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Posts Tagged ‘voleur’

MA MUSE (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Itzhak-Leibush Peretz

    

MA MUSE

Elle n’est point bleuet, ma muse,
Qui pousse sur les visions,
Ni, voleur de baisers qui muse
Cherchant les fleurs, un papillon.

N’est point un rossignol, ma muse,
Point de trille et de mélodie,
Mais c’est une vieille commère,
Et racornie et enlaidie.

Une esseulée aux orphelins
Éparpillés de par le monde,
Miséreuse, soir et matin,
Qui jure, qui crie et qui gronde!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TEMPS L’HORLOGE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LE TEMPS L’HORLOGE

L’autre jour j’écoutais le temps
qui passait dans l’horloge.
Chaînes, battants et rouages
il faisait plus de bruit que cent
au clocher du village
et mon âme en était contente.

J’aime mieux le temps s’il se montre
que s’il passe en nous sans bruit
comme un voleur dans la nuit.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Après le froid et le vent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



 

 

Après le froid et le vent, j’avais
Du plaisir à me chauffer dans l’âtre.
Je ne me suis pas méfiée assez :
On m’a volé mon coeur par mégarde.

La fête du jour de l’An s’étire,
Et les roses humides s’exhalent;
Mais je n’entends plus dans ma poitrine
Le bruissement des cigales.

J’ai deviné sans peine le voleur :
Ses yeux, son regard le trahissent.
Je sais que bientôt, pour mon malheur,
Il me rendra de lui-même sa prise.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Une rumeur d’épouvante rôde en ville (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Une rumeur d’épouvante rôde en ville,
Se glisse dans les maisons comme un voleur.
Pourquoi ne pas relire, avant de m’endormir,
Le conte de Barbe-Bleue ?

Comment la septième monta l’escalier,
Comment elle appela sa soeur cadette,
Et guetta, retenant son souffle,
Ses frères bien-aimés, ou la terrible messagère…

Une poussière s’élève comme un nuage de neige,
Les frères vont entrer au galop dans la cour du château,
Et sur la nuque innocente et gracile,
Le tranchant de la hache ne se lèvera pas.

Consolée à présent par cette cavalcade,
Je devrais m’endormir tranquille
Mais qu’a-t-il, ce coeur, à battre comme un enragé,
Et le sommeil, pourquoi ne vient-il pas ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Walter Crane

 

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La terre est un pacage des étoiles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
La terre est un pacage des étoiles
ou peut-être la zone d’opérations
d’un voleur invisible.
Quoi que nous fassions ou prenions,
c’est concurrence ou usurpation,
transgression d’un droit
qui nous surveille secrètement d’en haut,
violation d’un principe antérieur à nous.

Être est donc un vol.
Être, c’est être contre quelque chose,
contre une substance fuyante
qui occupe toujours les lieux où nous sommes
et filtre par le moindre interstice.
Être est quelque chose d’interdit
à quoi nous sommes néanmoins sinistrement obligés.
A moins qu’être ne consiste simplement
à aller dérober ailleurs,
là où le vol n’est pas un délit.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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DIAMANT ENFUMÉ (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Anne-Marie Zilberman (4)

DIAMANT ENFUMÉ

Il est des diamants aux si rares lueurs
Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue,
Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs.
Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.

Mais quelquefois, brisée, à des marchands divers
La pierre est revendue, à moins qu’un aspect rare
Ne la défende. En leurs couleurs, en leurs éclairs,
Ses débris trahiraient le destructeur barbare.

Aussi, je n’ai plus peur, diamant vaguement
Enfumé, mais unique en ta splendeur voilée,
De te perdre. Toujours vers moi, ton seul amant,
Chère, tu reviendras des mains qui t’ont volé.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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SAY IT WITH MUSIC (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

SAY IT WITH MUSIC

Les bracelets d’or et les drapeaux
les locomotives les bateaux
et le vent salubre et les nuages
je les abandonne simplement
mon coeur est trop petit
ou trop grand
et ma vie est courte
je ne sais quand viendra ma mort exactement
mais je vieillis
je descends les marches quotidiennes
en laissant une prière s’échapper de mes lèvres
À chaque étage est-ce un ami qui m’attend
est-ce un voleur
est-ce moi
je ne sais plus voir dans le ciel
qu’une seule étoile ou qu’un seul nuage
selon ma tristesse ou ma joie
je ne sais plus baisser la tête
est-elle trop lourde
Dans mes mains je ne sais pas non plus
si je tiens des bulles de savon ou des boulets de canon
je marche
je vieillis
mais mon sang rouge mon cher sang rouge
parcourt mes veines
en chassant devant lui les souvenirs du présent
mais ma soif est trop grande
je m’arrête encore et j’attends
la lumière
Paradis paradis paradis

(Philippe Soupault)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

 

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J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

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Vent (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Vent

Le pouce de l’église
Et la main du village
Agrippent au passage
La robe de la bise

C’est dans le vent fou
Qui passe très bas
Des milliers de bras
Autour de ton cou

Il me jette la nuit
Glaciale au visage
Et comme un voleur fuit
Tout le long du rivage.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Congo, Congo (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



tam tam  2

Congo, Congo couleur de feu dans le grand rêve revenez
dans le songe Liberté tout de bronze revêtu !
Congo comme un puma qui guette dans les cavernes
végétales de l’ombre ! Congo avec les grands signes du tamtam
qui déchirent ta peau ! Congo d’ébène pour les négoces
du voleur et les gains du pirate,
Congo de chair humaine pour qui est négrier,
Congo de femmes nues pour le cinémascope!

(Hubert Juin)

Illustration

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