Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vivante’

Cette main vivante (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Cette main vivante, chaude maintenant et capable
D’ardente étreinte, viendrait, si elle était froide
Dans le silence glacial du tombeau
Tellement hanter tes jours et transir les rêves de tes nuits,
Que tu voudrais épuiser tout le sang de ton coeur
Pour qu’en mes veines la vie rouge puisse à nouveau couler,
Pour être en paix, alors, avec ta conscience. Regarde !
la voici !
Je la tends vers toi !

(John Keats)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comme une branche d’aubépine (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Comme une branche d’aubépine
Dans la fontaine des scintillements
Elle est tombée dans mes pensées,
Cette parole qu’en tressaillant
Sa bouche divine
A prononcée,
Et qu’à mon tour je te redis.

Comme une branche en fleur détachée
De la cime du paradis.

Et la voici, vierge encore, enchantée,
Sans qu’une fleur en ait péri,
Vivante, rajeunie, toute diamantée.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

On retrouva la poupée (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



entre les racines noires
sous les frondaisons du chêne
on avait creusé le trou,
après l’envolée du toit
on retrouva la poupée
vivante mais décoiffée

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Ma morte vivante (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Ma morte vivante

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

(Paul Eluard)

Illustration: Ernest Biéler

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Si je ne suis plus vivante (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



Si je ne suis plus vivante
Au retour des Rouges-Gorges,
Donne à l’Etranglé de Rouge,
Une miette au Mémorial.

Si je ne puis te dire merci,
A cause d’un sommeil profond,
Sache au moins que j’essaie
De mes lèvres de Granit!

(Emily Dickinson)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rêve, ombre d’espoir et de peur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Rêve, ombre d’espoir et de peur,
Présage secret, guide
De toutes les âmes, vivantes ou mortes,
Quel est le fil qui se déroule et s’enroule
Sinon le désir du coeur?

***

Dream, shadow of hope and fear,
Secret foreshadower, guide
Of all souls, living and dead,
What the unwinding and inwinding thread
But heart’s desire ?

(Kathleen Raine)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DES MOUCHES (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




DES MOUCHES-

Mais ce que je vois
En éclairs sous les feuilles
Alors que le soleil radieux du matin emplit le sycomore
Est un vol
De minuscules météores, rayons
En une transmutation vivante de lumière.

***

FLIES-

But what I see
Flashing under leaves
As morning sunbeams fill the sycamore tree
Is flight
Of minute meteors, rays
In living transmutation of light.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Tu riras (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




Tu riras d’avoir eu faim
Tu te moqueras du besoin
Et de la satisfaction,

Tu riras du froid et du chaud
Tu riras d’avoir ri et pleuré
Tu souriras d’avoir aimé,

Tu t’amuseras d’avoir été vivante.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

La maison serait pleine de roses et de guêpes (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



La maison serait pleine de roses et de guêpes.
On y entendrait, l’après-midi, sonner les vêpres;
et les raisins couleur de pierre transparente
sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.
Comme je t’y aimerais! Je te donne tout mon coeur
qui a vingt-quatre ans, et mon esprit moqueur,
mon orgueil et ma poésie de roses blanches;
et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes pas.
Je sais seulement que, si tu étais vivante,
et si tu étais comme moi au fond de la prairie,
nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,
près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.
On n’entendrait que la chaleur du soleil.
Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,
puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,
pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire;
et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,
le goût des raisins blonds, des roses rouges et des guêpes.

(Francis Jammes)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

ETERNEL ET PERISSABLE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Jean-Pierre Augier_les vieux assis [1280x768]

ETERNEL ET PERISSABLE

Nous étions sur le balcon, la nuit tombait.
— ce que la lumière et le jour n’avaient fait —
l’ombre dessinait lentement ton visage
et tes paroles à la tristesse sage.

Comme sous la main d’un artiste et d’un maître
on voit des détails, l’essentiel apparaître,
hors du temps surgit ton image éternelle
rapidement tes paroles te modèlent

L’oeuvre a triomphé de l’ombre et du déclin
tableau de Rembrandt, peut-être du Titien
parfaite et si pure — immortelle, immuable.

Mais j’eus peur de l’oeuvre où tu ne peux vieillir,
pour me rassurer, mes doigts ont dû saisir
tendrement ta main vivante et périssable.

(Gyula Illyès)

Illustration: Jean-Pierre Augier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :