Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘voir’

Si l’oeil n’était pas solaire (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Si l’oeil n’était pas solaire,
comment pourrait-il voir la lumière

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

Posted in poésie, méditations | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Partout où je me tourne (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

partout où je me tourne je
ne dois pas bien voir je ne
vois pas ce que je vois je vois
la joie de tout voir malgré
tout ce que je ne veux pas voir
j’ai quelque chose dans ma vue
je ne vois que de la vie

(Henri Meschonnic)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | 7 Comments »

Quarante ans (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Quarante ans

Je connais peu ma vie. Je ne l’ai jamais vue
S’éclairer dans les yeux d’un enfant né de moi.
Pourtant j’ai pénétré le secret de mon corps. O mon corps !
Toute la joie, toute l’angoisse des bêtes de la solitude
Est en toi, esprit de la terre, ô frère du rocher et de l’ortie.
Comme les blés et les nuages dans le vent.
Comme la pluie et les abeilles dans la lumière,
Quarante ans, quarante ans, mon corps, tu as nourri
De ton être secret le feu divin du Mouvement :
Tu ne passeras pas avant le mouvement de l’univers.
Que le son de ton nom inutile et obscur
Se perde avec le cri du dormeur dans la nuit ;
Rien ne saurait te séparer de ta mère la terre.
De ton ami le vent, de ton épouse la lumière.
Mon corps ! tant que deux cœurs séparés, égarés ,
Se chercheront dans les vapeurs des cascades du matin.
Tant qu’un douzième appel de midi vibrera pour réjouir
La bête qui a soif et l’homme qui a faim ; tant que le loriot.
L’hôte des sources cachées, renversera sa pauvre tête
Pour chanter les louanges du Père des forêts ; tant qu’une touffe
De myrtil noir élèvera ses baies pour leur faire respirer
L’air de ce monde, quand l’eau de soleil est tombée,
errante poussière ! ô mon corps ! tu vivras pour aimer et souffrir.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aie pitié Seigneur (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Jean Legrand
    
Aie pitié
Seigneur
de ma vacuité

Offre-moi
le verbe
créateur
d’un monde

*

Lorsque tu es
absent
tout est aveugle
Je vois
cette cécité
à l’oeil nu

***

Erbarme dich
Herr
meiner Leere

Schenk mir
das Wort
das eine Welt
erschafft

*

Wenn du
nicht da bist
ist alles blind

Ich sehe
diese Blindheit
mit nackten Augen

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aigu (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Aigu

Maison aux murs
ajourés

Hiboux les fenêtres
aveugles
nous regardent
sans nous voir

Sortez-nous le temps
de ses gonds

Sur le rosier verdoient
des épines

aiguës comme les débris
de notre espoir
Portes de vent
qui sortent et entrent

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans les nervures d’un chêne (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Dans les nervures d’un chêne
dans l’odeur profonde des truffes
je m’en vais faire un atelier de désécriture.

Tu viens alors, le mot.
Il y a toujours un moment fauve dans les feuilles.

À moi de le trouver, de le donner à voir.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jardin public (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration

    

Jardin public
ciel reflété
dans le regard d’un oiseau grave

il vous épie, ne sait
quel geste attendre
de vous, ses autres-et-mêmes.

Ne voyez-vous pas battre à sa gorge
une émotion si proche
de votre sang?

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans chaque demeure (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

    
Dans chaque demeure brûlent des lampes;
Aveugle que tu es, tu ne les vois pas.

Un jour, tes yeux s’ouvriront soudain et tu verras;
et les chaînes de la mort tomberont d’elles-mêmes.

Il n’y a rien à dire et rien à entendre; il n’y a rien à faire :
c’est celui qui vit, bien que mort, qui ne mourra plus jamais.

Parce qu’il vit dans la solitude,
l’ascète déclare que Sa maison est lointaine.

Ton Seigneur est près de toi
et cependant tu montes en haut du palmier pour Le chercher.

Le prêtre Brahmane va de maison en maison
et initie le peuple à la foi musulmane;

Hélas ! la vraie fontaine de vie est à tes côtés
et tu adores la pierre que tu as dressée.

Kabîr dit : « Je ne puis dire combien mon Seigneur est adorable.
— L’ascétisme, le chapelet qu’on égrène, les vertus et les vices,
rien de tout cela n’existe pour Lui. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est la miséricorde (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

C’est la miséricorde de mon vrai Maître
qui m’a fait connaître l’inconnu.

J’ai appris de Lui à marcher sans pieds, à voir sans yeux,
à entendre sans oreilles, à boire sans lèvres, à voler sans ailes.
Dans le pays où il n’y a ni soleil ni lune, ni nuit, ni jour,
j’ai aimé et j’ai médité.
Sans manger j’ai goûté la douceur du nectar;
sans eau j’ai étanché ma soif.

La joie partagée est la plénitude de la joie.
Devant qui pourrait-on jamais l’exprimer ?

Kabîr dit : « Mon Maître est plus grand que les mondes
et grande est la bonne fortune de son disciple. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Danse, mon coeur (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

Illustration
    
Danse, mon coeur; danse de joie aujourd’hui.
Des chants d’amour emplissent de musique les jours et les nuits
et le monde est attentif à leurs mélodies.

Folles de joie, la vie et la mort dansent au rythme de cette musique.
Les monts et l’océan et la terre dansent
— Au milieu d’éclats de rire et de sanglots l’humanité danse.

Pourquoi mettre une robe de moine
et vivre hors du monde dans une orgueilleuse solitude ?
Vois ! Mon coeur danse dans la joie de la connaissance
et le Créateur en est heureux.

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :