Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(William Faulkner)’

À HELENE, QUAND ELLE NAGE (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Eric Zener
    
À HELENE, QUAND ELLE NAGE

L’or de quelques doux étés fait
Qu’elle revient l’été céder vite au désir
Et qu’elle calme la musique éclatante qui est sienne
Par des mains d’une eau agitée d’un feu bouillonnant.

Où le vent cisèle de son mouvement dans la vallée
Les remparts taillés et changeants, lentement mis en place,
L’eau argentée déforme de ses mains réticentes
Sa poitrine de garçon et ses flancs droits de garçon.

À travers cette cité naissante déjà ciselée
De bras de mer majestueux et continus,
L’eau et ses mains interrompent de leur vert regret
La pure musique brune de ses genoux.

***

TO HELEN, SWIMMING

The gold of smooth and numbered summers does
She back to summer give in swift desire
And hushed the flashing music that is hers
By hands of water mooned to bubbled fire.

Where wind carves of its valleyed unrepose
Hewn changing battlements in slow deploy,
Silver reluctant hands of water lose
Her boy’s breast and the plain flanks of a boy.

Throughout this surging city carven yet
To measured ceaseless corridors of seas,
Hands of water hush with green regret
The brown and simple music of her knees.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BILL (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration
    
BILL

I
C’était le fils de la terre, et avant et après tout
Le rêve entier de son coeur aurait été sien, s’il avait été sage,
Ayant espace et lumière le nourrissant par les yeux,
Mais par le don des langues le fils fut maudit.

Il avait vite pillé la lumière des étoiles
Et pris des arbres le vent; de l’amour, de la mort
Il a fièrement fait un schibboleth stérile,
Assourdi, il oublia ce qu’était le silence.

Alors il découvrit que le silence avait un Nom,
Que la lumière des étoiles lui montrait un visage,
Il trouva à nouveau le vent dans l’herbe et la feuille, et Elle
Comme des ailes argentées sans fin qui respirent et battent
Plus lourdes et réelles que la musique, ou qu’une flamme
D’étoile lumineuse, et il se tait, étant avec elle.

***

BILL I

Son of earth was he, and first and last
His heart’s whole dream was his, had he been wise,
With space and light to feed it through his eyes,
But with the gift of tongues he was accursed.

Soon he had refs the starlight from the stars
And wind from trees he took, of love and death
He proudly made a sterile shibboleth,
‘Till deafened, he forgot what silence was.

Then he found that silence held a Name,
That starlight held a face for him to see,
Found wind once more in grass and leaf, and She
Like silver ceaseless wings that breathe and stir
More grave and true than music, or a flame
Of starlight, and he’s quiet, being with her.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Du calme, vieux fou (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



    

Du calme, vieux fou: ce n’est pas pour toi.
Quelque part c’est le printemps avec du vert et de l’or pur
Et cruel avril ensemencé par une vallée encaissée,
Quelque part l’amère lune décroissante pâlit
Et le jour de colline en colline s’éveille dans un froid féroce.

Sur la terre déjà alerte et pleine de vent et de soleil
Où les printemps refécondent leur mouvement vernal,
Où je dors maintenant, je gis et m’accroche,
Mais sauvage la terre qui m’abrita à mes vingt et un ans.

Quelque part une lune croissante qui ne me trouvait pas
Priva ensuite du bleu les jardins sans vent,
Quelque part une verte blessure perdue (mais c’est mieux
Qu’un accablement totalement oublié)
Quelque part une jeunesse, une bouche charmante à embrasser…

***

Somewhere is spring with green and simple gold
And cruel April spawned by loined vale,
Somewhere the dying bitter moon grows pale
And day from hill to hill wakes fie ry-cold.

In earth yet quicked and filled by wind and sun
Where springs rewomb their vernal gesturing,
Where I now sleep, I closer lie and cling,
But wild were earth housed me at twenty-one.

Somewhere a moon that waxed and found me not
Then waned the windless gardens of the blue,
Somewhere a lost green hurt (but better this
Than in rich desolation long forgot)
Somewhere is youth, a grave sweet mouth to kiss —
Still, you fool, lie still: that’s not for you.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉCEMBRE: A ELISE (William Faulkner)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
DÉCEMBRE: A ELISE

Où s’est envolé le printemps qu’ensemble avons connu?
Les branches de l’an dernier sont stériles;
Mais j’ai vu tes mains saisir le temps hivernal
Et en lisser la pluie, et le laisser limpide.

Si de l’arbre assoupi ces feuilles brunes et tristes,
Si seulement les regrets se noyaient au départ du printemps,
Il n’y aurait plus chaque jour qui s’égoutte et pleure
Une année vide et amère dans mon coeur.

Dans l’hiver de mon coeur tu étais un arbre en bourgeons,
Et le printemps semblait encore plus doux, venant tard;
Tu étais le vent qui poussa le printemps jusqu’
Un jardin désolé.

Tu étais tout le printemps, et mai et juin
Verdirent plus radieux dans ta chair, mais maintenant
La pluie assombrit l’année, et morts le soleil et la lune,
Et le monde entier est noir, Ô beauté.

***

DECEMBER: TO ELISE

Where has flown the spring we knew together?
Barren are the boughs of yesteryear;
But I have seen your hands take wintry weather
And smoothe the rain from it, and leave it fair.

If from sleep’s tree these brown and sorry leaves,
If but regret could drown when springs depart,
No more would be each day that drips and grieves
A bare and bitter year within my heart.

In my heart’s winter you were budding tree,
And spring seemed all the sweeter, being late;
You the wind that brought the spring to be
Within a garden that was desolate.

You were all the spring, and May and June
Greened brighter in your flesh, but now is dull
The year with rain, and dead the sun and moon,
And all the world is dark, O beautiful.

(William Faulkner)

 

Recueil: Hélène: ma cour
Traduction: Michèle Plâa et Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :