Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vitrine’

Le violon (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




Dans la vitrine
qui suit il y a un violon
cassé,
mais foisonnant dans sa douceur
de soleil abandonné.
Il habite cette vitrine,
incompris
des souliers qui se sont accumulés
sur lui et des bouteilles
vides
qui ornent son repos

(Pablo Neruda)

Illustration

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DIMENSIONS DU REGARD (V) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
LES DIMENSIONS DU REGARD (V)

A la même heure dans toutes les villes
les femmes s’abreuvent longuement aux vitrines.
Elles ont du soleil jusqu’au fond de la gorge
avec des dents toujours plantées comme en plein fruit.

Elles sont pour les sens le seul objet
sur lequel ils s’exercent complètement.
C’est contre elles que la caresse perd son ombre,
que le corps de l’homme recouvre ses vraies dimensions.

Les passants entrent dans leur regard
sans y rester plus longtemps
qu’une forêt dans l’averse.

On les devine blanches sous leurs robes
comme les plantes vivant loin du jour
et elles peuvent ensoleiller toute une chambre
avec la seule clarté qui monte de leurs jambes.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je n’ai que mon désir (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
Je n’ai que mon désir pour te faire prisonnière
alors que je suis lié à tes paroles et à cet amour
n’ayant pour limites que celles que veut tracer la mort
devant chaque pas qui me conduit vers toi.

Tu jaillis de toute ta gorge dans mes rêves,
tout d’un coup riants comme un village d’été.
Je peux t’attendre ainsi des nuits entières
avec ton épaule ou même tes cils pour horizon.

Un peu de foudre veille à l’entrée de ta chair
vers laquelle je viens battre comme une lame de fond
et je n’ai de cesse que quand tu n’es plus pour moi
qu’un passage dans une terre douce à en mourir.

Là, le silence est transparent comme une vitrine
et, derrière, il n’y a rien que nous à la recherche
d’un univers où le dépaysement est tel
qu’à chaque minute nous redevenons un inconnu l’un pour l’autre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DIMENSIONS DU JOUR (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (IV)

Chaque jour à la même heure
tu t’abreuves longuement aux vitrines.
Tu peux garder tout le soleil sur tes seins
et il peut toucher tes dents comme un fruit.

Tu es pour mes sens le seul objet
sur lequel ils s’exercent complètement.
C’est contre toi que ma caresse devient tranchante
et que mon corps recouvre ses vraies dimensions.

Tu peux ensoleiller toute une chambre
avec la seule clarté qui bat sur ton ventre
au moment où plus rien ne te relie à la terre
qu’un baiser, qu’une étreinte, qu’un regard.

Pour te dépouiller de ta nudité,
pour que le plaisir te traverse dans toute ta longueur,
il faut mettre à jour les diamants que tu as sous la peau
et les tailler jusqu’à ce que le matin en jaillisse.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La peau est sur le sang (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La peau est sur le sang comme un papier
qui se déchire à la place des yeux
et l’on voit bien les grands fonds du regard
s’éclairer par moment d’un peu de feu.

C’est le même homme qui va de nuit en nuit
enfouissant sa tête dans le ciel bas.
Quand il se retourne, il trouve toujours
la même ombre qui enchaîne ses pas.

C’est le même homme que se renvoient
îes vitrines posées sur des fonds sous-marins.
C’est le même homme entouré de siècles
qui ne trouve plus de carrefours sur sa route.

La pluie tombe droite comme les moissons
et cherche un passage dans le vent dur.
Le jour naissant est si haut, si vide
qu’il n’y a plus qu’un homme sur la terre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je cherche ton regard (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Sukhorukikh    
    
Je cherche ton regard comme un aveugle
cherche le monde qu’il a perdu
ce grand regard qui venait vers moi
m’apporter celui de toutes les femmes.

Il était pour moi beau comme un de ces couchants
devant lesquels on s’arrête de respirer
et je ne voyais plus rien d’une terre
qui naissait de nos pieds pour rejoindre l’horizon.

Je ne retrouve plus ton corps dans mes mains
et pourtant elles l’ont tenu comme on tient
de hautes brassées d’herbes dans le soleil
au moment où la terre se roule dans l’été.

Je cherche ton corps au fond de mes nuits,
dans toutes les vitrines où il s’est miré.
Mais il ne reste rien de lui pas même ces cheveux
qui ont glissé comme un filet d’eau entre mes doigts.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Loin de tout ce qui vivote (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

Ernest Pignon-Ernest ..4d8

loin de tout ce qui vivote
de tout ce qui vitrifie
vivement la vivance
de tous les grands viviers
oui
vivement cette vie sans vitrine
cette vie sans visière
cette vie sans venin ni verdict
cette vie sans verrou

(Zéno Bianu)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Poète (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Le Poète

Celui qui s’en allait
Celui qu’on retrouvait tous les soirs sur les quais
Dans les désordres du langage
Celui qui n’avait plus que sa joie pour bagage
Et dont l’astre brûlait les registres du port
Celui qui s’engouffrait dans les voiles du sort

Tournant vers le matin ses paumes lumineuses
Celui se se gardait une fin bienheureuse
En répondant au nom de tous les condamnés
Il est là maintenant
Son coeur est désarmé
Tandis que le soleil encombre les vitrines
Il sort de longs couteaux rouillés de sa poitrine

Penché sur l’horizon réduit du bastingage
Il regarde
Il n’a plus les ferveurs de son âge
Il ne renverse plus le monde en se levant
Tout est loin dans la rogue épaisse du levant

Pour retrouver l’éclat des santés
La jeunesse
Et le grand large avec ses marées de tendresse
La bonne odeur du jour
Il tend les bras
Il est certain de son amour.

(René-Guy Cadou)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Comme Feuilles – Il Se déplie – Et puis – Il se referme – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Comme Feuilles – Il Se déplie –
Et puis – Il se referme –
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or –

Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose –
Et puis il ne fait Rien –
Puis plus loin sur un Foc – Se pose –

Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu –
Entre – revenir Ici-bas –
Ou migrer vers la Lune –

De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit –
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire –
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour –

Où le Gel – étreindra le Monde –
Des Vitrines – le montrent –
Un Sépulcre en curieuse Soie floche –
Une Abbaye – un Cocon –

***

He parts Himself- like Leaves –
And then – He closes up –
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup –

And then He runs against
And oversets a Rose –
And then does Nothing –
Then away opon a Jib – He goes –

And dangles like a Mote
Suspended in the Noon –
Uncertain – to return Below –
Or settle in the Moon –

What come of Him at Night –
The privilege to say
Be limited by Ignorance –
What come of Him – That Day

The Frost – possess the World –
In Cabinets – be shown –
A Sepulchre of quaintest Floss –
An Abbey – a Cocoon –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’une promenade ordinaire le dimanche (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



bouts-de-bois-800x600

D’une promenade ordinaire le dimanche
il ne reste parfois
posée contre un mur
qu’une vitre brisée en araignée
des brindilles de bois mort
dans les rides d’un fossé
A la sortie de la ville
des pierres sans demeure
près d’un cimetière juste né

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :