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Poésie

Posts Tagged ‘voisin’

Le téléphone ne cesse de sonner (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



Une de ces nuits où l’on se sent
abandonné de tous Dans l’appartement voisin
le téléphone ne cesse de sonner

(Tawara Machi)

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Chacun a un nom (Zelda)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Chacun a un nom
que lui a donné Dieu
et que lui ont donné son père et sa mère
chacun a un nom
que lui ont donné sa taille et sa manière de sourire
que lui a donné son tissu
chacun a un nom
que lui ont donné les montagnes
et que lui ont donné ses murs
chacun a un nom
que lui ont donné les signes du zodiaque
et que lui ont donné ses voisins
chacun a un nom
que lui ont donné ses péchés
et que lui ont donné ses désirs
chacun a un nom
que lui ont donné ses ennemis
et que lui a donné son amour
chacun a un nom
que lui ont donné ses fêtes
et que lui a donné sa profession
chacun a un nom
que lui ont donné les saisons
et que lui a donné sa cécité
que lui a donné la mer
et que lui a donné
la mort.

(Zelda)


Illustration: Aviva Beigel

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JARDIN DU VENDREDI (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
JARDIN DU VENDREDI

L’arbre est tranquille
mais son écorce éclate
entre le coeur et toi

Les feuilles leur exode
le dur amour le pain
et le nid déserté
où la tendresse rôde
sans trouver son voisin

Il fallait refuser
le soleil était proche
Je n’ai pas dit non
j’ai ouvert les mains

Alors le coq a fait l’orage.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Dans le silencieux automne (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration
    
Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
C’était déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
Mes cousines, jadis;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
Mettaient l’aurore en fête.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les objets sont nos voisins, sans rêve (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



    

Les objets sont nos voisins,
sans rêve, seulement là et proches,
posés très lourds
sur un lit de silence.

Mais le temps est en eux, il mûrit,
va son chemin comme en nous,
sans limite perceptible, il creuse,
sans poids, dans d’invisibles lointains.

En débat avec la nuit, plus
nocturne que toute nuit, il dépose
en eux sa parole de sable

Tandis que, sans mémoire, sans voix, ses marteaux
frappent de grands coups de silence
en nous et contre nous.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ACCUEILLANTE MAISON (Thomas Hardy)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



maison nuit

L’ACCUEILLANTE MAISON

Ici nous mettions en perce le baril de Noël,
Ranimions les tisons :
Ici nous entonnions les cantiques de Noël
Et nous convoquions les amis.

Les années m’ont usé depuis que s’amenaient
Tous ces jeunes, maintenant morts,
Au tout début de ces frairies
Et des refrains d’antan.

Et le ver a rongé la viole
Qui scandait la danse
Et la rouille a mangé le cadran
Qui sonnait la mi-nuit.

Maintenant nul voisin n’arrive à Noël
Et l’An nouveau naît sans flambée
Où nous chantions, la taupe creuse son couloir
Et l’araignée tisse sa toile.

Mais si je m’y promène à minuit
Quand la lune drape arbres et murs,
J’aperçois d’anciennes formes qui parlent
Et me sourient.

***

THE HOUSE OF HOSPITALITIES

Here we broached the Christmas barrel,
Pushed up the charred log-ends ;
Here we sang the Christmas carol,
And called in friends.

Time has tired me since we met here
When the folk now dead were young,
Since the viands were outset here
And quaint songs sung.

And the worm has bored the viol
That used to lead the tune,
Rust eaten out the dial
That struck night’s noon.

Now no Christmas brings in neighbours,
And the New Year comes unlit ;
Where we sang the mole now labours,
And spiders knit.

Yet at midnight if here walking,
When the moon sheets wall and tree,
I see forms of old time talking,
Who smile on me.

(Thomas Hardy)

 

 

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Ne juge pas si lointain ce qui peut s’atteindre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



 

Ne juge pas si lointain ce qui peut s’atteindre
Bien que le couchant t’en sépare
Ni si proche ce qui, voisin,
Est plus loin que le soleil.

***

Count not that far that can be had
Though sunset lie between
Nor that adjacent that beside
Is further than the sun.

(Emily Dickinson)

Découvert ici: https://www.flickr.com/photos/150410475@N04/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Profond automne (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2018



 

Profond automne –
mon voisin
comment vit-il ?

(Bashô)

Illustration: Hokusaï

 

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LE PATRIARCHE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

LE PATRIARCHE

Sur la colline qui resplendit en face
je suis d’un vieux la laborieuse trace.

Dans mon esprit chargé de fantômes,
ce n’est pas un cultivateur, c’est un patriarche.

Sa force ne s’épuise pas au péché ;
elle a ses racines dans la motte grasse,

dans son fils vigoureux, dans sa belle bru,
en lui-même ; et malgré tout, le vieux matois

n’ignore pas que la vie est un mal,
que la vie est le péché originel.

Jusqu’au dernier champ, de par la volonté
divine, il a donné aux siens, enlevé au voisin,

fécondé de lui-même un monde nouveau.
Il en jouit et pense : Heureux celui qui n’est pas né !

(Umberto Saba)

Illustration: Erich Heckel

 

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Telle une femme d’intérieur (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Telle une femme d’intérieur
J’ouvre mes fenêtres sur celles des voisines
Je m’affiche un peu en chemise de nuit
Derrière les rideaux transparents
Je prépare mon café à feu doux
Je dépoussière le balcon
J’aère mes couvertures
Et j’étale mon linge sur les cordes.

Aux yeux des étrangers je presse le pas
Pour rejoindre ma famille
Je salue à la hâte les voisins
Comme celle dont le bonheur l’attend derrière la porte.

Mes plats n’ont pas d’odeur
Mon linge non plus
Les fenêtres des voisines se sont fermées
Sur la vie en famille.

Telle une femme d’intérieur

Je ferme mes fenêtres.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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