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LE PROMENOIR DES DEUX AMANTS (Tristan l’Hermite)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



LE PROMENOIR DES DEUX AMANTS

Auprès de cette grotte sombre
Où l’on respire un air si doux,
L’onde lutte avec les cailloux,
Et la lumière avecque l’ombre.

Ces flots, lassés de l’exercice
Qu’ils ont fait dessus ce gravier,
Se reposent dans ce vivier
Où mourut autrefois Narcisse.

L’ombre de cette fleur vermeille
Et celle de ces joncs pendants
Paraissent être là dedans
Les songes de l’eau qui sommeille

Crois mon conseil, chère Climène :
Pour laisser arriver le soir,
Je te prie, allons nous asseoir
Sur le bord de cette fontaine.

Penche la tête sur cette onde,
Dont le cristal paraît si noir ;
Je t’y veux faire apercevoir
L’objet le plus charmant du monde.

Je tremble en voyant ton visage
Flotter avecque mes désirs,
Tant j’ai de peur que mes soupirs
Ne lui fassent faire naufrage.

Veux-tu par un doux privilège
Me mettre au-dessus des humains ?
Fais-moi boire au creux de tes mains
Si l’eau n’en dissout point la neige.

(Tristan l’Hermite)

Illustration

 

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Les lapins les plus malins (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019


lapin

Les lapins les plus malins
sont ceux qu’on ne voit jamais.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Ils doivent croire que je suis en acier (Juan-José Canton y Canton)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Ils doivent croire que je suis en acier
résistant au coup et à l’affrontement,
sans peur, disant toujours ce que je ressens,
ce qui me pousse, ce que je vis, ce que je ne veux pas.

Ils doivent croire que je ne meurs jamais,
que j’ignore le vide, que je ne trahis
jamais mes rêves, la pensée sincère
de l’homme qui en moi demeure.

Qu’ils sachent que je suis en chair et en os,
que moi, aussi je recèle de la lumière et de l’ombre
et que je ne m’en suis pas toujours sorti intact.

Qu’ils sachent que ma voix ne nomme pas toujours
la douleur que dans mon coeur je soupèse,
et que parfois ce qui stupéfait rend muet.

(Juan-José Canton y Canton)


Illustration: Pascal Renoux

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Quand l’ai-je vue? (Chûnagon Kanesuke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017




Sur la plaine de Mika,
Jaillissement et courant,
Le torrent d’Izumi.
« Quand l’ai-je vue? » me dis-je. Et pourquoi
Pensé-je si tendrement à elle? »

(Chûnagon Kanesuke)

Illustration: Hokusaï

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Soleil (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




    
Soleil, âme ardente,
tu bois les fleuves, les lacs,
la rosée de la nuit,
le sang de la terre,
les esprits des fleurs ;
tu bois notre vie, notre souffle.

O Soleil! tu as donc en toi
l’insatiable désir des amants ?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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MER (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



MER

Chaque nuit, je te vois
tenture qui s’accroche
au tournesol du rêve.

Sur celle-ci des voiles
qui semblent des mouchoirs
s’agitent pour me dire
adieu, à moi qui dors.

(Rafael Alberti)

Illustration: Patrice Rivoallan

 

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PETITE FÊTE INTIME (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



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PETITE FÊTE INTIME

Je prends un flacon de vin
Et je vais le boire parmi les fleurs,
Nous sommes toujours trois,
Comptant mon ombre et mon amie la lune

Heureusement que la lune ne sait pas boire
Et que mon ombre n’a jamais soif

Quand je chante, la lune m’écoute en silence.
Quand je danse, mon ombre danse aussi.

Après tout festin les convives se séparent.
Je ne connais pas cette tristesse
Lorsque je regagne ma demeure,
La lune m’accompagne et mon ombre me suit.

(Li Taï Po)

 Illustration

 

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Quelqu’un apparaît un instant (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



Il arrive, mais rarement
que l’un de nous voie vraiment l’autre :

quelqu’un apparaît un instant
comme sur une photographie, mais plus distinctement,
avec, à l’arrière-plan,
quelque chose de plus grand que son ombre.

Il se tient debout devant une montagne.
C’est davantage une coquille d’escargot qu’une montagne.
C’est davantage une maison qu’une coquille d’escargot.
Ce n’est pas une maison, mais cela a beaucoup de chambres.
C’est indistinct mais subjuguant.
II naît dans cette coquille, et elle naît en lui.
C’est sa vie, c’est son labyrinthe.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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