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Posts Tagged ‘voltiger’

Alors nous n’irons plus au bois (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Remedios Varo Uranga o

Alors nous n’irons plus au bois aux lauriers coupés
Ton âme que voilà ne sait plus voltiger
ne sait plus voltiger ton âme

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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UN OISEAU (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




Illustration: Marc Chagall
    
UN OISEAU

Un oiseau, l’œil du poète
s’en empare promptement
puis le lâche dans sa tête,
ivre, libre, éblouissant.

Qu’il chante, qu’il ponde, qu’il
picore, mélancolique,
d’invisibles grains de mil
dans les prés de la musique,

quand il regagne sa haie,
jamais cet oiseau n’oublie
les heures qu’il a passées
voltigeant dans la féerie

où les rochers nourrissaient
leurs enfants de diamant,
où chaque nuage ornait
d’une fleur le ciel dormant.

On trouvera l’oiseau mort
avant les froids de l’automne,
le plaisir était trop fort,
c’est la mort qui le couronne.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les papillons (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Les papillons

De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu’aimez-vous mieux? – Moi, les roses;
– Moi, l’aspect d’un beau pré vert;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons;
– Moi, le rossignol qui chante;
Et moi, les beaux papillons!

Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l’on cueille en un réseau;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l’oiseau!

(Gérard de Nerval)


Illustration

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EN ALLANT A TCHI-LI (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



    

EN ALLANT A TCHI-LI
Tin-Tun-Ling

Je me suis assis au bord de la route, sur un arbre renversé,
et j’ai regardé la route qui continuait à s’en aller vers Tchi-Li.
Ce matin, le satin bleu de mes souliers brillait comme de l’acier,
et l’on pouvait suivre le dessin des broderies noires.
Maintenant mes souliers sont cachés sous la poussière.
Quand je suis parti, le soleil riait dans le ciel,
les papillons voltigeaient autour de moi,
et je comptais les marguerites blanches répandues dans l’herbe,
comme des poignées de perles.

Maintenant c’est le soir, et il n’y a plus de marguerites.
Les hirondelles glissent rapidement à mes pieds,
les corbeaux s’appellent pour se coucher,
et je vois des laboureurs, leur natte roulée autour de la tête,
regagner les prochains villages.

Mais moi j’ai encore une longue route à parcourir.
Avant d’arriver à Tchi-Li, je veux composer une pièce de vers,
une pièce de vers triste comme mon esprit sans compagnon,
Et dans un rythme difficile, dans un rythme très difficile,
afin que la route d’ici à Tchi-Li me paraisse trop courte.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Quand je mange un melon (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



melon

 

Quand je mange un melon
Je pense à mes enfants.
Quand je mange des châtaignes
C’est plus encore que j’y songe.
D’où vient
Que leur image ne quitte pas mon esprit ?
Devant mes yeux
Elle voltige,
Bannissant tout profond sommeil.

(Yamanoue no Okura)

Illustration

 

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VISION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



 

Pascal Roy

VISION

Je vois venir autre soleil
Un printemps infini — la paix des plaines

Pierre après pierre coeur après coeur le vent les percera
Musique qui étale sur les rivages la flore de la tempête
Musique qui parle le langage des oiseaux dans les arbres

Et notre coeur sera plein de tant de lumière
Tant de calme descendra des fenêtres du ciel
Que nos grandes ailes s’embrasseront dans nos pieds

Nos sourires voltigeront sur nos paupières comme des papillons

(Georges Themelis)

Illustration: Pascal Roy

 

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DANSE DES FLAMMÈCHES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Berthe Morisot
    
DANSE DES FLAMMÈCHES

Meule de feu, je voltige
Autour de toi, en flammèches.
En boitillant je jaillis
De tes douces tiges courbes.
Et hop ! du bout de ton nez,
Je te souris, mon amour.
Et le crépuscule arrive,
Drapé dans sa houppelande,
Gardant en sa pipe fraîche
Tes fretins de flammes qui
Me giflent sur les deux joues.
Accroupie es-tu, coquine ?
Et voilà que le buisson
Jette au loin ta jupe rouge
Dont tu l’as, impertinente,
Couvert pour te joindre à moi.
Rentre tes cornes de feu,
Étends-toi sur l’herbe tendre,
Pour que ton corps brun je puisse
L’oindre d’entière blancheur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Le Village (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Le Village

Telle une pleine potée de patates,
Lentement fume dans la sage
Et tiède soirée du village
Une foison d’ardoises écarlates.

Faisant alors un signe au paysage,
Espoir, une svelte fumée
S’attarde dans la cheminée,
Puis pour monter, dans le doute s’engage.

L’acacia, l’ombre va l’accueillir,
Et son menu sein ferme tremble.
Le petit arbre exhale ensemble
Air et papillon, un petit soupir.

Et cependant que me couvre, m’entoure
Le buisson de mélancolie,
Tombent les abois dans l’oubli
Sur de grands pays de velours.

Péniblement, les femmes, tortillées,
Déjà vont allumer la lampe.
Ame opprimée, la flamme rampe,
Tandis qu’au ciel elle veut s’élancer.

Et tout s’éteint. La lune maternelle
Baigne le pré dans son halo.
Là, une branche de sureau
Vers la clarté tend sa main fraternelle.

De l’éternel bonheur la source mouille
D’une simple tuile un haillon,
Et bouddahs d’émeraude sont
Dans la fraîche pelouse les grenouilles.

De sabre au clair, l’avoine de naguère
A courbé aujourd’hui son front,
Et murs en ruine seront
Bientôt sa gloire et sa force d’hier.

Là règne le silence. On y perçoit
Peut-être une voix cristalline.
Sans bien l’entendre on la devine.
Seul maintenant le silence en fait foi.

Ce qu’il comprend, l’esprit, quand il s’éclaire,
Emergeant seule de la nuit,
C’est cette parole d’ici,
De la charrue, de la bêche de fer.

Ces mots sont aussi ceux du paysan :
Au soleil, au sol, à la pluie.
Ces mots sont les miens aujourd’hui.
Le temps soigneux sera leur confident.

Ces mots sont là, comme pour un sourire
Au nourrisson; la flatterie
A un cheval: tout ce qu’ici
Contient le pur, le grave pour le dire.

Dans le sommeil le village est plongé.
Des rêves angoissés voltigent,
Qui frôlent de l’herbe la tige
Où l’ombre somnolente est engagée.

Dorment les fouets, les bottes, les couteaux,
Les cieux, les prés, les grands, les sages
Espaces entre les feuillages
Et les nervures fines des rameaux.

Le rude paysan, dans son sommeil,
Peu à peu devient sécheresse
Et tel un chagrin qui lui blesse
Le cœur, là-haut je suis assis, je veille.

(Attila Jozsef)

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INDIFFÉRENCE AUX DOUCEURS DE L’ÉTÉ (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



Illustration
    
INDIFFÉRENCE AUX DOUCEURS DE L’ÉTÉ
Tchan-Jo-Su

Les fleurs de pêcher voltigent,
comme des papillons roses ;

le saule, en souriant,
se regarde dans l’eau.

Cependant mon ennui persiste,
et je ne peux pas faire de vers.

La brise d’est, qui m’apporte le parfum des pruniers,
me trouve insensible.

Oh ! quand la nuit viendra-t-elle,
me faire oublier ma tristesse, dans le sommeil !

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Papillon bleu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



Tout le printemps réside dans un seul regard
Féminin qui porte des couleurs sensuelles
Papillon bleu qui voltige
Et butine d’un endroit à un autre

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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