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Poésie

Posts Tagged ‘vivant’

Voletant ça et là (Sonoko Nakamura)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2023




    
Voletant ça et là,
des lucioles
ou des âmes vivantes ?

***

(Sonoko Nakamura)

 

Recueil: Haïjins japonais
Traduction: Dominique Chipot & Makoto Kemmoku
Editions: Points

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Trouve l’Amour de tous les commencements (Dîn Doyal)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2023



    

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le,
Alors chaque jour est émotion durable
Jamais ne se rompra le commencement.
Si le doux sage joue, subtil, du Plein Amour,
Pierre précieuse,
Lotus flottant sur le lac,
Alors la lune s’élève dans le ciel bleu,
L’étoile accrochée,
Les deux prises l’une à l’autre ;
Deux lettres enlacées pour être,
Trois pour le rituel,
L’extase portée vers.

L’Amour agit
Si tu sais mourir vivant à l’Amour,
Immortel tu deviendras dans le monde mortel

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le.

(Dîn Doyal)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien ne cesse (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023



Illustration  
    
Rien ne cesse rien n’est les morts ne sont pas morts
Les vivants s’imaginent vivre
Un acte continue où l’on ne peut le suivre
Rien n’est dedans rien n’est dehors.

Rien ne pèse tout pèse et notre marche lourde
Est légère dans le sommeil
Aveugles sont nos yeux et nos oreilles sourdes
Dans un monde au rêve pareil.

D’autres formes sont là que jadis accumule
Avec celles du lendemain
Et ce que notre temps par un mensonge annule
Reste dans son avare main.

Tout combine un seul bloc que le temps nous débite
Peu à peu morceau par morceau.
Le bâton se brise dans l’eau
Et l’immobilité se vante d’aller vite.

Or parfois dans le rêve ou par quelque ressort
Qui l’étrange machine embrouille
L’invisibilité de sa cachette sort
Comme la Vénus d’une fouille.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Clair-obscur
Traduction:
Editions: Points

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Je suis vivant (Varlam Chalamov)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2022



Illustration
    
Je suis vivant, pas avec mon pain
Mais au froid, le matin,
Quand d’un coin de ciel glacial
Comme dans une rivière je me rafraîchis.

(Varlam Chalamov)

 

Recueil: Cahiers de La Kolyma
Traduction: du russe par Christian Mouze
Editions: Maurice Nadeau

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De chaque heure même la plus fragile (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2022




Illustration: ArbreaPhotos     

De chaque heure
même la plus fragile
nous exigerons sa flamme
sa crête de lumière
un silence qui renoue
une parole ouverte par sa soif
le refus d’être accoutré de soi

de chaque heure sa rivière
mais il n’est de chant
que si l’oreille le veut
mais il n’est de profondeur
que si l’oeil résiste

de chaque heure nous visiterons l’envers
où l’âme peau sensible
à la lente respiration des arbres
enfin respire

longue joie rare et dense
dans l’instant
entre les mains

dont nous revenons vivants

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Là où dansent les Éphémères 108 poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Pour mon enterrement (Miu Xi)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Pour mon enterrement

De mon vivant, j’arpentais les rues de la capitale,
Dans ma mort, me voilà confondu au sein des plaines.
À l’aube, mes pas vifs résonnaient dans le grand hall du palais
À l’ombre, je loge désormais auprès des sources jaunes.
Un soleil blanc se dépose dans le Golfe de Yu
Son char d’or à l’arrêt, ses coursiers au repos.
Le dieu, dans sa gloire céleste,
Ne pourrait-il restaurer mon unité perdue ?
Corps et visage lentement décomposés,
Dents et cheveux dispersés au loin.
Voilà le chemin des hommes et toute chose ;
Qui saurait en rompre la trame de bronze ?

(Miu Xi)

(186-245)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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La confiance (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



La confiance est la matière première de celui qui regarde :
c’est en elle que grandit la lumière.

La confiance est la capacité enfantine
d’aller vers ce que l’on ne connaît pas
comme si on le reconnaissait.

« Tu viens d’apparaître devant moi
et je sais qu’aucun mal ne peut me venir de toi puisque je t’aime,
et c’est comme si je t’aimais depuis toujours. »

La confiance est cette racine minuscule
par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie
— avec les autres hommes, les autres femmes,
comme avec l’air qui baigne la terre
ou le silence qui creuse un ciel.

Sans confiance, plus de lien et plus de jour.
Sans elle, rien.

(Christian Bobin)

 

 

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Donne-moi quelque chose qui ne meure pas (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022



Donne-moi quelque chose qui ne meure pas

La confiance est la matière première de celui qui regarde :
c’est en elle que grandit la lumière.

La confiance est la capacité enfantine
d’aller vers ce que l’on ne connaît pas
comme si on le reconnaissait.

« Tu viens d’apparaître devant moi
et je sais qu’aucun mal ne peut me venir de toi puisque je t’aime,
et c’est comme si je t’aimais depuis toujours. »

La confiance est cette racine minuscule
par laquelle le vivant entre en résonance avec toute la vie
– avec les autres hommes, les autres femmes,
comme avec l’air qui baigne la terre ou le silence qui creuse un ciel.

Sans confiance, plus de lien et plus de jour.
Sans elle, rien. »

(Christian Bobin)

Illustration: Édouard Boubat

 

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Personne ne sait grand-chose (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Les morts ne savent pas qu’ils sont morts,
pas plus que les vivants ne savent qu’ils sont vivants.
Personne ne sait grand-chose.
Des yeux brûlent dans le noir.
Ils essaient d’attirer notre attention.

(Christian Bobin)

 

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Toutes les fleurs se ruent vers nous (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Toutes les fleurs se ruent vers nous
en nous léguant de leur vivant
leur couleur et leur innocence.
Les contempler mène à la vie parfaite

(Christian Bobin)

 

 

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