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ÂGE DE FEMME ET DE SAISON (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




ÂGE DE FEMME ET DE SAISON

Comme la fleur d’Avril, le teint est lumineux,
Toute la joie de vivre se lit dans ses yeux bleus.
Pas encore une femme mais bien plus qu’une enfant.
Le bel âge que voilà, le Printemps a seize ans.

Elle émerge de l’eau, rieuse et éclatante,
Inondée de soleil, hâlée et ruisselante,
Elle rejoint sur la plage ses enfants déjà grands,
Le fruit est épanoui, l’Été a quarante ans.

Elle choisit au parterre les dernières passeroses,
Chasse la nostalgie et les pensées moroses.
Elle se rit de ses rides, laissant couler les ans.
La vie est encore belle, l’Automne a soixante ans.

Elle serre sur ses épaules son vieux châle de laine,
Contemple le jardin qui surplombe la plaine,
Tout est couvert de neige, même ses cheveux blancs.
L’hiver vêtu d’hermine a quatre fois vingt ans.

(Jane Deny)

Illustration: Baldung Grien Hans

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Nous restons figés parfois… (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




Illustration: Robert Doisneau
    
Nous restons figés parfois…

Nous restons figés parfois
au milieu d’une rue,
d’un mot
ou d’un baiser,
les yeux immobiles
comme deux longs verres d’eau solitaire,
la vie immobile
et les mains inertes entre un geste et celui qui aurait suivi,
comme si elles n’étaient plus nulle part.
Nos souvenirs alors sont d’un autre
dont à peine nous nous souvenons.

C’est comme si nous prêtions notre vie pour un temps,
sans l’assurance qu’elle nous sera rendue
et sans que personne nous l’ait demandée,
mais en sachant qu’elle sert alors
à quelque chose qui nous concerne plus que tout.

La mort n’est-elle un prêt, elle aussi,
au milieu d’une rue
d’un mot
ou d’un baiser ?

***

Nos quedamos a veces detenidos
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso,
con los ojos inmóviles
como dos largos vasos de agua solitaria,
con la vida inmóvil
y las manos quietas entre un gesto y el que hubiera seguido,
como si no estuvieran ya en ninguna parte.
Nuestros recuerdos son entonces de otro,
a quien apenas recordamos.

Es como si prestásemos la vida por un rato,
sin la seguridad de que nos va a ser devuelta
y sin que nadie nos la haya pedido,
pero sabiendo que es usada
para algo que nos concierne más que todo.

¿No será también la muerte un préstamo,
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier
Editions: Points

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La paupière fermée (Roger Vailland)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



La paupière fermée,
Oh! sur mes yeux
Le soleil du printemps!

(Roger Vailland)


Illustration: Alice Aubert

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Je vois d’ici votre moue… (Yves Martin)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Je vois d’ici votre moue…

Je vois d’ici votre moue.
Qu’il craque, qu’il crève le vieux bonhomme !
Qu’importe ses lampées, ses mâchées,
Ses dimanches calmes comme des parasols,
Les cigarettes qu’on ressasse, le vin qui ronfle !

Vous vous foutez de ses souvenirs.
Vous avez tort, il a vécu une bien belle aventure.
Ce jour-là il pleuvait. Les gosses chahutaient de tout leur long.
Il avait filé une jeune femme. Il avait été intarissable.
Il lui avait même donné rendez-vous – sans aucune précision de lieu – pour le lendemain.

Il vous aurait raconté comment il retrouva l’altière
Aux yeux carapattant comme un bouquet de grillons.
Vous préférez qu’il se taise, crache, qu’il parte avec ses symboles.
Vous ne ferez jamais de merveilleuses rencontres sous la pluie.

(Yves Martin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Je fais bouillir mon vin
Traduction:
Editions: Chambelland

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OBSTACLE AILÉ (Gueorgui Konstantinov)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 674 « Titel », GUEORGUI KONSTANTINOV, Bulgaria 1943

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

OBSTACLE AILÉ

La liberté s’envole
sur les ailes de l’automne –
au-delà de l’horizon,
très loin vers le sud…
La chaîne de montagnes
pèse lourd à mes yeux.
Un nuage neigeux
glisse tel un rideau de fumée …
Je ne crains pas la solitude glacée.
Je n’envie pas l’infini
du vol de l’oiseau.
Car même l’oiseau n’est pas libre –
l’essaim est son frein.

