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Timide (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Timide, la timide
Jeune fille de mon coeur,
Dans la lueur du feu
Se déplace l’air songeur.

Elle apporte les plats,
Et les met sur l’étagère.
J’irais bien, elle et moi,
Dans une île de la mer.

Elle apporte les bougies,
Et les rideaux éclaire,
Timide à contre-jour
Et timide dans le noir;

Et timide comme un lièvre,
Serviable et timide.
Je volerais, elle et moi,
Dans une île de la mer.

(William Butler Yeats)


Illustration: Edouard Manet

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L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

L’ÎLE SUR LE LAC, À INNISFREE

Que je me lève et je parte, que je parte pour Innisfree,
Que je me bâtisse là une hutte, faite d’argile et de joncs.
J’aurai neuf rangs de haricots, j’aurai une ruche
Et dans ma clairière je vivrai seul, devenu le bruit des abeilles.

Et là j’aurai quelque paix car goutte à goutte la paix retombe
Des brumes du matin sur l’herbe où le grillon chante,
Et là minuit n’est qu’une lueur et midi est un rayon rouge
Et d’ailes de passereaux déborde le ciel du soir.

Que je me lève et je parte, car nuit et jour
J’entends clapoter l’eau paisible contre la rive.
Vais-je sur la grand route ou le pavé incolore,
Je l’entends dans l’âme du coeur.

***

THE LAKE ISLE OF INNISFREE

I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made :
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honeybee,
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings ;
There midnight’s all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet’s wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water la pping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart’s core.

(William Butler Yeats)

Illustration

 

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Présences (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

Présences

Cette nuit fut si étrange que c’était
Comme si mes cheveux se dressaient sur ma tête.
Depuis le coucher du soleil j’ai rêvé
Que des femmes en riant, craintives ou féroces,
Dans des froissements de dentelles ou d’étoffes soyeuses,
Montaient l’escalier qui craquait. Elles avaient lu
Tout ce que j’avais mis en vers sur cette chose monstrueuse :
Un amour écouté mais non pas partagé.
Elles se tinrent sur le seuil de ma porte et se tinrent
Entre mon grand pupitre de bois et l’âtre
Jusqu’à ce que je puisse entendre battre leurs coeurs :
L’une est une catin, l’autre une enfant
Qui jamais ne jeta sur un homme un regard de désir,
Et une autre encore, qui sait, une reine.

***

Presences

This night has been so strange that it seemed
As if the hair stood up on my head.
From going-down of the sun I have dreamed
That women laughing, or timid or wild,
In rustle of lace or silken stuff
Climbed up my creaking stair. They had read
All I had rhymed of that monstrous thing
Returned and yet unrequited love.
They stood in the door and stood between
My great wood lectern and the fire
Till I could hear their hearts beating :
One is a harlot, and one a child
That never looked upon man with desire,
And one, it may be, a queen.

(William Butler Yeats)

Illustration

 

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UNE JEUNE DEMENTE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

UNE JEUNE DEMENTE

Cette jeune fille égarée qui improvisait sa musique,
Sa poésie, en dansant sur la rive,
Son âme divisée d’avec elle-même,
Grimpant, tombant elle ne savait où,
Se cachant dans la cargaison d’un navire de ligne,
Les rotules brisées, cette jeune fille, je la dis
Une chose grande et belle, ou encore une chose
Héroïquement perdue, héroïquement trouvée.

Peu importe quel désastre se produisait,
Elle se dressait, blessée, au milieu d’une musique désespérée,
Blessée, blessée, et de sa bouche triomphante,
Parmi les ballots épars et les corbeilles,
Ne sortait aucun son intelligible,
Mais ce seul chant : « Ô affamée de mer, mer affamée.»

***

A CRAZED GlRL

That crazed girl improvising her music,
Her poetry, dancing upon the shore,
Her soul in division from itself
Climbing, fafling she knew not where,
Hiding amid the cargo of a steamship,
Her knee-cap broken, that girl I declare
A beautiful lofty thing, or a thing
Heroically lost, heroically found.

No matter what disaster occurred
She stood in desperate music wound,
Wound, wound, and she made in her triumph
Where the bales an d the baskets lay
No common intelligibile sound
But sang, `O sea-starved, hungry sea.’

(William Butler Yeats)

Illustration: Arthur Hopkins

 

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De hautes dames se promènent sur les vertes prairies d’Avalon (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Avec des garçons et des filles tout autour,
Avec n’importe quel genre d’habit,
Avec un chapeau démodé,
Avec de vieux souliers rapetassés,
Avec un manteau de brigand tout en lambeaux,
Avec des yeux de faucon,
Avec un dos bien droit et raide,
Avec une démarche d’oie qui se rengorge,
Avec une bourse pleine de monnaie,
Avec un singe au bout d’une chaîne,
Avec une grande plume de coq,
Avec un vilain vieux refrain.
De hautes dames se promènent sur les vertes prairies d’Avalon.

***

With boys and girls about him,
With any sort of clothes,
With a hat out of fashion,
With old patched shoes,
With a ragged b andit cfoak,
With aneye like a hawk,
With a stiff straight back,
With a strutting turkey walk,
With a bag fullof pennies,
With a monkey on a chain,
With a great cock’s feather,
With an d old foul tune.
Tall dames go walking in grass-green Avalon.

(William Butler Yeats)

Illustration

 

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DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

DEUXIÈME CHANSON DE LA DAME

Quelle sorte d’homme est-il, celui qui vient
S’allonger entre tes jambes ?
Qu’importe, nous ne sommes que des femmes.
Lave-toi; parfume ton corps ;
J’ai des armoires pleines de fleurs séchées,
Je puis en parsemer les draps.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll aimera mon âme comme si
De corps il n’était point du tout,
Et il aimera ton corps
Sans être dérangé par l’âme.
Que l’amour emplisse les deux mesures de l’amour
Mais garde intacte sa substance.
Le Seigneur aie pitié de nous.

ll faudra bien que l’âme apprenne
L’amour que réclame mon sein,
Et tout le corps un amour qu’il a en commun
Avec les animaux les plus nobles.
Si l’âme peut voir, le corps toucher,
Où est la plus grande béatitude ?
Le Seigneur aie pitié de nous.

***

THE LADY’S SECOND SONG

What sort of manis coming
To fie between your feet?
What matter, we are but women.
Wash; make your body sweet;
I have cupboards of dried fragrance,
I can strew the sheet.
The Lord have mercy upon us.

He shall love my souf as though
Body were not at all,
He shall love your body
Untroubled by the soul,
Love cram love’s two divisions
Yet keep his substance whole.
The Lord have mercy upon us.

Soul must fearn a love that is
Proper to my breast,
Limbs a love in common
With every noble beast.
If soul may look and body touch,
Which is the more blest?
The Lord have mercy upon us.

(William Butler Yeats)

Illustration: Alain Bonnefoit

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Comme l’araignée d’eau (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

Comme l’araignée d’eau sur l’eau,
Son esprit va sur le silence.

***

Like a long-legged fly upon the stream
His mind moves upon silence.

(William Butler Yeats)

 

 

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CHANSON DE L’AMANT (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

CHANSON DE L’AMANT

l’oiseau soupire après le grand air,
La pensée après je ne sais quel lieu,
La semence après la matrice.
A présent le même repos
Descend baigner l’esprit, le nid,
Et les cuisses épuisées par l’effort.

***

THE LOVER’S SONG

Bird sighs for the air,
Thought for I know not where,
For the womb the seed sighs.
Now sinks the same rest
On mind, on nest,
On straining thighs.

(William Butler Yeats)

Illustration: Takahiro Hara

 

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A un écureuil à Kyle-Na-No (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018


 


 

A un écureuil à Kyle-Na-No

Viens donc jouer avec moi ;
Pourquoi faut-il que tu t’enfuies
A travers l’arbre qui s’agite,
Comme si j’avais un fusil
Pour t’abattre et te tuer ?
Alors que tout ce que je veux
C’est te gratter la tête
Et te laisser partir.

***
To a squirrel at Kyle-Na-No

Come play with me ;
Why should you run
Through the shaking tree
As though I’d a gun
To strike you dead ?
When all I would do
Is to scratch your head
And let you go.

(William Butler Yeats)

 

 

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TROISIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

TROISIÈME CHANSON DE LA DAME

Quand toi et mon fidèle amant serez ensemble
Et qu’il jouera ses airs entre tes jambes,
Ne va pas médire de l’âme
Ni croire que le corps soit tout,
Car moi qui suis sa dame de jour,
Je sais bien pire à propos du corps;
Mais, selon l’honneur, divise son amour,
Jusqu’à ce que l’un et l’autre, et ni l’un ni l’autre, n’ayiez assez,
Afin que j’entende, quand nous nous embrasserons,
Un serpent qui siffle en contrepoint de nos baisers,
Et toi, quand sa main explorera ta cuisse,
Tous les cieux en travail qui soupirent.

***

THE LADY’S THIRD SONG

When you and my true lover meet
And he plays tunes between your feet,
Speak no evil of the soul,
Nor think that body is the whole,
For I that am his daylight lady
Know worse evil of the body;
But in honour split his love
Tilleither neither have enough,
That I may hear if we should kiss
A contrapuntal serpent hiss,
You, should hand explore a thigh,
All the fabouring heavens sigh.

(William Butler Yeats)

Illustration: Javier Calvo

 

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