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APRÈS-MIDI D’AUTOMNE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



 

érable rouge

APRÈS-MIDI D’AUTOMNE

Quand le silence
ici sur la côte
à quelques milles au nord
de la Rivière-au-Tonnerre

je bois ce qui reste de whisky
en regardant les feuilles d’érable
brûler dans la froide lumière

je dis au revoir à quelque chose
mais je ne sais pas à quoi
(Golfe du Saint-Laurent)

*

AUTUMN AFTERNOON

Big silence
here on the North Coast
a few miles up
from Thunder River

I drink the last of the whisky
watching the maple leaves
burning in the frosty light

I’m saying goodbye to something
but I don’t know what
(Gulf of the St. Lawrence)

(Kenneth White)

Illustration

 

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Lidl (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

Lidl

Lidl

Les allées du Lidl
et les Gitanes
et leurs enfants
et les gâteaux qui rendent gros
et le mauvais whisky
et le papier cul qui se troue
et la queue interminable
et l’air conditionné
me rendent
heureux.
Il y a toujours
des articles improbables
boussoles de survie
casques de moto
réveil station météo
à côté
des petits-beurre
et du gel douche
qui pique
le sguègue.
Et tout ça
pour pas cher !

(Balbino)

 

 

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Un poil dans l’âme (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Un poil dans l’âme

Il s’est souvent demandé
si sa fatigue

liberté ceci
volonté cela

et maladie
et patata

il n’a toujours pas
trouvé de réponse

trop fatigué

*

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

*

Son cauchemar
bien sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

*

Pour trouver
la sérénité
le fainéant ne fouille pas les poubelles
de ces philosophies
plus ou moins exotiques

Un bon canapé lui suffit
il reste ainsi des heures
vautré
dans son plus beau sourire

tandis que son esprit essaye
un un
tous les coussins de l’absolu

*

Si vraiment l’avenir
appartient à ceux
qui se lèvent tôt

le reste
appartient aux autres

Franchement
l’affaire
le fainéant la trouve
plutôt bonne

*

Des rêves de grandeur
il n’en nourrit
que pour son lit

Pour le reste
il veut bien
vivre en chien de fusil

*

Pour la beauté
c’est différent
Il n’a qu’à se laisser
transporter

*

De la fenêtre de sa chambre
des heures durant
il admire
l’élévation patiente
l’orgueil
la noblesse des arbres

Les arbres

la seule élite
respectable

*

Rien ne sert de courir

Nul besoin de fable
pour en persuader le fainéant

qui ajoute volontiers
rien ne sert de partir
rien ne sert d’arriver
ce pâté de lièvre est excellent

*

Évidemment
il grossit

rajoute chaque jour
un peu de gras

entre le monde et lui

*

Il n’est pas pour autant
pressé de mourir

Le sommeil
à de telles profondeurs
ne le tente pas encore

Nul n’est parfait

*

Faire son marché
suffit à épuiser
son besoin d’aventure

Dans le cabas
son odyssée
pèse moins que la laitue

D’ailleurs sa Pénélope
supporte mal
les attentes prolongées

*

Sa ligne de conduite
n’exige
qu’une géométrie minimale

Pourquoi perdre son temps
le long des droites
des courbes ou des brisées ?

Dormir
est le plus court chemin
d’un point au même point

*

Il s’affale
dans son fauteuil
gauloise
dans une main
verre
dans l’autre

Vingt heures
la télé
l’informe
de la santé
du monde

Écoutez
dans le whisky
le bonheur
fait craquer
les glaçons

(Jean-Michel Robert)

 

 

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Le tombeau (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Le tombeau

(extraits)

Un long pied nu sur ma bouche
Un long pied contre le cœur
Tu es ma soif, ma fièvre

pied de whisky
pied de vin
pied fou de terrasser

Ô ma cravache ma douleur
talon très haut me terrassant
je pleure de ne pas mourir

Ô soif
inapaisable soif
désert sans issue

Sous l’aile bourrasque de mort où je crie
aveugle, à deux genoux
et les orbites vides

Couloirs où je ris d’une nuit insensée
couloirs où je ris dans le claquement des portes
où j’adore une flèche
et j’éclate en sanglots

Le coup de clairon de la mort
mugit dans mon oreille
Au delà de ma mort
un jour
la terre tourne dans le ciel

Je suis mort et les ténèbres
altèrent
le sans finir avec le jour
L’univers m’est fermé

En lui je reste aveugle
accordé au néant
Le néant n’est que moi-même
L’univers n’est que ma tombe

Le soleil n’est que la mort
Mes yeux sont l’aveugle foudre
mon cœur est le ciel où l’orage éclate

En moi-même
au fond d’un abîme
l’immense univers
est la mort

Je suis la fièvre
le désir
je suis la soif

la joie qui retire la robe
et le vin qui fait rire
de n’avoir plus de robe

Dans un bol de gin
une nuit de fête
les étoiles tombent du ciel

Je lampe la foudre à longs traits
Je vais rire aux éclats
la foudre dans le cœur

(Georges Bataille)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Mon oursin et moi (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016




Mon oursin et moi

Un oursin dans mon poing fermé
j’ai serré les poings sans rien dire
et je crois qu’on a bavardé
et je crois que j’ai pu sourire

Sourire à Pierre à Paul à Georges
à Marie-Christine à Thomas
avec ce sable dans la gorge
et ce caillou dans l’estomac

Cache donc tes mains sous la table
ça n’est pas joli tout ce sang
et pour faire passer le sable
bois donc ce whisky qu’on te tend

Merci monsieur merci madame
(ô les bons principes reçus!)
Dans ta poche tu fourres ton âme
avec ton mouchoir par-dessus

Bravo… tapons-lui sur l’épaule
ce garçon est vraiment très bien
il réussit à être drôle
avec un oursin dans la main!

(Francis Blanche)

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DIEU EST NÈGRE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2015



 

Louis Armstrong

DIEU EST NÈGRE

Y avait dans la gorge à Jimmy
Tant de soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Tout comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

C´est à la une des quotidiens
Ça fait du tort aux diplomates
Jimmy l´a vu au p´tit matin
Avec un saxo dans les pattes
Dieu est nègre!

Armstrong est reçu chez le président
Il y est allé sans sa trompette
Depuis qu´il est entré là-dedans
C´est plus du blues, c´est la tempête
Dieu est nègre!

Ça fait du bruit dans le monde entier
À faire danser tous les cimetières
Les orgues à Saint-Germain-des-Prés
En perdent le souffle et la prière
Dieu est nègre!

Il a des p´tits cheveux d´argent
Qui font au ciel comme des mirages
Et dans sa gorge y a du plain-chant
Comme dans les bars du Moyen Âge
Dieu est nègre!

Et dans la gorge à mon Jimmy
Y a du soleil à trois cents balles
Du blues, du rêve et du whisky
Comme dans les bars de Pigalle
Dieu est nègre!

Et dans l´aube grise et toute glacée
Jimmy s´endort dans l´ caniveau
En jouant d´ la trompette bouchée
Dans sa bouteille de Jéricho
Pauvre et maigre!

(Léo Ferré)

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