(Gueorgui Konstantinov)

Traduction Elisabeth Gerlache

***

GEVLEUGELDE KLUISTER

De vrijheid vliegt weg
op de vleugels van de herfst ─
voorbij de horizon,
ver weg naar het zuiden …
De bergketen
blijft zwaar in mijn ogen wegen.
Een sneeuwachtige wolk
glijdt als een rookgordijn neer …
Ik vrees de koude eenzaamheid niet.
Ik benijd de oneindigheid niet
van de vogel zijn vlucht.
Want zelfs de vogel is niet vrij ─
de zwerm is zijn kluister.

Vertaling Lujdmila Kolechkova – Germain Droogenbroodt

***

ALADO SOMETIMIENTO

La libertad vuela
sobre las alas de otoño ─
más allá del horizonte,
lejos, hacia el sur…
La cordillera
sigue pesando en mis ojos.
La nube nívea
desciende como una cortina de humo…
No temo la fría soledad.
Ni envidio la infinidad
del vuelo del pájaro.
Tampoco el pájaro es libre ─
la bandada es su sometimiento.

Traducción Rafael Carcelén

***

WINGED BONDAGE

Freedom flies away
On autumn wings—
Beyond the horizon,
Far away to the south …
The mountain range
Weighs heavily on my eyes.
The snowy cloud
Glides downward like a smoke screen …
I do not fear the cold loneliness.
I do not envy the infinity
Of the bird’s flight.
Even the bird is not free—
The flock is its bondage.

Translated by Lujdmila Kolechkova – Stanley Barkan

***

Schiavitù alata

La libertà vola via
sulle ali dell’autunno –
oltre l’orizzonte,
lontano, verso sud…
La catena montuosa
continua a gravare nei miei occhi.
Nuvole cariche di neve
scivolano in basso come uno schermo di fumo …
Non temo la fredda solitudine.
Non ho invidia per l’infinito
volare degli uccelli.
Anche l’uccello non è libero –
Lo stormo è la sua schiavitù.

Traduzione di Luca Benassi

***

GEFLÜGELTE FESSEL

Die Freiheit fliegt
auf herbstlichen Flügeln davon ─
über den Horizont hinaus,
weit weg in den Süden…
Die Bergkette
wiegt schwer in meinen Augen.
Die schneebeladene Wolke
gleitet herab wie ein Rauchvorhang …
Ich fürchte die kalte Einsamkeit nicht.
Ich beneide die Unendlichkeit
des Vogelflugs nicht.
Denn selbst der Vogel ist nicht frei ─
der Schwarm ist seine Fessel.

Übersetzung Wolfgang Klinck

***

SUBMISSÃO ALADA

A liberdade voa
nas asas do Outono ─
para além do horizonte,
para longe, para o Sul…
A cadeia de montanhas
pesa longamente nos meus olhos.
A nuvem de neve
desliza como uma cortina de fumo…
Não temo a solidão fria.
Não invejo a infinitude
do voo do pássaro.
Nem o pássaro é livre ─
No bando, está a sua submissão.

Tradução portuguesa – Maria do Sameiro Barroso

***

ALATA SCHIAVITUTINI

La libbirtà s’abbula
Cu ali d’autunnu–
Oltri l’orizzonti,
Luntanu, versu sud…
La catina di muntagni
Mi pisa assai supra di l’occhi
Li nevuli annivati
Calanu lentamenti comu na curtina di fumu

Jo non mi scantu di la fridda solitutini.
Non ci mmidiu l’infinità
Di lu volu a l’aceddi.
Puru l’aceddu non è libbiru—
Lu sbardu è la so schiavitutini.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ROBIE ÎNARIPATĂ

Se duce libertatea în zbor
Pe aripi autumnale –
Trece de orizont,
Departe înspre sud.
Lanțul montan
Îmi atârnă greu în ochi.
Norul înzăpezit
Alunecă în adânc, un paravan de fum…
Nu mă înspăimântă însingurarea rece.
Nu invidiez nemărginirea
Din zborul păsării.
Nici libertatea ei nu e deplină –
O ține stolul în robie strânsă.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SKRZYDLATE ZNIEWOLENIE

