Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘voyou’

Le voyou (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Le voyou

Je m’balade le soir
Au fond des vieilles ruelles
Au milieu des poubelles
Sous un grand ciel tout noir

Les deux mains dans les poches
Je parcours l’boulevard
Sifflant comme un gavroche
Ou un oiseau bavard

Tous les pauvres gamins
De mon triste quartier
Se tiennent par la main
Assis des jours entiers

Je leur dis des merveilles
Sous leur regard farouche
Un rire fend leur bouche
Des lèvres aux oreilles

Ces gosses qui ne voient
En leurs quatre saisons
Qu’un lugubre horizon
Sont pendus à ma voix

Eux qui pour jouer n’ont
Qu’un désert terrain vague
Ils rêveront qu’ils sont
Soulevés par la vague

Je leur dis que l’oiseau
Chante en do ou en si
Perché sur un roseau
Qui pousse loin d’ici

Ils n’veulent pas me croire
Et pourtant mon histoire
Je la certifie vraie
Et l’écris à la craie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Coin de rue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


 


 

-Coin-de-rue [1280x768]

Coin de rue

J’ me souviens d´un coin de rue
Aujourd´hui disparu
Mon enfance jouait par là
Je me souviens de cela
Il y avait une palissade
Un taillis d´embuscades
Les voyous de mon quartier
V’naient s´y batailler

A présent, il y a un café,
Un comptoir flambant qui fait d’ l´effet
Une fleuriste qui vend ses fleurs aux amants
Et même aux enterrements

Je revois mon coin de rue
Aujourd´hui disparu
Je me souviens d´un triste soir
Où le cœur sans espoir
Je pleurais en attendant
Un amour de quinze ans
Un amour qui fut perdu
Juste à ce coin de rue

Et depuis, j´ai beaucoup voyagé
Trop souvent en pays étrangers
Mondes neufs, constructions ou démolitions
Vous m’ donnez des visions

Je crois voir mon coin de rue
Et soudain apparus
Je retrouve ma palissade
Mes copains, mes glissades
Mon muguet d’deux sous d’printemps
Mes quinze ans… mes vingt ans
Tout c’ qui fut et qui n´est plus
Tout mon vieux coin de rue.

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

CACHE-CACHE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



 

CACHE-CACHE

Voulez-vous jouer les amis
au jeu du petit lapin gris
ou bien au serpent à sonnette
dépêchez-vous la mort vous guette

Voleurs mendiants combinards
vous les tricheurs en série
tricheurs à la petite semaine
dépêchez-vous la mort vous guette

Vendus valets autres voyous
beaux travailleurs du chapeau
vous n’l’emporterez pas avec vous
dépêchez-vous la mort vous guette

(Philippe Soupault)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un arbre sans une branche (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Alphonse Mucha Dance 1898 38x60cm

Un arbre sans une branche
Un oiseau criant dimanche
L’herbe rase par ici

Des godasses pas étanches
Très peu d’atouts dans la manche
Une sauce à l’oignon frit

Un phono sur une planche
Un accordéon qui flanche
Des chats des rats des souris

Un vélo coupé en tranches
Un coup dur qui se déclenche
Des voyous des malappris

Un vague vive la
Franche par un
Auvergnat d’Avranche
Les Kabyles les Sidia

La putain qui se déhancha
Un passant séduit se penche
C’est cent sous pour le chéri

Des cheveux en avalanche
Des yeux non c’est des pervenches
Belles filles de Paris

Ma tristesse qui s’épanche
La fleur bleue ou bien la blanche
Et mon cœur qu’en a tant pris

Et mon cœur qu’en a tant pris
A Saint-Ouen près de Paris

(Raymond Queneau)

Illustration: Alphonse Mucha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La jeune folle (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2017



La jeune folle

A travers le parc elle court,
à demie nue,
échevelée,

s’accroche aux grilles,
lèche le fer, appelle
les voyous qui lorgnent et ricanent.

On l’arrache,
on l’entraîne, les mains liées,
vers la plus haute chambre.

On crie scandale,
on dit: Qu’elle se taise!
De sa chevelure on l’étouffe.

Noire dans sa beauté,
si jeune, si béante
et d’un sanglot brûlée,

comme une vitre où le feu brusque passe,
vite laissant l’obscur,

elle s’éteint.

(Jean Joubert)

Illustration: Pascal Renoux

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bouffée de printemps (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Bouffée de printemps

Tout poudroie au soleil, l’air sent bon le printemps.
Les femmes vont, au Bois sous leurs ombrelles claires.
Chiens, bourgeois et voyous, chacun a ses affaires.
Tout marche. Les chevaux de fiacre « ont vingt ans ».

