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CHANSON DE L’AMANT (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

CHANSON DE L’AMANT

l’oiseau soupire après le grand air,
La pensée après je ne sais quel lieu,
La semence après la matrice.
A présent le même repos
Descend baigner l’esprit, le nid,
Et les cuisses épuisées par l’effort.

***

THE LOVER’S SONG

Bird sighs for the air,
Thought for I know not where,
For the womb the seed sighs.
Now sinks the same rest
On mind, on nest,
On straining thighs.

(William Butler Yeats)

Illustration: Takahiro Hara

 

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A un écureuil à Kyle-Na-No (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018


 


 

A un écureuil à Kyle-Na-No

Viens donc jouer avec moi ;
Pourquoi faut-il que tu t’enfuies
A travers l’arbre qui s’agite,
Comme si j’avais un fusil
Pour t’abattre et te tuer ?
Alors que tout ce que je veux
C’est te gratter la tête
Et te laisser partir.

***
To a squirrel at Kyle-Na-No

Come play with me ;
Why should you run
Through the shaking tree
As though I’d a gun
To strike you dead ?
When all I would do
Is to scratch your head
And let you go.

(William Butler Yeats)

 

 

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TROISIÈME CHANSON DE LA DAME (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

TROISIÈME CHANSON DE LA DAME

Quand toi et mon fidèle amant serez ensemble
Et qu’il jouera ses airs entre tes jambes,
Ne va pas médire de l’âme
Ni croire que le corps soit tout,
Car moi qui suis sa dame de jour,
Je sais bien pire à propos du corps;
Mais, selon l’honneur, divise son amour,
Jusqu’à ce que l’un et l’autre, et ni l’un ni l’autre, n’ayiez assez,
Afin que j’entende, quand nous nous embrasserons,
Un serpent qui siffle en contrepoint de nos baisers,
Et toi, quand sa main explorera ta cuisse,
Tous les cieux en travail qui soupirent.

***

THE LADY’S THIRD SONG

When you and my true lover meet
And he plays tunes between your feet,
Speak no evil of the soul,
Nor think that body is the whole,
For I that am his daylight lady
Know worse evil of the body;
But in honour split his love
Tilleither neither have enough,
That I may hear if we should kiss
A contrapuntal serpent hiss,
You, should hand explore a thigh,
All the fabouring heavens sigh.

(William Butler Yeats)

Illustration: Javier Calvo

 

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Une chanson (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

Une chanson

Je pensais qu’il ne fallait rien
Pour prolonger la jeunesse
De plus qu’haltères et fleuret
Qui conservent jeune le corps.
Oh, qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

Pour plaire j’ai certes des mots,
Mais quelle femme s’en contente
Si je ne perds plus mon sang-froid
Du seul fait d’être à côté d’elle ?
Oh, qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

Je n’ai pas perdu le désir,
Mais bien mon coeur d’autrefois ;
Je croyais bien qu’il brûlerait
Mon corps jusqu’à son lit de mort,
Car qui aurait pu prédire
Que le coeur vieillirait aussi ?

***

A song

I thought no more was needed
Youth to prolong
Than dumb-bell and foil
To keep the body young.
O who could have foretold
That the heart grows old ?

Though I have many words,
What woman’s satisfied,
I am no longer faint
Because at her side?
O who could have foretold
That the heart grows old ?

I have not lost desire
But the heart that I had ;
I thought ‘twould burn my body
Laid on the death-bed,
For who could have foretold
That the heart grows old ?

(William Butler Yeats)

Illustration: Edward Hopper

 

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POLITIQUE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

POLITIQUE

Comment pourrais-je, avec cette fille, là, devant moi,
Me concentrer sur les problèmes
De la politique de Rome,
De la Russie ou de l’Espagne ?
Pourtant, voici un homme qui a beaucoup voyagé
Et qui sait de quoi il parle,
Et voici un politicien
Qui a lu et médité,
Et sans doute ce qu’ils disent est-il vrai,
Quand ils parlent de guerre et des risques de guerre,
Mais ah ! si seulement j’étais jeune,
Si je la tenais dans mes bras !

***

POLITICS

How can l, that girl standing there,
My attention fix
On Romanor on Russian
Or on Spanish politics?
Yet here’s a travelled man that knows
What he talks about,
And there’s a politician
That has read and thought,
And maybe what they say is true
Of war and war’s alarms,
But O that I were young again
And held her in my arms!

