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Posts Tagged ‘(William carlos Williams)’

CHANSON D’AMOUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

orme

CHANSON D’AMOUR

BALAIE la maison,
suspends de frais rideaux
aux fenêtres
mets une robe neuve
et viens avec moi !

L’orme éparpille
ses miettes
d’odeurs douces
du haut d’un ciel blanc !

Qui entendra parler de nous
dans les temps à venir ?
Que l’on dise qu’il y eut
un éclat de parfum
émané de branches noires.

***

LOVE SONG

SWEEP the house clean,
hang fresh curtains
in the windows
put on a new dress
and come with me !

The elm is scattering
its little loaves
of sweet smells
from a white sky !

Who shall hear of us
in the time to come ?
Let him say there was
a burst of fragrance
from black branches.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

http://www.livegalerie.com/Peinture,l_orme_de_St-Rodrigue,fortin_paysagiste,105181.html

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LA BROUETTE ROUGE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



brouette rouge

LA BROUETTE ROUGE

QUE de choses dépendent
d’

une rouge brou-
ette

vernie par l’eau
de pluie

à côté de blancs
poulets

***

THE RED WHEELBARROW

So much depends
upon

a red wheel
barrow

glazed with rain
water

beside the white
chickens

(William Carlos Williams)

 
et voir ici:
http://www.rogerebert.com/balder-and-dash/so-much-depends-upon-a-red-wheel-barrow

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CHOSES ILLICITES (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



CHOSES ILLICITES

L’EAU continue de couler—
La grive de chanter

pourtant
au bord du ciel

au fin fond
du lointain

se mêlent…
… les échos du canon !

Dont le silence rappelle
de vallée

en vallée à la paix
de même que les poèmes conservent

le langage
d’anciennes extases.

les éclairs et les bruits de la guerre ;
demeures dont les chambres
sont les plus froides que l’on puisse imaginer,

ils sont partis tous ceux que nous aimions,
les lits restent vides, les divans
moites, les chaises inutiles —

Allez cacher tout cela quelque part
hors de l’esprit, que cela s’enracine
et pousse, à l’écart

des oreilles et des yeux jaloux — pour soi-même.
Dans cette mine, ils viennent tous creuser.
Est-ce la souche de la plus douce

musique ? La source de la poésie qui
voyant la pendule arrêtée, dit
La pendule s’est arrêtée

qui hier encore marchait si bien ?
et elle entend le clapotis de l’eau du lac
— qui maintenant est devenue de pierre.

***

ILLEGITIMATE THINGS

WATER still flows —
The thrush still stings

though in
the skirts of the sky

at the bottom of
the distance

huddle…
…echoing cannon !

Whose silence revives
valley after

valley to peace
as poems still conserve

the language
of old ecstasies.

the flashes and booms of war ;
houses of whose rooms
the cold is greater than can be thought,

the people gone that we loved,
the beds lying empty, the couches
damp, the chairs unused —

Hide it away somewhere
out of the mind, let it get roots
and grow, unrelated to jealous

ears and eyes — for itself.
In this mine they come to dig — all.
Is this the counterfoil to sweetest

music ? The source of poetry that
seeing the clock stopped, says,
The clock has stopped

that ticked yersterday so well ?
and hears the sound of lakewater
splashing — that is now stone.

(William Carlos Williams)
Illustration: ArbreaPhotos

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DES FLEURS PRES DE LA MER (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



 

marguerites

DES FLEURS PRES DE LA MER

QUAND par-dessus la bordure du pré fleuri,
jusqu’alors invisible, l’océan salé

soulève son visage — chicorées et marguerites
en une marée déchaînée, ne sont plus seulement fleurs

mais couleur et mouvement — ou la forme
peut-être — de la turbulence, tandis

que la mer s’arrondit et se balance
paisiblement, comme une plante sur sa tige

***

FLOWERS BY THE SEA

WHEN over the flowery, sharp pasture’s
edge, unseen, the salt ocean

lifts its form — chicory and daisies
tide, released, seem hardly flowers alone

but color and the movement — or the shape
perhaps — of restlessness, whereas

the sea is circled and sways
peacefully upon its plantlike stem

(William Carlos Williams)

 

 

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Je sens la caresse (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Je sens la caresse de mes doigts
sur mon cou quand je mets mon col
et je pense avec tendresse
aux douces dames que j’ai connues.

(William Carlos Williams)

Illustration: Orestes Bouzon

 

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ODEUR (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



 

nez

ODEUR

OH nez à l’arête puissante et aux trous profonds
qui est le mien ! que ne sentirais-tu ?
Quels ânes indiscrets nous sommes, toi et moi, nez ossu,
toujours à l’aventure, toujours effronté,
et voici maintenant les fleurs amères des peupliers
en haillons : une pulpe suppurante sur la terre humide
au-dessous d’eux. De quelle soif profonde
s’exaspèrent nos désirs
pour ce parfum fétide du printemps qui passe !
Ne sois pas indécent. Ne peux-tu réserver tes ardeurs
pour des choses plus aimables ? Quelle fille prendra garde
à nous, penses-tu, si nous continuons ainsi?
Dois-tu goûter à toute chose ? Dois-tu connaître toute chose ?
Dois-tu prendre part à toute chose ?

