Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘voilée’

Essaie de les retenir (Constantin Cavafis)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018


 


 

Anne-François-Louis Janmot (5)

Essaie de les retenir, poète,
même s’il y en a peu qui s’arrêtent.
Les visions de ton désir.
Glisse-les, à demi voilées, dans tes phrases.
Essaie de les retenir, poète,
quand elles surgissent dans ton cerveau,
la nuit ou dans le plein éclat de midi.

(Constantin Cavafis)

Illustration: Anne-François-Louis Janmot

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIAMANT ENFUMÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Anne-Marie Zilberman (4)

DIAMANT ENFUMÉ

Il est des diamants aux si rares lueurs
Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue,
Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs.
Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.

Mais quelquefois, brisée, à des marchands divers
La pierre est revendue, à moins qu’un aspect rare
Ne la défende. En leurs couleurs, en leurs éclairs,
Ses débris trahiraient le destructeur barbare.

Aussi, je n’ai plus peur, diamant vaguement
Enfumé, mais unique en ta splendeur voilée,
De te perdre. Toujours vers moi, ton seul amant,
Chère, tu reviendras des mains qui t’ont volé.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA PASSANTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



LA PASSANTE

Hier, j’ai vu passer, comme une ombre qu’on plaint,
En un grand parc obscur, une femme voilée :
Funèbre et singulière, elle s’en est allée,
Recélant sa fierté sous son masque opalin.

Et rien que d’un regard, par ce soir cristallin,
J’eus deviné bientôt sa douleur refoulée ;
Puis elle disparut en quelque noire allée
Propice au deuil profond dont son coeur était plein.

Ma jeunesse est pareille à la pauvre passante :
Beaucoup la croiseront ici-bas dans la sente
Où la vie à la tombe âprement nous conduit;

Tous la verront passer, feuille sèche à la brise
Qui tourbillonne, tombe et se fane en la nuit ;
Mais nul ne l’aimera, nul ne l’aura comprise.

(Emile Nelligan)


Illustration: Jacques Dormont

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Elle est si pure (Kyôshin)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Elle est si pure
La lune qui traverse
Et éclaire le ciel
Que même voilée par les nuages
Sa lumière n’est pas affaiblie.

(Kyôshin)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ADIEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018




ADIEU

Je m’enhardis une dernière fois
à caresser en esprit ton image,
usant toute ma force à raviver un songe,
me complaisant, non sans chagrin ni craintes,
à évoquer ce qui fut notre amour.

Nos années fuient, nos années vont changeant
et changent tout, et nous changent nous-mêmes.
Pour moi qui te chantais hier encore,
tu es voilée d’une ombre sépulcrale,
pour toi l’ami d’hier n’est plus qu’un feu éteint.

Accueille, ô ma compagne pour toujours distante,
ces adieux que t’adresse mon coeur,
comme ferait une épouse endeuillée
ou un ami qui étreint son ami
sans dire un mot au seuil d’une prison.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver comme une rouge nue (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L’arôme de ta chair;

Ni vous, dont l’image ancienne
Captive encor mon coeur,
Île voilée, ombres en fleurs,
Nuit océanienne;

Non plus ton parfum, violier,
Sous la main qui t’arrose,
Ne valent la brûlante rose
Que midi fait plier.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Pascal Renoux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ecoutez la chanson bien douce (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 


Ecoutez la chanson bien douce

Ecoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d’eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d’automne.
Cache et montre au coeur qui s’étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c’est notre vie,
Que de la haine et de l’envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D’être simple sans plus attendre,
Et de noces d’or et du tendre
Bonheur d’une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n’est meilleur à l’âme
Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage,
L’âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !…
Ecoutez la chanson bien sage.

(Verlaine)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Splendeur de la vie (Kafka)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

Il est parfaitement concevable
que la splendeur de la vie se tienne prête
à côté de chaque être et toujours
dans sa plénitude,
mais qu’elle soit voilée,
enfouie dans les profondeurs,
invisible, lointaine.
Elle est pourtant là,
ni hostile, ni malveillante, ni sourde;
qu’on l’invoque par le mot juste,
par son nom juste,
et elle vient.
C’est là l’essence de la magie,
qui ne crée pas,
mais invoque.

(Kafka)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’où viennent donc ces voix (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2016



OLYMPUS DIGITAL CAMERA

D’où viennent donc ces voix

Mais claires ou voilées
Ou basses
D’où viennent donc ces voix
Si simples.

(Jean-Marie Barnaud)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

INCERTITUDE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2015



ormeau neige [1280x768]

INCERTITUDE

Le ciel pensif s’accouple à la terre étoilée
Le jour cèle en ses plis une forme voilée
Un rayon frêle danse et meurt sur le carreau
Le fruit nourrit son ver comme un désir étrange
L’âme vit de mourir et combat avec l’ange
— Et l’amour est pour moi l’écolier en sarrau.

Par l’hiver arrachée aux branches de l’ormeau,
Feuille qui vas pourrir, dis-moi que rien ne change.

(Luc Decaunes)

Illustration 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :