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Poésie

Posts Tagged ‘vivier’

Mouvante place des hommes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Mouvante place des hommes

Où sommes-nous ?

Dans la tempérance d’une rivière
Dans la démesure des torrents

Dans le compas de l’oeil
Dans les brumes de la chair

Dans l’attelage des monstres
Dans les mains sans épine

Dans les nasses du doute
Dans la force des granges

Dans l’angoisse qui mobilise
Dans la peur qui engloutit

Dans le foisonnement du corps
vivier qui fonde l’esprit

Dans le songe insulaire
Dans le rêve faiseur d’hommes

Dans la dissolution des mots
Dans le tissu de la parole

Dans les randonnées du sang
Dans la réunion du coeur ?

Où sommes-nous ?

Où aucun ciel ne peut prétendre !

(Andrée Chedid)


Illustration: Maryse Casol

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PAR LA ROSERAIE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



PAR LA ROSERAIE

Par la roseraie éclose,
Par la saulaie apâlie,
Au bord des viviers, sous l’aurore rose,
Au long des étangs où le roseau plie,
Au son d’une chanson trillée,
Jusqu’à la plaine ensoleillée!

Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent vertes ou rousses,
Oscillantes sans secousses,
Au cours de la rivière lente
Des herbes traînent au long des mousses.

Nul bruit qu’un roulement lointain de chariot,
Nulle crainte que d’un rêve interrompu;
Et nul regret de ce que l’on n’a pu
— Un roulement lointain de chariot —
L’azur jusque là-bas où sont les peupliers
Rigides et légers au long du vieux canal
— Ah! que ce paysage a d’êtres familiers;
Que tout y est doux et banal.

L’herbe est plus haute, ainsi, pour ma tête penchée,
Que les collines bleuissantes de là-bas;
Et tout, par la vie, est de même, est-ce pas,
Folle âme à ton ombre attachée,
O toi qui te suis pas à pas,
Sur toi-même penchée,
La vie est telle, n’est-ce pas?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration

 

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La fleur rouge (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



Illustration: Letinha
    
La fleur rouge

A la place du ciel
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront
Même pas étonnés
Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira le printemps
Est plus tôt cette année

Beaux yeux, belle saison
Vivier de lampes claires
Jardins qui reculez
Sans cesse l’horizon
On fait déjà les foins
Le long de ses paupières
Les animaux peureux
Viennent à la maison

La chambre est encombrée
De rivières sauvages
Dans le foyer s’envole
Une épaisse forêt
Et la route qui tient
En laisse les nuages
Traîne sa meute d’or
Jusque sous les volets

Tous les fruits merveilleux
Tintent sur son épaule
Son sang est sur ma bouche
Une flûte enchantée
Je lui donne le nom
De la première enfance
De la première fleur
Et du premier été

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Je suis l’amant des douces (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



C’est dans la rue, c’est dans le vivier de la rue que je choisis mes amoureuses.
Regardez-les, mes reines, mes sirènes, mes murènes,
leurs hanches horlogères tournant sur le pivot tiède de leur sexe,
heurter de leur front nacré les vitres, les vitrines étincelantes !
Toutes je les chéris, toutes je les honore !
Je suis l’amant des douces, l’amant des rousses ;
je suis de velours et mousse pour leurs pieds délicats ourlés de sang.

(Jean Rousselot)

Illustration: Zofia Rozwadowski

 

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2017



 

Illustration: Oleg Korolev
    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XVI)

A nos regards pris dans la même pierre de présence,
le monde arrive par une fenêtre
où nous nous penchons parfois
de nos corps, hauts comme des promontoires.

La ville est au pied de la chambre où tu te tiens
avec pour horizon celui de tes épaules
et nous touchons jusqu’en son fond
le vivier de feu qui donne sa mesure à l’été.

Tu te refermes sans cesse sur moi
comme deux vagues sur un rocher
et nous n’avons qu’à nous laisser porter par la mer
qui s’étend très loin autour de nos visages.

Perdus dans un pays de chair et de caresses,
nous vivons les quelques milliers d’années
dont notre amour a besoin pour que naisse
une étreinte de chaque goutte de notre sang.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Loin de tout ce qui vivote (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

Ernest Pignon-Ernest ..4d8

loin de tout ce qui vivote
de tout ce qui vitrifie
vivement la vivance
de tous les grands viviers
oui
vivement cette vie sans vitrine
cette vie sans visière
cette vie sans venin ni verdict
cette vie sans verrou

(Zéno Bianu)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Dans le vieil ormeau mort debout (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



 

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Dans le vieil ormeau mort debout,
Dans ce squelette à contre-ciel
Qui tient tête au vent noir,
Notre mémoire bat toujours.

Il avait charge de ce monde,
Nous mêlait à l’enfance des fables,
A ses viviers d’étoiles tutélaires,
A ces milliers d’oiseaux enfuis
Par la brèche du temps.

Il nous garde vivants
Dans sa houle de songes.

Il nous aide à tenir
Encore un peu.

(Pierre Gabriel)

Illustration

 

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Dans le vivier de nos songes (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



La mer venue de si loin
Sous les rochers ses mains bougent
Dans les algues dans les cheveux
Les désirs qu’enfouit le sable
La mer les presse contre nous
Et sous sa langue d’habitude
Peu à peu se prennent les mots
Dans le vivier de nos songes.

(Georges Jean)


Illustration; Françoise Muller

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Sirène (Jacques Gaucheron)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



Oh! Dites-moi en quelles mers
n’aurons-nous pas sans le vouloir
longtemps trop navigué
Tous les sillages sont amers

Claque le vent dans la misaine
Frappe la vague sur l’étrave
La vie nous glisse entre les doigts
comme fuient de nous les rivages

aux vocalises des sirènes

Quatre notes qui sont leur chant
Une goutte de vif argent
dans le vivier
broussailleux d’algues de ta mémoire

Eclats de rire éclats de voix
O délicieuses vocalises
Faut-il se souhaiter encore
d’heureux naufrages…

(Jacques Gaucheron)

Illustration: Ekaterina Moré

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Vivement (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015


 

loin de tout ce qui vivote
de tout ce qui vitrifie
vivement la vivance
de tous les grands viviers
oui
vivement cette vie sans vitrine
cette vie sans visière
cette vie sans venin ni verdict
cette vie sans verrou

(Zéno Bianu)

Illustration: Alex Alemany

 

 

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