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Poésie

Posts Tagged ‘volute’

Je n’ai pas su (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Je n’ai pas su, dans le brouillard, saisir
Ton image douloureuse et fragile.
« Seigneur ! » ai-je dit par erreur,
Sans vouloir prononcer ce mot.

Le nom divin, comme un oiseau immense,
S’est échappé de ma poitrine.
Devant moi les volutes d’un brouillard épais,
Et derrière moi une cage vide.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: William Blake

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Etait-ce bien un éléphant… (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018


 

Etait-ce bien un éléphant…

Etait-ce bien un éléphant
Qui dansait sur la cheminée?
Il était un peu transparent
Et ne semblait guère plus grand
Qu’une volute de fumée.

Mais peut-être, au fond, fumait-il
Calmement à minces bouffées
En dansant sur la cheminée.
Je ne voyais que de profil
Sa trompe mince comme un fil.

Et il aurait tout renversé
Si je n’avais imaginé
De dessiner un grand dompteur
Qui n’eut qu’à relever le nez
Pour l’envoyer danser ailleurs.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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Donne-nous la force d’endurer un peu plus longtemps (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Alexandra Domnec  pain_120916_detail_poisson

Les murs ne tombent pas
[29]

Donne-nous la force d’endurer
un peu plus longtemps,

maintenant que l’albâtre du coeur
est brisé ;

nous pourrions nous nourrir à jamais
du rayon de miel ambré

de ton salut remémoré,
mais le vieux-moi,

encore plus ou moins à l’aise dans le monde,
s’écrie avec colère,

j’ai faim, les enfants réclament à manger
et des pierres enflammées tombent sur eux ;

notre conscience nous laisse sans défense ;
ô, pour ta Présence

au milieu des filets de pêche
près des barques échouées sur la rive du lac ;

quand, dans les volutes de la fumée de bois,
diras-tu encore, comme tu l’as dit,

le poisson grillé est prêt,
voici le pain ?

***

Grant us strength to endure
a little longer,

now the heart’s alabaster
is broken;

we would feed forever
on the amber honey-comb

of your remembered greeting,
but the old-self,

still half at-home in the world,
cries out in anger,

I am hungry, the children cry for food
and flaming stones fall on them ;

our awareness leaves us defenceless;
O, for your Presence

among the fishing-nets
by the beached boats on the lake-edge;

when, in the drift of wood-smoke,
will you say again, as you said,

the baked fish is ready,
here is the bread?

(Hilda Doolittle)

Illustration: Alexandra Domnec

 

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Méduse (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

Illustration: Arnold Böcklin
    
Méduse

Pour venir à moi dans la mosaïque
de verre brisé sur la plage
suivez les volutes autour de mon visage
qui agrippent les homards à la nage
au lasso de cercles concentriques

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Assise en broussaille, les yeux encore pleins de rosée (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017



Assise en broussaille, les yeux
encore pleins de rosée,
dans le bosquet
la terre fume
et la brume
monte en spirales de sa pipe d’écume

Les bras levés
émerge un chêne
qui sur scène
bat la mesure

Leçon de danse
et de solfège
Accords de harpes
et arpèges

Par la coulisse
à claire-voie
sur les pointes
le jour se glisse

L’heure tourne
sa valse lisse
de tournelune
en tournesol

Autour du col
des flamants roses
l’aurore s’enroule
et s’irise

Ritournelles des tourterelles
Rondes des lilas et des lis
Vols d’ibis
Bleus d’iris
Volutes des volubilis

(Christiane Barrillon)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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Parfum jets d’eau (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2017



Parfum
jets d’eau

surtout pas de gravité
jamais de remords

Pas l’ombre d’une faute à confesser

cristal
volute
terrasses

Premiers baisers près des bosquets
le ciel se balance
les roses ne saignent pas

(Pascal Boulanger)

 

 

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Elevé dans la prière (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Elevé dans la prière —
dans le texte-leurre
de ton lieu,
dans le paysage
où tu ne seras pas — des fragments-volutes
d’ammonite
te réinventent.
Ils te font rouler,
un semblant de terre chantant
sous tes pieds, dissipant
le mensonge aux cent visages
qui te rend visible. Et de chaque
bouffée de lumière, ta dureté devient
une arme, une autre impasse
fleurit au-dedans. (Elevé dans la prière —
le mot clandestin, comme traversant
la main
qui tâtonnait le long de ces murs caverneux) : partout où
je ne te trouve pas, la foule
silencieuse qui se pressait vers ta bouche — afflue
à grand bruit dans le temps.

(Paul Auster)

Illustration: František Kupka

 

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La beauté est un bien (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2016



Dans le jardin échevelé
Les roses fleurissent
En haut d’un poirier

La beauté est un bien

La peur crée des lieux
Mémorables
Habités par des absents
Comme la mort elle donne
Le profil des choses
Et le havre de leur substance

Reste le rire des roses
Leurs volutes ardentes

(Heather Dohollau)
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Echouée en la chair (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



échouée en la chair
carène
de quel navire
os
sous les étoiles de mer
des mains?

les volutes du coquillage
gardant secrète dans l’oreille
la huée
d’un ressac indéchiffrable
de sang

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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TRISTESSE EN MER (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



 

TRISTESSE EN MER

Les mouettes volent et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l’air.

Le jour tombe ; une fine pluie
Eteint les fournaises du soir,
Et le steam-boat crachant la suie
Rabat son long panache noir.

Plus pâle que le ciel livide
Je vais au pays du charbon.
Du brouillard et du suicide ;
— Pour se tuer le temps est bon.

Mon désir avide se noie
Dans le gouffre amer qui blanchit ;
Le vaisseau danse, l’eau tournoie,
Le vent de plus en plus fraîchit.

Oh ! je me sens l’âme navrée ;
L’océan gonfle, en soupirant,
Sa poitrine désespérée,
Comme un ami qui me comprend.

Allons, peines d’amour perdues,
Espoirs lassés, illusions
Du socle idéal descendues,
Un saut dans les moites sillons !

A la mer, souffrances passées,
Qui revenez toujours, pressant
Vos blessures cicatrisées
Pour leur faire pleurer du sang !

A la mer, spectre de mes rêves,
Regrets aux mortelles pâleurs
Dans un coeur rouge ayant sept glaives,
Comme la mère des douleurs.

Chaque fantôme plonge et lutte
Quelques instants avec le flot
Qui sur lui ferme sa volute
Et l’engloutit dans un sanglot.

Lest de l’âme, pesant bagage,
Trésors misérables et chers,
Sombrez, et dans votre naufrage
Je vais vous suivre au fond des mers.

Bleuâtre, enflé, méconnaissable,
Bercé par le flot qui bruit,
Sur l’humide oreiller du sable
Je dormirai bien cette nuit !

… Mais une femme dans sa mante
Sur le pont assise à l’écart,
Une femme jeune et charmante
Lève vers moi son regard,

Dans ce regard, à ma détresse
La Sympathie à bras ouverts
Parle et sourit, soeur ou maîtresse,
Salut, yeux bleus ! bonsoir, flots verts !

Les mouettes voient et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l’air.

(Théophile Gautier)

 

 

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