Arbrealettres

Poésie

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Brûlants comme une greffe (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Voir ne pas s’approcher
Les temps qui sont promis.
Les porter contre soi,
Brûlants comme une greffe.

(Guillevic)

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Au coeur de la nuit (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Au coeur de la nuit je veux m’entretenir avec l’ange,
lui demander s’il reconnaît mes yeux.
S’il demandait soudain : vois-tu l’Éden ?
il me faudrait dire alors : l’Éden est en feu

Je veux élever ma bouche jusqu’à lui,
insensible comme celui qui ne désire rien.
Et si l’ange parlait ainsi : que pressens-tu de la vie ?
il me faudrait dire alors : la vie consume

S’il trouvait en moi cette joie
qui devient éternelle en son esprit, —
et qu’il la prît, l’élevât dans ses mains,
il me faudrait dire alors : la joie est folie

***

Nächtens will ich mit dem Engel reden,
ob er meine Augen anerkennt.
Wenn er plötzlich fragte: Schaust du Eden?
Und ich müßte sagen: Eden brennt

Meinen Mund will ich zu ihm erheben,
hart wie einer, welcher nicht begehrt.
Und der Engel spräche: Ahnst du Leben?
Und ich müßte sagen: Leben zehrt

Wenn er jene Freude in mir fände,
die in seinem Geiste ewig wird, —
und er hübe sie in seine Hände,
und ich müßte sagen: Freude irrt

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Georges de la Tour

 

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J’ai rêvé (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
J’ai rêvé que tu sortais nue
et que c’était l’été.

J’attends que tu sois revenue
pour voir si ce l’était

(François Caradec)

 

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Chanson du paillasson (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Chanson du paillasson

Je suis couché devant ta porte
comme une bête grise et morte
ton paillasson.

Tous ceux qui chez toi sont entrés
sur moi ont essuyé leurs pieds
sans dir’ pardon.

Je hais les hommes malpolis
qui vont tout droit jusqu’à ton lit
et puis s’en vont

sans même feindre de me voir
je suis seul à m’apercevoir
de ce qu’ils sont.

(François Caradec)

 

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Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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Babel (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Maarten van Heemskerck
    
Babel

Sur le chemin de la ville,
que mes électriciens avaient envahie
pour lui donner les yeux de la prochaine nuit,
je vis un homme assis qui jouait avec un bœuf d’ébène,
plus petit que mon rêve et plus grand qu’un château.

Je lui dis : «Père, as-tu froid?», car il était nu.
Il me regarda sans réponse.
Je criai : «Père, es-tu sourd? ».
Mais il ne dit rien non plus.

Quand je fus à l’auberge
où je voulais passer la nuit,
l’hôte me conduisit à l’écurie.

Dans cet étrange pays,
les gens prétendent que je suis un cheval.
C’est vrai, sans doute,
et l’homme ne peut m’avoir compris si je hennis.

Dans mon pays, pourtant,
je suis ingénieur nucléaire.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable
Editions: La Fenêtre Ardente

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L’espoir (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’espoir

Je ne dis pas : Il est trop tard,
Nous avons laissé se mourir la terre,
Elle ne portera plus
Les fruits de la lumière
Et ses graines de vie.
Je dis : Le ciel demeure
Ouvert au soleil, aux étoiles,
Tous les arbres n’ont pas péri,
Les feux brûlent aussi de joie.

Je ne dis pas : Il fait si noir
Que les hommes ne peuvent plus voir
Le visage de ceux qu’ils aiment,
Ils ont oublié le silence
Mais ne savent plus se parler.
Je dis : Chaque aube tient promesse,
Elle te rend ce que la nuit
Avait effacé pour toujours,
Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
Sur les plages bleues du matin.

Je ne dis pas : Les sources sont taries.
Je dis que rien jamais n’est perdu,
C’est à toi de creuser plus profond
Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.

(Pierre Gabriel)

 

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La tristesse (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;

Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !

Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !

On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !

Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !

Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !

Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !

(Alphonse de Lamartine)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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LA NUIT MÛRIT (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



LA NUIT MÛRIT

En cherchant mon coeur dans le noir
mes yeux cristal de ce que j’aime
s’entourent de moi sans me voir

Mais leur ténèbre est l’amour même
où toute onde épousant sa nuit
dans mes jours se forge un sourire

Afin qu’aux traits où je le suis
Sa transparence ait pour empire
Mon corps en soi-même introduit

(Joë Bousquet)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

 

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Qui avait dit (Ebba Lindqvist)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



Illustration: Bryson Burroughs
    
Qui avait dit que je voulais te suivre, Orphée ?
Pourquoi étais-tu si sûr de me chercher ici ?
De me forcer pas à pas en arrière ?

[…]

Je choisis de vivre dans l’Hadès.
Ce ne fut pas le serpent qui me choisit.
Ce fut moi qui choisis le serpent.

Je le vis dans la prairie entre les fleurs.
Je désirai le venin.
D’abord ici, au pays des ténèbres,
j’ai la force de vivre.

(Ebba Lindqvist)

 

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