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Posts Tagged ‘(William Blake)’

La voix du Diable (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



Illustration: William Blake
    
La voix du Diable

Toutes les Bibles ou les livres sacrés ont été la cause des
Erreurs suivantes :
1. Que l’Homme a deux principes d’existence réels : A savoir,
un Corps et une Âme.
2. Que seule l’Énergie, appelée le Mal, est du Corps ; et que
seule la Raison, appelée le Bien, est de l’Âme.
3. Que Dieu tourmentera l’Homme dans l’Éternité pour avoir
suivi ses Énergies.
Mais les Propositions Contraires, qui suivent, sont Vraies.
1. L’Homme n’a pas de Corps distinct de son Âme ; car ce qui
est appelé Corps est une partie de l’Âme discernée par les
cinq Sens, en notre âge les principales entrées de l’Âme.
2. L’Énergie seule est la vie et elle est du Corps ; et la Raison
est la limite ou la circonférence extérieure de l’Énergie.
3. L’Énergie est la joie Éternelle.

***

The Voice Of The Devil

All Bibles or sacred codes, have been the causes of the following Errors.
That Man has two real existing principles Viz: a Body & a Soul.
That Energy, call’d Evil, is alone from the Body, & that Reason, call’d Good, is alone from the Soul.
That God will torment Man in Eternity for following his Energies.
But the following Contraries to these are True.
Man has no Body distinct from his Soul; for that call’d Body is a portion of Soul discern’d by the five Senses, the chief inlets of Soul in this age.
Energy is the only life and is from the Body and Reason is the bound or outward circumference of Energy.
Energy is Eternal Delight.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Les augures de l’innocence (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



Illustration
    
Les augures de l’innocence

Voir un Monde dans un Grain de Sable
Et un Ciel dans une Fleur Sauvage
Tenir l’Infini dans le creux de ta main
Et l’Éternité dans une heure.

***

Auguries of Innocence

To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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L’éternité (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

 

Illustration: Viviane-Josée Restieau
    
L’éternité

Qui lie à soi-même une joie
Détruit la vie ailée ;
Mais qui baise la joie au sol
Vit dans le soleil levant de l’éternité.

***

Eternity

He who binds to himself a joy
Does the winged life destroy
He who kisses the joy as it flies
Lives in eternity’s sunrise

(William Blake)

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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A l’ombre d’un myrte (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017




    
A l’ombre d’un myrte

Pourquoi te serai-je lié,
Ô mon myrte charmant ?
L’amour, le libre amour, ne peut être lié
A nul arbre planté en terre.

Ô que j’étais malade et las
Étendu sous mon myrte
Semblable à la bouse sur le sol
Lié à mon myrte.

Souvent mon myrte soupirait en vain,
A contempler ma lourde chaîne ;
Souvent mon père nous vit soupirer
Et rit de notre naïveté.

Ainsi je l’abattis et son sang
Colora les racines issues du myrte.
Mais le temps de la jeunesse a fui
Et des cheveux gris couvrent ma tête.

***

In a Myrtle Shade

Why I should I be bound to thee,
O my lovely Myrtle-tree?
Love, free Love, cannot be bound
To any tree that grows on ground.

O! how sick and weary I
Underneath my Myrtle lie;
Like to dung upon the ground,
Underneath my Myrtle bound.

Oft my Myrtle sigh’d in vain
To behold my heavy chain:
Oft my Father saw us sigh,
And laugh’d at our simplicity.

So I smote him, and his gore
Stain’d the roots my Myrtle bore.
But the time of youth is fled,
And grey hairs are on my head.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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SUR LA TRISTESSE D’AUTRUI (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




SUR LA TRISTESSE D’AUTRUI

Puis-je voir le malheur d’autrui
Sans sa tristesse partager ?
Puis-je voir la douleur d’autrui
Sans tâcher de la soulager ?

Puis-je voir tomber une larme
Sans prendre ma part de tristesse ?
Un père peut-il voir pleurer
Son enfant sans être attristé ?

Une mère, entendre impassible
Un bébé gémir, apeuré ?
Non, non, jamais ce ne peut être,
Jamais, jamais ce ne peut être !

Le Souriant, peut-il entendre
Petits chagrins de roitelet,
Soucis et peines d’oiselet,
Malheurs qu’endurent les bébés,

Sans se tenir là, près du nid,
A verser en leur sein pitié,
Sans se tenir près du berceau
A pleurer les pleurs du bébé,

Sans se tenir là jour et nuit
A essuyer toutes nos larmes ?
Oh non, jamais ce ne peut être,
Jamais, jamais ce ne peut être !

Il fait à tous don de sa joie,
Il se change en petit enfant.
Il se change en homme de peine,
Et il prend part à leur tristesse.

Ne crois pas pouvoir soupirer
Sans que soit là ton créateur,
Ni pouvoir verser une larme
Sans que près soit ton créateur.

Oh, de sa joie il nous fait don
Pour pouvoir chasser notre peine ;
Tant que n’a pas fui notre peine,
Il est là, tout près, et gémit.

***

ON ANOTHER’S SORROW

Can I see another’s woe,
And not be in sorrow too?
Can I see another’s grief,
And not seek for kind relief?

Can I see a falling tear,
And not feel my sorrow’s share?
Can a father see his child
Weep, nor be with sorrow filled?

Can a mother sit and hear
An infant groan, an infant fear?
No, no, never can it be,
Never, never can it be!

And can he, who smiles on all,
Hear the wren with sorrows small,
Hear the small bird’s grief and care,
Hear the woes that infants bear,

And not sit beside the nest
Pouring pity in their breast,
And not sit the cradle near
Weeping tear on infant’s tear,

And not sit both night and day,
Wiping all our tears away?
Oh, no, never can it be,
Never, never can it be!

He doth give his joy to all,
He becomes an infant small.
He becomes a man of woe,
He doth feel the sorrow too.

Think not thou canst sigh a sigh,
And thy maker is not by;
Think not thou canst weep a tear,
And thy maker is not near.

Oh, he gives to us his joy
That our grief he may destroy;
Till our grief is fled and gone,
He doth sit by us and moan.

(William Blake)

Illustration

 

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LE JARDIN D’AMOUR (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




LE JARDIN D’AMOUR

Je me rendis dans le Jardin d’Amour,
Et vis ce que jamais je n’avais vu :
Une chapelle, au milieu, s’élevait
Sur le gazon où je jouais toujours.

Cette chapelle avait ses grilles closes,
Ne fais pas, écrit, surmontait la porte ;
Lors, je retournai au Jardin d’Amour,
Où il se trouvait tant de douces fleurs,

Et là je le vis plein de sépultures,
De pierres tombales en place de fleurs ?
Et, en robe noire, en ronde, des prêtres,
De ronces liaient mes joies, mes désirs.

***

THE GARDEN OF LOVE

I went to the Garden of Love,
And saw what I never had seen:
A chapel was built in the midst,
Where I used to play on the green.

And the gates of this chapel were shut,
And Thou shalt not writ over the door;
So I turned to the Garden of Love,
That so many sweet flowers bore,

And I saw it was filled with graves,
And tomb-stones where flowers should be?
And priests in black gowns were walking their rounds,
And binding with briars my joys and desires.

(William Blake)

Illustration: Jan Brueghel le jeune

 

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Le même arbre (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Un sage
ne voit pas le même arbre
qu’un fou.

(William Blake)

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LA ROSE MALADE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




LA ROSE MALADE

Ô rose, tu es malade :
L’invisible ver
Qui vole de nuit
Dans la tempête hurlante,

A trouvé où est ton lit
De joie cramoisie ;
C’est son noir amour secret
Qui détruit ta vie.

***

THE SICK ROSE

O rose, thou art sick:
The invisible worm
That flies in the night,
In the howling storm,

Has found out thy bed
Of crimson joy;
And his dark secret love
Does thy life destroy.

(William Blake)

Illustration: William Blake

 

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L’amour et l’harmonie (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




L’amour et l’harmonie

L’amour et l’harmonie s’unissent,
S’enlaçant autour de nos Ames,
Tandis que nos branches se mêlent
Et que nos racines se joignent.

***

Love and Harmony

Love and harmony combine,
And round our souls entwine
While thy branches mix with mine,
And our roots together join.

Joys upon our branches sit,
Chirping loud and singing sweet;
Like gentle streams beneath our feet
Innocence and virtue meet.

Thou the golden fruit dost bear,
I am clad in flowers fair;
Thy sweet boughs perfume the air,
And the turtle buildeth there.

There she sits and feeds her young,
Sweet I hear her mournful song;
And thy lovely leaves among,
There is love, I hear his tongue.

There his charming nest doth lay,
There he sleeps the night away;
There he sports along the day,
And doth among our branches play.

(William Blake)

Illustration

 

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LE PETIT GARÇON PERDU (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




LE PETIT GARÇON PERDU

« Père, père, où vas-tu ?
Ne marche pas si vite !
Oh, père, parle, parle à ton petit garçon,
Autrement je serai perdu. »

La nuit est noire, et pas de père,
Le garçon était mouillé de rosée,
Et le bourbier profond, et le garçon en pleurs,
S’envolait la vapeur.

***

THE LITTLE BOY LOST

`Father, father, where are you going?
Oh, do not walk so fast!
Speak, father, speak to your little boy,
Or else I shall be lost.’

The night was dark, no father was there,
The child was wet with dew;
The mire was deep, and the child did weep,
And away the vapour flew.

(William Blake)

 

 

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