***

SMELL

OH strong ridged and deeply hollowed
nose of mine ! what will you not be smelling ?
What tactless asses we are , you and I, boney nose,
always indiscriminate, always unashamed,
and now it is the souring flowers of the bedraggled
poplars : a festering pulp on the wet earth
beneath them. With what deep thirst
we quicken our desires
to that rank odor of a passing springtime !
Can you not be decent ? Can you not reserve your ardors
for something less unlovely ? What girl will care
for us, do you think, if we, continue in these ways ?
Must you taste everything? Must you know everything ?
Must you have a part in everything ?

(William Carlos Williams)

 

 

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L’ESPRIT HÉSITANT (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018



 

L’ESPRIT HÉSITANT

PARFOIS le fleuve
devient un fleuve dans l’esprit

ou de l’esprit
ou dans et de l’esprit
ses rives neigent
la marée qui descend
fait une ligne sombre entre
l’eau et le rivage

Et l’esprit hésitant
qui regarde les flots
conçoit
la ressemblance qu’il

va trouver — une complexe
image : quelque chose
comme de blancs sourcils
liés par un ruban

une pensée charbonneuse
au delà, oui bien au delà
des traits mobiles
des eaux au cours

rapide, avant
que la marée
ne change
et monte de nouveau, peut-être.

***

THE MIND HÉSITANT

SOMETIMES the river
becomes a river in the mind
or of the mind
or in and of the mind

its banks snow
the tide falling a dark
rim lies between
the water and the shore

And the mind hesitant
regarding the stream
senses
a likeness which it

will find — a complex
image : something
of white brows
bound by a ribbon

of sooty thought
beyond, yes well beyond
the mobile features
of swiftly

flowing waters, before
the tide will
change
and rise again, maybe

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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AURORE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



 

AURORE

LES chants d’oiseaux en extase martèlent
la profonde étendue du ciel
avec de métalliques tintements —
font monter de la couleur
à l’horizon lointain, — la frappent et La frappent
avec une ardeur triomphante —
la mélangent à la chaleur,
avivent en elle une métamorphose qui s’étend —
éclatant sauvagement comme s’il
écartelait l’horizon, un lourd soleil
se lève — s’est levé —
peu à peu sur la crête
des choses, — court enfin librement
à ciel ouvert — ! d’une lourde démarche
en plein essor glorifié —
les chants ont cessé.

***

DAWN

ECSTATIC bird songs pound
the hollow vastness of the sky
with metallic clinkings —
beating color up into it
at a far edge, — beating it, beating it
with rising, triumphant ardor, —
stirring it into warmth,
quickening in it a spreading change, —
bursting wildly against it as
dividing the horizon, a heavy sun
lifts himself — is lifted —
bit by bit above the edge
of things, — runs free at last
out into the open — ! lumbering
glorified in full release upward —
songs cease.

(William Carlos Williams)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

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PORTRAIT D’UNE DAME (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



 

Jean-Honoré Fragonard - Young Woman Playing with a Dog

PORTRAIT D’UNE DAME

Vos cuisses sont des pommiers
dont les fleurs touchent le ciel.
Quel ciel ? Le ciel
où Watteau suspendit une pantoufle
de femme. Vos genoux
sont une brise du sud — ou
une rafale de neige. Ah ! quelle
sorte d’homme était ce Fragonard ?
— comme si cela répondait
à quoi que ce soit. Ah, oui — au-dessous
des genoux, puisque par là
s’écoule la musique, c’est
un blanc jour d’été,
les hautes herbes de vos chevilles
tremblent sur le rivage —
Quel rivage ? —
le sable se colle à mes lèvres —
Quel rivage ?
Ah, des pétales peut-être. Comment
le saurais-je ?
Quel rivage ? Quel rivage ?
J’ai dit des pétales de pommier.

***

PORTRAIT OF A LADY

YOUR thighs are appletrees
whose blossoms touch the sky.
Which sky ? The sky
where Watteau hung a lady’s
slipper. Your knees
are a southern breeze — or
a gust of snow. Agh ! what
sort of man was Fragonard ?
— as if that answered
anything. Ah, yes — below
the knees, since the tune
drops that way, it is
one of those white summer days,
the tall grass of your ankles
flickers upon the shore —
Which shore? —
thesand clings to my lips —
Which shore ?
Agh, petals maybe. How
should I know ?
Which shore? Which sho re?
I said petals from an appletree.

(William Carlos Williams)

Illustration: Jean-Honoré Fragonard

 

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Chant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

neige  [1280x768]

Chant

Tu es à jamais avril
pour moi
l’éternel indécis

forsythia blonde
jeune fille aux jambes
bien droites

à qui dans mon
ignorance
j’apprenais

à lire les poèmes
mes bras
autour de ton cou

nous nous sommes cramponnés l’un à l’autre
péril
leusement

plus qu’une jeune
fille
ne devrait savoir

un coup de gel
brûla
des fleurs jaunes

au printemps
de
l’année

***

Song

you are forever April
to me
the eternally unready

forsythia a blonde
straight
fegged girl

whom I myself
ignorant
as I was taught

to read the poems
my arms
about you neck

we clung together
peril
ously

more than a young
girl
should know

a burst of frost
nipped
yellow flowers

in the spring
of
the year

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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