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Posts Tagged ‘voyageur’

LE VOYAGEUR SÉDENTAIRE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Rockwell Kent 10

LE VOYAGEUR SÉDENTAIRE

Le voyageur se dit souvent
Où donc est celle qui m’attend
Le voyageur se dit souvent
Où donc est celle qui m’attend
Est-elle en fête ou en prière
Elle est enfermée au couvent
Où je l’ai mise en mes manières
Le voyageur ne parle guère
Le voyageur ne parle pas

Le voyageur se dit souvent
Que laisserai-je à mes enfants
Le voyageur se dit souvent
Que laisserai-je à mes enfants
L’amour d’aimer le goût de faire
Un oeil tourné vers le dedans
Et la parole de mon père
Le voyageur ne lègue guère
Le voyageur ne lègue pas

Le voyageur se dit aussi
Me faut écrire à mes amis
Le voyageur se dit aussi
Me faut écrire à mes amis
Comment s’écrit le mot : Repère
Je brûle aux flammes de mon cri
Des lettres que je n’envoie guère
Le voyageur n’en écrit guère
Le voyageur n’en écrit pas

(Gilles Vigneault)

Illustration: Rockwell Kent

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MIRAGES (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    
MIRAGES

Je ne connais les choses que partiellement —
La couleur de la rose et la calme fumée
Du Vésuve et le blanc visage de l’aimée
Mais non que la douleur la ronge lentement.

Moi-même je ne suis qu’un feu sur une cime.
Mais qui sait tes tréfonds, qui donc soupçonnerait
Que tu tiens enfermé le rare minerai,
Pic qui te dresses droit sur le bord de l’abîme ?

Je suis un voyageur et d’autres avant moi
Ont suivi le chemin vers ces buts qu’on rêva,
Mais qui sont différents lorsque la main les touche.

Et, la tête déjà chenue, je vais encor
Au milieu du désert croyant que je débouche
Sur la forêt, croyant la voir. Aurais-je tort ?

(Mihai Beniuc)

 

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Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur (Zhang Ji)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur

A l’entrée du fleuve, un logis de pêcheur
L’eau du lac effleure la porte de bois
Le voyageur frappe pour la nuit, nulle réponse :
Le maitre n’est pas encore de retour

Un sentier se perd au profond des bambous
Surgit la lune, éclairant peu de barques…
Soudain, sous son manteau de jonc mû par la brise
Là-bas, le pêcheur qui cherche la berge de sable

(Zhang Ji)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Dans les brumes (Meng Hao-ran)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Dans les brumes, près de l’île, on amarre la barque
Au crépuscule renaît la nostalgie du voyageur
Plaine immense : le ciel s’abaisse vers les arbres
Fleuve limpide : la lune s’approche des humains

(Meng Hao-ran)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Nuit passée dans un kiosque de montagne (Jia Dao)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Shen Zhou
    
Nuit passée dans un kiosque de montagne

Son oreiller : une pierre ramassée dans le ruisseau
L’eau du puits rejoint l’étang sous les bambous
Voyageur de passage, sans sommeil, à minuit
Seul il entend l’arrivée de la pluie de montagne

(Jia Dao)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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L’AIR DU VOYAGEUR (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



 

L’AIR DU VOYAGEUR

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

À suivre partout de nouveaux nuages
Chaque jour
Je perds et reprends mon nom et mon âge
Tour à tour
Je fais et défais cent fois mon voyage
Sans retour

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

J’ai vu les amours mourir et renaître
Et parfois
Revenu chanter à cette fenêtre
J’aperçois
Celle que je n’ai pas su reconnaître
C’était toi… !

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines…
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en viens nommer le monde à mon tour

J’aurai
fait mon temps, occupé l’espace
D’un regard
Je n’aurai laissé partout que la trace
D’un départ
Et c’est un oiseau qui prendra ma place
Quelque part…

Loin de mes pays de mes amis de mes amours
Se passe mon temps s’en vont mes semaines
Seul sur des chemins qui vont au bout de mes beaux jours
Je m’en vais nommer le monde à mon tour

Loin… loin.

(Gilles Vigneault)

 

 

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OH! ÊTRE FEUILLE VERTE… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

feuille verte

OH! ÊTRE FEUILLE VERTE…

Oh, être feuille verte sur l’arbre éternel des hommes,
Oh, pouvoir y verdir,
Bruire, nicher dans les branches comme l’oiseau,
Oh, pouvoir habiter leurs mondes !

Oh, être voyageur sous le vent lourd des jardins,
Tremper dans les lointains mouillés les aurores comme en un vin,
Croître dans le bruissement des rosées, germer dans l’haleine du vent,
Oh, marcher en paix, sans parler, par les routes!

Ou pousser dans les vents avec les doigts blancs des racines
Et concevoir de nouveaux continents, louer
La puissance silencieuse de la nuit, la terreur grise dans les profondeurs sans bords,
Oh, cesser de saigner, oh, pouvoir mourir !

(Srecko Kosovel)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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TRAIN DE NUIT (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020




    
Illustration   

(Recueil Le professeur Frceppel)
TRAIN DE NUIT
Le train fonçait dans la nuit.
Mon coeur et mes pensées
battaient sur le même rythme
que les roues aux éclairs cachés.

Les voyageurs se touchaient sans se voir,
replongés dans la joie des racines.
Les rêves s’échappaient avec lourdeur
ils coulaient le long des jambes,
ne laissant que des formes vides
poreuses et pétrifiées.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Au moment du départ (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



Illustration: Itō Shinsui
    
Au moment du départ
tous les voyageurs
soufflent une haleine blanche

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Dispersant les voyageurs (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2019



Illustration: Utagawa Kunisada
    
Dispersant les voyageurs
en visite au marché
une averse diluvienne!

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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