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Posts Tagged ‘visqueux’

Kasbah (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Ruelle-de-la-casbah-

Kasbah :
Il arrive toujours un moment où l’on se sépare de soi.
Petit feu de charbon qui pétille
au milieu d’une ruelle visqueuse et obscure.

(Albert Camus)

 Illustration

 

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NUIT INFERNALE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018



Illustration: John Henry Fuseli
    
NUIT INFERNALE

Quelque chose d’horriblement froid tombe sur mes épaules.
Quelque chose de gluant s’attache à mon cou.
Une voix vient du ciel qui crie :
«Monstre ! » sans que je sache si c’est de moi et de mes vices qu’il s’agit
ou si l’on m’indique d’ailleurs l’être visqueux qui s’attache à moi.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    

Damas accuse Washington de mentir
Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les prochaines élections s’annoncent plus difficiles que les précédentes
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente

Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les mois d’été bouillent dans le désespoir
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente
dans le noir visqueux de l’encre de seiche

Les mois d’été bouillent dans le désespoir
On recherche la nouvelle Vénus
dans le noir visqueux de l’encre de seiche
où surnage un tentacule

On recherche la nouvelle Vénus
dans les eaux roses du crépuscule
où surnage un tentacule
au large de la baie de Tunis

(Aya Cheddadi)

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je m’ennuie (Iggy Pop)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



024 - Le Consommateur Moderne - 1993 100 x 81 - Acrylique sur toile 

Je m’ennuie

Je suis le président de l’ennui,
Je suis un long monologue
Je suis living comme un chien

Je m’ennuie

Je portais moi-même pour dormir la nuit
Je me suis porté en plein jour coz

Je m’ennuie
Juste un autre trou visqueux

Je suis libre de mes portait bien acheté amis
Et de passer mon argent jusqu’à ce que le coz fin

Je m’ennuie
Je m’ennuie

Je suis le président du conseil d’administration

Je suis malade
J’en ai marre de tous mes coups de pied
J’en ai marre de tous les macchabées
J’en ai marre de toutes les trempettes

Je m’ennuie

Je portais moi-même pour dormir la nuit
Je me suis porté en plein jour coz

Je m’ennuie
Je m’ennuie

Juste un autre sale trou

Tous droits de poupée visage
Venez et m’ennuient

Je suis malade
J’en ai marre de tous mes coups de pied
J’en ai marre de tous les macchabées
J’en ai marre de toutes les trempettes

Je suis malade

Je suis malade quand je vais dormir la nuit
Je suis toujours malade en plein jour coz

Je m’ennuie
Je m’ennuie

Je suis le président de …
l’ENNUI!

***

I’m bored

I’m the chairman of the bored,
I’m a lengthy monologue
I’m livin’ like a dog

I’m bored

I bore myself to sleep at night
I bore myself in broad daylight coz

I’m bored
Just another slimy bore

I’m free to bore my well-bought friends
And spend my cash until the end coz

I’m bored
I’m bored

I’m the chairman of the board

I’m sick
I’m sick of all my kicks
I’m sick of all the stiffs
I’m sick of all the dips

I’m bored

I bore myself to sleep at night
I bore myself in broad daylight coz

I’m bored
I’m bored

Just another dirty bore

All right doll-face
Come on and bore me

I’m sick
I’m sick of all my kicks
I’m sick of all the stiffs
I’m sick of all the dips

I’m sick

I’m sick when I go to sleep at night
I’m still sick in the broad daylight coz

I’m bored
I’m bored

I’m the chairman of the …

BORED!

(Iggy Pop)

Illustration: Alain Chayer 

 

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CE QUE PEUT ETRE L’AMOUR (Emilio Ballagas)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



Oleg  Zhivetin(42) [800x600]

CE QUE PEUT ETRE L’AMOUR

I
Car l’amour n’est pas cette chose triste
mais lumière, lumière jusqu’à nous aveugler
d’une autre lumière où danse le sang
soulevé dans les voiles les plus rapides
ou sur des ailes légères
au-dessus de la terre tout entière amoureuse.