Dans les jardins publics Guignol parle aux enfants
Aux tremblants crescendos des concerts militaires
Que viennent écouter de jaunes poitrinaires
Frissonnant aux éclats des cuivres triomphants.

Aux magasins flambants les commis font l’article,
Derrière les comptoirs des hommes à l’air fin
Pour vérifier un compte ont chaussé leur bésicle,

Chacun trime, rit, flâne ou pleure, vit enfin!
Seul, j’erre à travers tout, la lèvre appesantie
Comme d’une nausée immense de la vie.

(Jules Laforgue)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’oiseau voyou (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



chatetoiseau

L’oiseau voyou

Le chat qui marche l’air de rien
voulait se mettre sous la dent
l’oiseau qui vit de l’air du temps
oiseau voyou oiseau vaurien

mais plus futé l’oiseau lanlaire
n’a pas sa langue dans sa poche
et siffle clair comme eau de roche
un petit air entre deux airs.

Un petit air pour changer d’air
et s’en aller voir du pays
un petit air qu’il a appris
à force de voler en l’air

Faisant celui qui n’a pas l’air
le chat prend l’air indifférent.
L’oiseau s’estime bien content
et se déguise en courant d’air.

(Claude Roy)

 

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La route (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



 

Jane Whiting Chrzanoska 1948 - American painter -  (14)

La route

Une route est près d’ici,
J’entends le bruit des voitures,
Le vent, les pas indécis
D’une lourde créature
Qui va, qui vient, qui soupire,
Trébuche sur les cailloux,
Implore, mendie, expire.
Est-ce un dieu? Est-ce un voyou?

Lourdement sa main se dresse
Sur la prairie des cheveux.
Elle esquisse une caresse
Et crispe ses doigts nerveux.
Enfin le restant du corps
Surgit droit jusqu’aux nuages
Et le soleil couvre d’or
Le géant des marécages.

Est-ce Hercule? Ou est-ce Atlas?
Il marche à travers la plaine.
De son long sans un hélas
Il tombe et perd son haleine.
Il recouvre de sa masse
Le paysage en entier
Et puis plus rien, plus de trace,
Ni colline, ni sentier.

Moins réel que les mirages
Ainsi disparaît celui
Qui voulait dicter aux âges,
Aux vents, aux jours et aux nuits.

(Robert Desnos)

Illustration: Jane Whiting Chrzanoska

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PETITS VOYOUS (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2015



LES PETITS VOYOUS

Les petits voyous s’en vont à l’école.
Ils ramassent des cailloux pointus pour rayer les voitures.
Les plus belles, le plaisir est plus fort.
Les pardessus des petits voyous sont trop courts.
La mère est manoeuvre à l’usine.
Elle taille dans les vieux effets,entre onze heures et minuit.
La baraque est froide. Ses doigts sont gourds.
Les enfants sont couchés dans le même lit.
Ils ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre la misère.
A force, la misère, elle met des pierres dans les mains.

(Georges L. Godeau)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MON P’TIT VOYOU (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2015



 

Aaron Westerberg (13) [1280x768] [1280x768]

MON P’TIT VOYOU

Quand tout est gris
J’en bourre ma pipe à gamberger
D’ailleurs la vie m’a culotté
Quand tout est gris
J’en mets partout dans ta carrée
Y a pas de raison que je te laisse griser
La vie mon petit voyou
Ça se dresse un point c’est tout

Quand tout est bleu
Y a le permanent dans tes quinquets
Les fleurs d’amour s’foutent en bouquet.
Quand tout est bleu
C’est comme un train qui tend ses bras
Y a pas de raison que j’ne te prenne pas
La vie mon petit voyou
Ça se prend par le bon bout

Quand tout est vert
Et qu’la nature bat ses tapis
On y a joué tous nos habits
Quand tout est vert
C’est comme l’espoir qui va tout nu
On l’a fringué comme on a pu
La vie mon petit voyou
Ça se vend à des prix fous

Quand tout sera noir
Et qu’on fumera des fleurs fanées
On s’en repassera les mêmes goulées
Quand tout sera noir
Les petits oiseaux pourront becqueter
Aux mots d’amour qu’on a causé
Alors mon petit voyou
La vie qu’est-ce qu’on s’en fout

(Léo Ferré)

Illustration: Aaron Westerberg

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :