Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘yeux’

Premier baiser (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017




    
Premier baiser

Pour tous deux en classe primaire
La journée passait en leçons.
Le soir la route familière
Nous ramenait la maison.

Au cours de cet itinéraire
Nous mangions le morceau de pain
Qu’avait prépare notre mère
Avant le départ du matin.

J’essayais avec innocence
De l’embrasser, sans résultat.
Pour surmonter sa résistance
J’ai proposé du chocolat.

Quand elle eut fini ma tablette
J’ai du femer les yeux avant
De sentir ses lèvres discrètes
Sm les miennes un bref instant.

Si ce baiser fut éphémère
Son souvenir subsistera
Si douce fut sa bouche légére
Barbouillée de mon chocolat.

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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ON MEURT SANS MÊME SE REGARDER MOURIR (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

ON MEURT SANS MÊME SE REGARDER MOURIR

On meurt sans
même se
regarder mourir.

Vous le disiez.

Sa propre main
sur les yeux.

Tu le craignais.

Peut-être afin
d’enfermer puis de coudre
à jamais cette image.

Dans le sac.

Mais l’obscurité
qu’annonce-t-elle
au juste?

On la dit soeur
incestueuse
de la flamme.

De cette lumière
qui nous anime.

Avant d’en terminer.

Les mains jointes
de force.

(Franck Venaille)

 

 

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Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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Poète (Jean Dauby)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



    

Illustration: Gao Xingjian

Poète,

Il faut garder les chants d’amour au fond des gorges,
ne pas laisser les mains écrire leurs caresses
et les yeux refléter les splendeurs visitées.
Le plaisir doit dormir dans les chambres secrètes
et les amants se taire.

Il faut clamer les chants de peur sur les sommets,
les thrènes de pitié tout au long des chemins,
les cris de liberté aux échos des forêts,
les dures vérités à la face des mers
et toujours avoir faim.

Ton coeur et tes amours n’intéressent personne.
Les fleurs et les oiseaux sont morts sous ton stylet.
Ecoute, écoute les balbutiements des hommes,
et que ta chair et que ton sang se fassent verbe
pour habiter en tous.

(Jean Dauby)

 

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Babel (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Maarten van Heemskerck
    
Babel

Sur le chemin de la ville,
que mes électriciens avaient envahie
pour lui donner les yeux de la prochaine nuit,
je vis un homme assis qui jouait avec un bœuf d’ébène,
plus petit que mon rêve et plus grand qu’un château.

Je lui dis : «Père, as-tu froid?», car il était nu.
Il me regarda sans réponse.
Je criai : «Père, es-tu sourd? ».
Mais il ne dit rien non plus.

Quand je fus à l’auberge
où je voulais passer la nuit,
l’hôte me conduisit à l’écurie.

Dans cet étrange pays,
les gens prétendent que je suis un cheval.
C’est vrai, sans doute,
et l’homme ne peut m’avoir compris si je hennis.

Dans mon pays, pourtant,
je suis ingénieur nucléaire.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable
Editions: La Fenêtre Ardente

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Les béatitudes (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



 

 
    
Les béatitudes

Bienheureux ceux qui vont cassés et vermoulus
S’appuyer souriants au mur du cimetière,
Sachant qu’ils sont vivants, tous ceux qui ne sont plus;
Certains d’être attendus par eux dans la lumière
Des paradis prochains dont les portes flamboient:
Bienheureux ceux qui croient.

Bienheureux ceux qui sont assis coeur contre coeur
La nuit sur les seuils noirs ou les vieux bancs de pierre
Dans le parfum des lys et de la vigne en fleur,
Partageant simplement l’ivresse de la terre,
Alors que la blancheur des vergers fous essaime:
Bienheureux ceux qui s’aiment.

Bienheureux les naïfs et bienheureux les fous
Dont les trésors sont faits d’un or impondérable:
Caresses de leur chien, cri d’un oiseau, le doux
Murmure qu’ont le soir les branches des érables
Aux souffles languissants du vent qui les soulèvent:
Bienheureux ceux qui rêvent.

Et bienheureux aussi les tendres dont les yeux
Sont humides quand un violon bégaie
Sous l’archet d’un aveugle, ou que vibre amoureux
Le contralto d’un merle à travers la futaie,
Quand parmi les joncs bleus des clartés d’astres meurent:
Bienheureux ceux qui pleurent.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’aube paisible (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    

L’aube paisible

L’harmonieux silence erre au fouillis des branches
Et dans l’immense paix d’un matin du dimanche,
Calme extatiquement,
Rien qu’un envol de cloche au fond du firmament.

L’aurore a suspendu sa luisante mantille
Sur le potager bleu où, traînant sa coquille,
S’attarde l’escargot
Zébrant d’argent mouillé les feuilles des pavots.

Les lierres enlacés aux murs qui les étayent,
Répandent leur parfum qu’exaspéra la nuit,
Et les pêchers s’éveillent
Déployant leur fraîcheur où l’abeille bruit.

Un chat muettement, plissant ses yeux de jade,
Glisse à travers les haricots et les salades.
Calme extatiquement,
Le vieux jardin repose au mol égouttement

Des cloches dans l’espace. Et parmi sa glycine,
La maison qu’un trait rose au bord du ciel dessine,
Sur le verger dormant
Ouvre, aux frais angélus, portes et contrevents.

(Marie Dauguet)

 

 

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La tristesse (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;

Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !

Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !

On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !

Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !

Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !

Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !

(Alphonse de Lamartine)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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La neige tombe toujours (Chieko Watanabe)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



La neige tombe toujours,
que je la regarde
ou que je ferme les yeux

(Chieko Watanabe)

Illustration

 

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Jusqu’à ce que mes cils gèlent (Yóko Ichigatani)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



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Jusqu’à ce que mes cils
gèlent
je lève les yeux vers l’aurore

(Yóko Ichigatani)

 Illustration

 

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