C’est ce qu’il devrait être et non le reste.
Car l’amour n’est pas cette chose triste,
ce pâle hurlement
de faméliques loups égarés,
ou de chiens
apprenant à devenir des loups.
Cette carpe défunte, visqueuse, irrespirable,
morte pesamment parmi les mouches,
souillée par la terre du rivage.
Ce n’est pas cette douleur sale des jours
où glisse lentement la fine bruine
pareille à un pleur de pupilles aveugles,
aveugles pupilles, purulentes plaies,
moignon sanguinolent de regards
où la lumière stagne, où vainement
appellent à grands coups le soleil, les roses, les parfums…
(Yeux inhabités par la gloire, yeux sans lumière,
comme les âmes humides
qui jouent à l’amour et le profanent).
Non, ce n’est pas cette bruine
qui met dans l’air des toiles d’araignées et une aigre poussière,
une boue à peine boueuse sur les souliers ;
une eau souillée qui n’est pas même fange.
(Une guêpe en travers de la gorge !)

Car l’amour, ô mon Dieu, n’est pas la bruine
mais une blanche pluie dévastatrice.
Eclairs et rafales.
Vivant royaume de l’eau !
Car l’amour est autre chose : un Fleuve.
Une dormeuse plage soupirante
où s’ébauchent des corps qui respirent
sous leur drap de sable blanc.
Marées qui soutiennent la joie
flottant aux cimes de l’azur, au coeur de la lumière,
resplendissante mer, ciel marin
où de cythéréennes îles
de nuages extasiés
rêvent d’être éternelles cependant qu’elles meurent
évanouies, lentement, dans la brise.

Car l’amour est comme un grand cheval
d’épées à la crinière de diamant.
Une haute flamme, une colonne
de feu ; un arc en ciel
triomphal pour que garçons et filles
défilent en se tenant enlacés par la taille.
L’amour est un arbre en quiétude sacrée
sous la lourdeur de ses fruits chastes
avec le poids secret de leur saveur parmi les feuilles.
Leur trône auguste de douceur.

II
Car l’amour est ceci, ceci, ceci :
la lumière glorieuse sur les saintes bêtes de la terre.
Un oiseau qui picore un fruit mûr
et le blesse de jouissance et le pénètre
du doux chant silencieux
de son léger bec sucré.

Car l’amour est hyménée. Est chant.
Voix perpendiculaire de ciel à ciel ;
l’horizontale du lit, les chambres nuptiales
tièdement éclairées par les baisers ;
harpes de feu, cithares d’eau.
Et au milieu de son peuple
le Seigneur qui change l’eau en vin.
Il est ceci et non cela. Une rose
qui dort entre les dents…

Car l’amour, bien peu le savent ;
tous croient ale savoir. Et nul ne sait.
Il est ceci et non un sifflement de serpent pourri
avec un chien d’opium dans le regard.

Il n’est point l’haleine répugnante à travers le judas,
sinistre célestinage d’entresol
où officie une larve détruite.
Pleur d’une lampe triste qui dans sa propre lascivité se consume,
pleur d’un robinet brisé,
et belettes qui se cachent du soleil.
Non, il n’est pas ceci, pas ces couloirs
obscurs fréquentés par les rats.

Car l’amour n’est pas cette chose immonde,
chair opaque et dents effilées,
mensonge magique et fleur de chiffon
se pavanant sur une tige en fil de fer.
Ce n’est pas cette fausse pierre, cette vitreuse
sollicitude de bave ou de cendre.

Car l’amour n’est pas un souffle impur
derrière un rideau empoisonné.
Argent sinistre et venimeuse lèvre,
sorcière et renard à la fois.

Un arbre de misère et de cachette
gonfle ces fruits et les nourrit
de sa saveur de lèpre et de vieux coussin.

Oiseaux du ciel et hommes de la terre,
passez loin de la haine de ses branches !
Ne buvez pas à la fontaine de vitriol
qui coule dessous son tronc amer.

III
L’amour peut être douleur d’un homme
qui, tel le publicain, baisse le front
et déchire son coeur sans qu’on le regarde
et demande à Dieu pardon s’il le trahit.
Car l’amour aussi est chose très humble,
un digne pleur, un pleur silencieux
et une épée de lumière qui nous transperce.
Parler aux étoiles et nous battre
la poitrine devant la nuit désolée.
Car l’amour Amour est l’oubli de soi ;
l’abandon du « moi » pour le laisser
vivre, comme au fond d’un miroir,
en un autre être, en un « toi » transparent.

