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Poésie

Posts Tagged ‘yeux’

Tu as ce visage lisse (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



tu as ce visage lisse
ces gestes calmes
ce regard assuré
et tu vas d’un pas
tranquille

tu es la geôle
et le geôlier
d’un paria
que tu ne veux pas connaître
que tu refuses de nourrir
dont tu subis la faim la loi
que tu voudrais assassiner

j’entends ses cris
dans tes yeux

(Charles Juliet)

Illustration: René Magritte

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Lumière (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



ma lumière
marche
au-devant
de la lumière
dont tes yeux
s’enivrent

(Charles Juliet)

Illustration: Lucie Chicoine

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Regard (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



un regard
toujours plus
avide

le corps
entier
devient
oeil

sphère
captant
les sphères

happé

embrasé

consumant
centre
cercle

n’étant
qu’espace

les yeux
brûlés
par la vision

(Charles Juliet)

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immobile yeux clos (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



immobile yeux clos
reclus au plus intime
m’épuisant à mourir
me préparant à naître
scrutant l’invisible
jusqu’à l’hébétude

ou je déambule par les rues
aussi vivant qu’une pierre
le regard vitreux
miné par l’à quoi bon
de tant d’heures inutiles

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Tout entier visage (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

Tout entier visage
(extraits)

c’était quoi
comprendre
une
fois
cet arbre me comprend
et moi quand je prends des yeux
j’ai mal aux autres
loin n’est plus loin
moins je sais
mieux je comprends

***

la vie envoie de la vie
à chaque regard chaque nouveau
visage est le visage de
notre vie les yeux partout
des démesures du plaisir
le monde
s’endort
dans mes yeux
pas moi

(Henri Meschonnic)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Je suis dans le rire (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



je suis dans le rire
qui va de lèvre en lèvre
moi les caresses
sur tous les seins
moi les larmes
de tous les yeux
sans rien comprendre
je serre la vie
dans mes bras

(Henri Meschonnic)


Illustration

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AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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L’Azur (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



L’Azur

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poète impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera la marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Eteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

– Le Ciel est mort. – Vers toi, j’accours ! Donne, ô matière
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
A ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché.

Car j’y veux, puisqu’enfin ma cervelle vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur.

En vain ! L’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angélus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! L’Azur ! L’Azur ! L’Azur !

(Stéphane Mallarmé)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Les mots bleus (Daniel Bevilacqua)(Christophe)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



mots_bleus-jpg

Les mots bleus

Il est six heures au clocher de l’église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l’attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu’on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m’élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l’instant fragile
D’une rencontre
D’une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l’appellerai sans la nommer

Je suis peut-être démodé
Le vent d’hiver souffle en avril
J’aime le silence immobile
D’une rencontre
D’une rencontre

Il n’y a plus d’horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu’elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu’on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l’on donne
Sont comme les baisers que l’on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l’instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d’amour sans paroles
N’a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
les mots qu’on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus

(Daniel Bevilacqua)(Christophe)

 

 

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La nuit venait nager nue (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
la nuit venait nager nue
dans le golfe de nos gestes

elle ruisselait d’étoiles
qui tombaient dans nos yeux clos

si fatale était la douceur
nos souffles brisés s’enlaçaient pour renaître

nous restions seuls sous l’arche du silence
l’air se chargeait peu à peu de mémoire

nos mains jamais n’avaient assez d’oubli
un feu dansait dans l’été gémissant

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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