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Poésie

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Gare (Umberto Fiori)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Dans la salle d’attente
à un moment précis,
le bruit sourd des conversations
s’est arrêté, d’un coup,
C’est alors que tous,
à notre place,
nous avons levé les yeux et que,
pour un instant,
nous nous sommes vus.

(Umberto Fiori)

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Le centre est là (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017




Le centre est là
partout qui manque,
et le poète,
avec ses paroles qui s’avancent et se reprennent,
qui repartent,
ne pourrait que former,
comme une marguerite,
une couronne,
qui se déploierait alentour du pressenti
oeuf d’or, trop éblouissant
pour que jamais
il se puisse voir.

(André Frénaud)

 

 

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J’entends les extrémités délirer (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



J’entends les extrémités délirer
J’entends la taille sangloter, les hanches reposer

L’extase m’emporte
J’entre dans le désert de l’émotion violente je crie ton nom

Je descends aux sphères inférieures
Du côté du monde le plus étroit —
Je vois le feu et les larmes sur même plateau

Je vois la Ville des villes
Et ma coupe déborde.

Ainsi parle le seigneur corps.

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Ah! Toi l’autre amour dans l’amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Ah!
Toi l’autre amour dans l’amour
Toi la dimension qui commence après les dimensions
Ô mon aimée

Comme je t’ai créée tu m’as désiré
Comme je t’ai voulue tu as bondi en moi

Tu entres dans mon rythme
Tu oins tes deux seins de mes mots, tu te noies
dans l’abîme de l’amour

Là où j’élève ma ville et vis
Nous vivons, et des bas-fonds de la haine nous annonçons l’amour
Nous rêvons que nos cils sont écritoires et le jour livre ouvert

(Adonis)

Illustration: Otto Mueller

 

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Trop près (Nancy Huston)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



si tu es
trop près de moi

je ne te vois pas

(Nancy Huston)

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Ne vois-tu pas que c’est l’âme (Nicolas Diéterlé)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Ne vois-tu pas que c’est l’âme
qui resplendit ainsi en toi
et autour de toi ?

(Nicolas Diéterlé)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

 

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Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

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Émily Dickinson (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Emily Dickinson  07

Émily Dickinson a passé ses jours et ses nuits
dans la prunelle de Dieu :
invisible et voyant tout.

(Christian Bobin)

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Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Jérusalem

Sur un toit de la Vieille Ville une lessive dans l’ultime lumière du jour :
le drap blanc d’une ennemie la serviette avec laquelle mon ennemi
essuie la sueur de son front.
Dans le ciel de la Vieille Ville un cerf-volant.
Et au bout du fil, un enfant que je ne peux voir à cause du mur.
Nous avons hissé beaucoup de drapeaux ,ils ont hissé beaucoup de drapeaux.

Pour nous faire croire qu’ils sont heureux.
Pour leur faire croire que nous sommes heureux.

(Yehuda Amichai)

 Illustration

 

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J’appelle poésie (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



 

J’appelle poésie cette intrigue de l’infini
où je me fais auteur de ce que je vois, de ce que j’entends.
Musique et pensée.
Poignée d’images dans la brume.
Vallées qui serpentent.
Pourquoi faudrait-il que la mort
soit la religion absolue ?
L’oeil habillé d’une paupière
n’est pas dans la tombe.
D’ailleurs,
placé en ce lieu de parole qui fait parole,
rien ne meurt qui a commencé.

(Pascal Boulanger)

 Illustration

 

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