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Posts Tagged ‘voluptueuse’

Les jeunes filles torturées (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019




Les jeunes filles torturées

Près d’une maison de soleil et de cheveux blancs
une forêt se découvre des facultés de tendresse
et un esprit sceptique

Où est le voyageur demande-t-elle

Le voyageur forêt se demande de quoi demain sera fait
Il est malade et nu
Il demande des pastilles et on lui apporte des herbes folles
Il est célèbre comme la mécanique
Il demande son chien
et c’est un assassin qui vient venger une offense

La main de l’un est sur l’épaule de l’autre
C’est ici qu’intervient l’angoisse une très belle femme en
manteau de vison

Est-elle nue sous son manteau
Est-elle belle sous son manteau
Est-elle voluptueuse sous son manteau
Oui oui oui et oui
Elle est tout ce que vous voudrez
elle est le plaisir tout le plaisir l’unique plaisir
celui que les enfants attendent au bord de la forêt
celui que la forêt attend auprès de la maison

(Benjamin Péret)

 

 

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Voluptueuse (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Voluptueuse

Tu touches à la plénitude
Tenant dans tes mains
Un bouquet de rêves
Que tu effeuilles comme des roses
Dans le jardin des espoirs

Dans la brume qui fleurit
Au flanc de la colline
Tu traces avec un ongle verni
La blessure de l’aurore
Sur le ventre nu
De l’adolescence du jour

Tu souris à la pierre qui médite
Sur le seuil de ta maison
Où la clarté achève
De démêler ta chevelure sombre
Qui tombe sur les épaules de la nuit

Tu agites les plis de ta robe
Sur tes jambes de marbre
Et le vent dévoile tes cuisses
Bien au-dessus des bas

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Guillaume Seignac

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MADRIGAL (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



 

Caytano De Arquer-Buigas (51)

MADRIGAL

Mes vers, sur les lames d’ivoire
De votre carnet, font semblant
D’imiter la floraison noire
Des cheveux sur votre cou blanc.

Il faudrait d’immortelles strophes
A votre charme triomphal,
Quand dans un tourbillon d’étoffes
Vous entrez follement au bal.

Le sein palpite sous la gaze
Et, fermés à demi, les yeux
Voilent leurs éclairs de topaze
Sous la frange des cils soyeux.

Willis parisienne, empreinte
D’un charme inquiétant, mais doux,
J’attends, voluptueuse crainte,
La mort, si je valse avec vous.

(Charles Cros)

Illustration: Caytano De Arquer-Buigas

 

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Lorsque vous m’étendrez au bûcher de santal (Gérard d’Houville)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Lorsque vous m’étendrez au bûcher de santal,
Avant que je devienne une cendre légère
Éloignez de mes doigts l’obole de métal.

Je veux que ce qui fut ma grâce passagère
Charme encor d’un baiser le passeur infernal
Quand vous, de ces baisers, n’aurez que la poussière.

Puisque l’ennui de vivre et l’effroi, tour à tour,
De la mort, ont toujours tourmenté mes pensées
Et que triste et divin fut mon terrestre amour,

Que je rentre à jamais dans les choses passées
Et que de ma beauté l’on parle quelque jour
Quand je serai lointaine aux mémoires lassées.

Mon âme, fleur funèbre, ô nuit, t’embaumera;
Papillon ténébreux que le sort fit diurne,
Son aile d’ombre errante en l’ombre se perdra.

Et moi qui fus si grande, une très petite urne
D’argile ou de cristal transparent contiendra
Ma chair voluptueuse et mon cœur taciturne.

(Gérard d’Houville)

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Femme comme chacune (Jovette Alice Bernier)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Je voudrais saisir dans mes mains
Tous ces parfums qui se confondent,
Tous ces échos qui se répondent
Et qui ne seront plus demain.

Je voudrais presser sur ma bouche
L’enivrante moiteur du soir
A qui je souris sans la voir,
La brise qui passe et me touche.

Retenir dans mes bras, la nuit
Indolente et voluptueuse,
La nuit complice et chuchoteuse
Qui me poursuit et me séduit

Avec ses yeux de clair de lune,
Où je vois le rêve passer
Et l’humain désir se presser…
La nuit, femme comme chacune.
Femme comme chacune.

Savoir où se couche le vent
Et partir pour l’aller surprendre
Dans quelque vallon d’herbe tendre
Où les mousses font un divan.

Ah ! voir la couleur du silence
S’il est plus profond qu’il n’est grand ;
Voir les tons apaisés qu’il prend
Avec ses multiples nuances.

Retenir dans mes bras, la nuit
Indolente et voluptueuse,
La nuit complice et chuchoteuse
Qui me poursuit et me séduit

Avec ses yeux de clair de lune,
Où je vois le rêve passer
Et l’humain désir se presser…
La nuit, femme comme chacune.
Femme comme chacune.
La nuit, femme comme chacune.

(Jovette Alice Bernier)

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Lorsque vous êtes nue et docile au plaisir (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2016



Lorsque vous êtes nue et docile au plaisir
De tout votre long corps qui s’apprête à l’étreinte
Et que votre visage avec ardeur se teinte
Des chaleurs de l’attente et des feux du désir,

J’aime, voluptueuse et tendre, à vous saisir
En mes bras, consentante et cependant contrainte,
Afin d’entendre s’exhaler de vous la plainte
Dont le cri s’alanguit et s’achève en soupir.

Les lourds rideaux tirés rendent sombre la chambre ;
Sur la commode peinte une Nymphe se cambre
Sous le Faune cornu qui pénètre sa chair ;

Et l’Amour, invisible au couple qu’il enflamme,
Compare, double hommage à son autel offert,
Le plaisir de la Nymphe au plaisir de la Femme.

(Henri de Régnier)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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La douceur de la chose effleurée (Paul Valery)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2015




La douceur de la chose effleurée
répand dans tout l’être
dont la main l’effleura,
une sorte de message d’inquiétude voluptueuse,
qui, dans l’instant même,
transforme le présent,
l’aveugle sur le reste des choses,
lui donne un penchant d’avenir,
un avenir instantané sèche ou humecte la bouche,
suspend le souffle,
échauffe le visage,
serre le cœur
et fait du regard
un chef-d’œuvre d’éloquence,
un parleur pathétique.

(Paul Valery)

Illustration: François Gérard

 

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Virginité (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



« Baisez mes yeux, baisez mes seins,
Baisez ma hanche sinueuse,
Toute ma chair voluptueuse,
Avec de monstrueux desseins ».

« Mais laissez mon sexe et ma bouche.
J’adore voir, dans votre oeil clair,
Un rauque éclair,
Un éclair louche,
Dur et farouche. »

La vierge priait, ardemment,
Accroissant ses désirs, ses vices,
Et sans sévices,
J’étais amant,
Atrocement.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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