Mais l’amour : comment dirai-je ce qu’il est ?
Il est la simple cour de ma maison, mon enfance,
mon adolescence pâle
l’oranger fleuri, le jeune cerf
ligoté que l’on nous apporta un soir
et qui mourut sans avoir ses forêts dans les yeux.
Il est la conversation des aïeules
assises dans leurs sièges.
pénélopes domestiques qui jamais n’achevaient leur ouvrage.
Mais l’amour : comment est-il donc, mon Dieu ?
L’aurais-je oublié ? Ne l’ai-je jamais su ?
C’est poser ses pieds fermement sur la terre
comblée d’oranges et de fleurs
et toucher du front le ciel limpide
et marcher sans le vent des paroles.

IV
Car l’amour, c’est écarter les créatures
près desquelles la pâle Mort
veille en leur déniant la beauté…
Et toi, Père, tu cherches ma blessure
pour l’ensemencer de Paradis.
L’Amour c’est toi qui me détournes
de tout ce qui est Mort et raison de Mort
et mort sans raison jusqu’à la mort.
Amour, Amour, qui me plonge en la mort.
Renoncer. N’être pas prisonnier des choses.
Se délier du piège mortel des créatures.
Mais l’amour c’est tout se dépouiller
comme les couples qui se couchent
dans la nuit accablée. Et le divin
amour c’est se dépouiller même de son corps:
l’oublier avant que lui n’oublie,
terre à terre dans la poussière de la terre.

Que l’Amour c’est Toi, je le savais
en venant à la vie : l’ai-je oublié ?
C’est se livrer et tout se retrouver
tout l’Amour en Toi et en Toi se perdre
pour se trouver un jour avec Toi dans ta Demeure.

***

Porque el amor no es cosa triste
sino la luz, la luz hasta cegarnos
en otra luz en que la sangre danza
levantada en las velas más veloces
o en flamígeras alas,
sobre la entera tierra enamorada.

Esto debiera ser y no lo otro.
Porque el amor no es esa cosa triste,
ese escuálido aullido
de famélicos lobos extraviados
o de perros
aprendices de lobos.
Esa carpa difunta, viscosa, irrespirable
pesadamente muerta entre las moscas,
manchada por la tierra de la orilla.
No es este dolor sucio de los días
en que resbala lenta la llovizna
igual que un lloro de pupilas ciegas,
ciegas pupilas, purulentas llagas,
muñón sanguinolento de miradas,
donde la luz se encharca o donde en vano
llaman golpeando el sol, las rosas, los colores…
(Ojos deshabitados de la gloria, ojos sin
luz como las almas húmedas,
que juegan al amor y lo profano.)
No, no es esa llovizna
que pone telarañas, polvo agrio en el aire
y un lodo apenas lodo en los zapatos;
agua manchada que no llega a cieno.
(Una avispa cruzada en la garganta.)

Porque el amor es esto, es esto, es esto:
la luz gloriosa sobre las santas bestias de la tierra,
un pájaro que pica una fruta madura
hiriéndola de gozo, penetrándola
del dulcísimo canto silencioso,
del leve pico azucarado.

Porque el amor es himeneo. Es canto;
voz perpendicular de cielo a cielo;
la horizontal del lecho, las cámaras nupciales
tibiamente alumbradas por los besos;
arpas de fuego, cítaras de agua.
Y en medio de su pueblo
el Señor convirtiendo el agua en vino.
Que es esto y no es aque!lo. Es una rosa
dormida entre los dientes…

Porque el amor. Muy pocos lo sabemos;
todos creen que lo saben. ¡Nadie sabe!
Es esto y no un silbido de serpiente podrida
con un perro de opio en la mirada.
No es el vaho asqueroso en la mirilla;
torvo celestinaje de entresuelo
donde oficia una larva destruida,
llanto de velón triste que en su propia
lascivia se consume,
llanto de grifo roto
y comadrejas que del sol se esconden.
No, no es eso, no es eso, pasadizos
oscuros por las ratas frecuentados.

Porque el amor no es esa cosa inmunda
de carne opaca y afilados dientes,
de mágica mentira y flor de trapo
pavoneándose en un tallo de alambre.
No es esa piedra falsa, esa vidriosa
solicitud de baba o de ceniza.

Porque el amor no es un resuello impuro
detrás de una cortina envenenada.
Torpe moneda, alacranado labio;
bruja y raposa a un tiempo.

Un árbol de miseria y escondrijo
cuaja esos frutos y los alimenta
de su sabor a lepra y cojín viejo.
¡Aves del cielo y hombres de la tierra!
Cruzad lejos del odio de sus ramas;
no abrevéis en la fuente de vitriolo
que corre bajo de su tronco negro.

(Emilio Ballagas)

 

 

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