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Poésie

Posts Tagged ‘vue’

J’ai réussi à élargir les lèvres (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2019



Illustration: Gustav Klimt
    
J’ai réussi à élargir les lèvres,
pas l’angle de vue.
Le noir cache la mort,
se blottit dans ses couleurs.

Encore une approche manquée…
Trop de mots, décidément.
Trop de mots tonitruants.
Elle n’hésite plus, désormais,
à se montrer au grand jour,
au creux de la main,
au fond de la gorge,
la faucheuse…

Il n’est plus temps de jouer
à déclarer mille fois son amour.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Sky (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019




    
Sky

Il se cache dans sa lumière.
Je suis enfermé dans
une sphère d’illumination.

Je ne sais rien au-delà de ce qui est clair.
Cette transparence me borne,
et toute vue fait un voile.

Tout ce qui se peut voir
jusqu’à l’infini parallèle

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’alouette (Yayu)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019


alouette

 

Eternuant
je perds de vue
l’alouette

(Yayu)

 

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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LA SÉPARATION (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LA SÉPARATION

À la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu,
une paire d’yeux sombres et moites me revient à l’esprit :
Les lèvres compatissantes,
Un regard muet
Poignant dans sa supplication,
Avant de se séparer…
la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu.

Il pleut sans répit avec des éclairs,
Affolé le vent chante dans les bois.
Quelque part dans mon être
S’attarde un gémissement,
Une voix familière
Vient retentir dans mon coeur
A la vue d’un nuage vert foncé dans le ciel bleu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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Neige de mai (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Neige de mai

Une couche transparente se pose
Sur l’herbe neuve, et fond.
Cruel printemps de glace,
Toi qui tues les bourgeons pleins de sève.
Si atroce, la vue de la mort jeune,
Je n’arrive plus à regarder le monde.
J’ai en moi la tristesse que le roi David
En un geste royal offrit aux millénaires.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Henri Matisse (La tristesse du Roi David)

 

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Choses que tu vas m’éclairer (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



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Choses que tu vas m’éclairer
— toujours vues, sans être vues — ;
choses que je dois voir
en toi, lumière de chaque jour !

***

¡Cosas que me has de alumbrar
—vistas siempre, sin ser vistas—;
cosas que tengo que ver
en ti, luz de cada día!

(Juan Ramón Jiménez)

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Le savant nomme l’eau comme il la voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Le savant nomme l’eau comme il la voit
et ne sait pas de quoi elle est l’apothéose.
L’eau est fraîcheur et liberté, clarté :
le paradis de la fraîcheur et du reste.
Elle est le regard de ce qui donne la vue.

Ainsi, la vie est la grâce faite à l’être
de se connaître dans un amour ;
d’y mirer son innocence, puis son être
et bientôt de ne le plus distinguer
ni du miroir, ni de cet amour,
de ne sentir que cette grâce …

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants (Bernard de Chartres)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

califourchon

Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants.
Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux,
ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur,
c’est parce que nous sommes élevés par eux.

(Bernard de Chartres)

Illustration

 

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