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Poésie

Posts Tagged ‘voirie’

Le cageot (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018




    
Le cageot

A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot,
simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits
qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.

Agencé de façon qu’au terme de son usage
il puisse être brisé sans effort,
il ne sert pas deux fois.

Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées
fondantes ou nuageuses qu’il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles,
il luit alors de l’éclat sans vanité du bois blanc.

Tout neuf encore, et légèrement ahuri
d’être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour,
cet objet est en somme des plus sympathiques
– sur le sort duquel il convient toutefois
de ne s’appesantir longuement.

(Francis Ponge)

 

Recueil: Le Parti pris des choses
Traduction:
Editions: Gallimard

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VOIES (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017



Illustration
    
VOIES

Il y a des rues qui sont des tubes
et des qui sont des arceaux
y a des boulevards qui sont moches
d’autres des broches
sur quoi s’enfilent les autos
il y a des places dodécagonales
certaines proprement infernales
y a des avenues en forme de saucisson
quelques-unes où courent les hannetons
y a des canaux comme à Venise
des îles comme en Frise
des ponts des impasses des quais
des cours des chaussées des allées
quelle quelle quelle variété dans la voirie
de la ville de Paris

(Raymond Queneau)

 

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LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



LA VIE, COMME UN GLAÇON AMER
A Louis Guillaume.

La vie, comme un glaçon amer
Qui n’en finit pas de fondre,
Se promène dans la bouche
La gorge et autres lieux d’ombre.

Impossible de savoir
Où s’en va cet équipage
Dont on se croyait le maître
Par la balle ou le couteau.

Impossible de savoir
Avant la grande embolie
Sur quelles plages de peau fine
Se lèvera l’embellie.

Mais tout de même on s’acharne
Dans les zones, les voiries
Et parfois, l’oreille au ventre
D’une femme, on croit entendre
Les phares tourner dans la nuit.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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LE JOUR ME CONDUIT LA MAIN (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



 

Darren Baker o1_500

LE JOUR ME CONDUIT LA MAIN

Dès le matin la lumière parle et je l’écoute,
sans plus me demander si je fais bien ou mal, si je ne suis pas ridicule.

C’est d’abord comme une jeune fille qui passerait de porte en porte
éveiller un à un les habitants de ce village,

c’est quelque chose aussi de frais qui ruisselle sur les pierres,
qui lave les murs de toutes les taches de la nuit,

c’est une sorte de voirie de l’âme.
Aujourd’hui, celle-ci ne dira rien que de pur.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Darren Baker

 

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