(William Butler Yeats)

Illustration: Albert Lynch

 

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LA MÉMOIRE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

LA MÉMOIRE

Une avait un beau visage,
Deux ou trois autres du charme,
Mais charme et beauté rien ne purent

Puisque l’herbe de la montagne
Ne peut que garder fa forme
De ce lièvre de la montagne
Qui y gîta une nuit.

***

MEMORY

One had a lovely face,
And two or three had charm,
But charm and face were in vain
Because the mountain grass
Cannot but keep the form
Where the mountain hare has lain.

(William Butler Yeats)

Illustration: Anton Raphael Mengs

 

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Je porte (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018


 


 

Je porte le soleil dans ma coupe d’or,
La lune en un sac d’argent.

***

I carry the sun in a golden cup,
The moon in a silver bag.

(William Butler Yeats)

 

 

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LA MORT (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



 

LA MORT

Ni effroi ni espoir
Pour l’animal qui meurt,
Mais l’homme attend sa fin
Craignant, espérant tout.
Que de fois est-il mort
Puis se relève !
Le grand homme, lui, seul
Devant ses meurtriers,
A cet orgueil qui jette
Dérision sur le simple
Détrônement du souffle.
Il sait la mort à fond,
— L’homme a créé la mort.

***

DEATH

Nor dread nor hope attend
A dying animal;
A man awaits his end
Dreading and hoping all;
Many times he died,
Many times rose again.
A great man in his pride
Confronting murderous men
Casts derision upon
Supersession of breath ;
He knows death to the bone—
Man has created death.

(William Butler Yeats)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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LE CHAGRIN DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

LE CHAGRIN DE L’AMOUR

Le piaillement d’un moineau sur le toit,
La lune étincelante par tout le ciel
Et toute cette harmonie fameuse, les feuillages,
Avaient bien effacé l’image de l’homme, et son cri d’angoisse.

Mais une fille surgit, aux lèvres rouges de deuil,
Qui sembla la grandeur du monde en larmes,
Condamnée comme Ulysse et les vaisseaux qui boitent
Au loin, fière comme Priam assassiné.

Surgit, et dans l’instant les gouttières bruyantes,
La lune qui grimpait à un ciel vide
Et toute cette lamentation dans les feuillages
Ne purent qu’être l’image de l’homme, et tout son cri.

***

THE SORROW OF LOVE

The brawling of a sparrow in the eaves,
The brilliant moon and all the milky sky,
And all that famous harmony of leaves,
Had blotted out man’s image and his cry.

A girl arose that had red mournful lips
And seemed the greatness of the world in tears,
Doomed like Odysseus and the labouring ships
And proud as Priam murdered with his peers ;

Arose, and on the instant clamorous eaves,
A climbing moon upon an empty sky,
And all that lamentation of the leaves,
Could but compose man’s image and his cry.

(William Butler Yeats)

Illustration: David Brayne

 

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On devient sage avec le temps (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018


 


 

On devient sage avec le temps
Je suis fatigué de rêver,
Triton de marbre usé par les pluies et les vents
Sous le flot des fontaines ;
Et tout le jour je contemple
La beauté de cette femme
Comme si j’avais trouvé dans un livre
Le portrait d’une beauté,
Heureux de m’en emplir les yeux
Ou les oreilles attentives,
Enchanté de n’être que sage
Puisqu’on ne l’est qu’avec le temps ;
Et pourtant, et pourtant,
Ceci est-il mon rêve, ou la vérité ?
Ah, je voudrais que nous nous soyons rencontrés
Au temps où je brûlais ma jeunesse !
Mais j’ai vieilli parmi les rêves,
Triton de marbre usé par les pluies et les vents
Sous le flot des fontaines.

***

Men improve with the years
I am worn out with dreams ;
A weather-worn, marble triton
Among the streams ;
And all day long I look
Upon this lady’s beauty
As though I had found in a book
A pictured beauty,
Pleased to have filled the eyes
Or the discerning ears,
Delighted to be but wise,
For men improve with the years ;
And yet, and yet,
Is this my dream, or the truth ?
O would that we had met
When I had my burning youth !
But I grow old among dreams,
A weather-worn, marble triton
Among the streams.

(William Butler Yeats)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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