les pires secrets de l’amour.

***

she,straddling my lap,
hinges(wherewith I tongue each eager pap)
and,reaching down,by merely fingertips
the hungry Visitor steers to love’s lips
Whom(justly as she now begins to sit,
almost by almost giving her sweet weight)
O,how those hot thighs juicily embrace!
and(instant by deep instant)as her face
watches,scarcely alive,that magic Feast
greedily disappearing least by least—
through what a dizzily palpitating host
(sharp inch by inch)swoons sternly my huge Guest!
until(quite when our touching bellies dream)
unvisibly love’s furthest secrets rhyme.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Les pivoines (Buson)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2018



 

Les pivoines

entre les vagues de visiteurs
silencieuses
les pivoines

(Buson)

Illustration: Katsushika Hokusai

 

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