Wolność odlatuje
na jesieni skrzydłach –
gdzieś ku morzu,
gdzieś na południe.
A górski łańcuch
przytłacza
moje oczy.
I chmura śniegu
Opada jak dymna kurtyna…
Nie lękam się zimowej samotności.
I nie zazdroszczę bezkresu
ptasiego lotu.
Nawet ptak nie jest wolny –
Stado jest jego zniewoleniem.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΚΛΟΥΒΙ ΜΕ ΦΤΕΡΑ

Ελευθερία που πετά μακριά
στα φτερά του φθινοπώρου
πέρα απ’ τον ορίζοντα
μακριά κάπου στο νότο
βουνοσειρά που διατηρεί το βάρος
πάνω απ’ τα μάτια μου.
Σύνεφο γεμάτο χιόνι
κυλά σαν καπνισμένος καθρέφτης
η παγωμένη μοναξιά δεν με φοβίζει
μα δεν ζηλεύω το ατέλειωτο των πουλιών ταξίδι
ακόμα και το πουλί έχει
το κουβί του που λέγεται κοπάδι

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

有翅膀的束缚

自由在秋天的
翅膀上飞走了——
飞出了地平线,
飞到遥远的南方……
崇山峻岭
在我眼里持续沉重。
那雪云
像一幕烟滑下来……
我不怕这冷孤独。
我不羡慕那鸟儿
飞翔的无限。
即使鸟儿也不自由——
集群是它的束缚。

英 译:卢杰德米拉·科列奇科娃
汉 译: 中 国 周道模 2021-3-10
Translation into Chinese by William Zhou

***

عبودية مجنحة

تحلق الحرية بعيدا
على أجنحة الخريف
فيما وراء الأفق،
بعيدا نحو الجنوب…
صوب سلسلة الجبال
فمازالت كبيرة في نظري.
تنسدل غيمة الثلج كسحابة دخان
لا أخاف البرد في وحدتي.
ولا أحسد الطيور لأنها
تحلق في فضاء لا متناه.
فحتى الطائر ليس حرا-
ورباط السرب قيده أبداً.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

पंखों वाला दासता

स्वतंत्रता उड़ जाती है
शरद ऋतु के पंखों पर –
क्षितिज के पार,
दूर दक्षिण में …
पर्वत श्रृंखला

मेरी आंखों में भारी वजन रखता है।

बर्फीला बादल
स्क्रीन की तरह नीचे की ओर…

एक धुआँ

मुझे ठंड के अकेलेपन का डर नहीं है।
मैं अनंत से ईर्ष्या नहीं करता
चिड़िया की उड़ान से।
यहां तक कि पक्षी भी मुक्त नहीं है –
झुंड इसका बंधन है।

इथाका -674 के ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद l
Hindi Translation by Jyotirmaya Thakur

***

翼のある束縛

自由は秋の翼に乗って飛び去る
地平線を越えて
遠く南の彼方へ
山々の連なりは
わたしの目に重く
雪のような白い雲は
煙幕のように滑り落ちる
寒々とした孤独をわたしは恐れない
いつまでも飛ぶことのできる鳥を羨まない
鳥でさえ自由ではないのだ
群は束縛である

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

اسارت بالها

آزادى پرواز مى‌کند
روی بالهای پاییز
ماوراء افق،
به سوى دور دست‌های جنوب..
رشته کوه
وزنش روی چشمانم سنگینی می‌کند.
ابر برفی
مانند صفحه‌یی دودی به سمت پایین سُر مى‌خورَد.
من تنهایی سرد نمی‌ترسم.
وبه جاودانگی‌ پرواز
پرنده حسادت نمی‌کنم.
حتی پرنده آزاد نیست
گله ی پرندگان اسارتش‌ست.

گیورگی کنستانتینو، بلغارستان، ۱۹۴۳
ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

КРИЛАТО РОБСТВО

Свободата отлита
на есенни криле –
някъде към морето,
някъде на юг.
А планинската верига
остава да тежи
в очите ми.
И снежен облак се спуска –
като димна завеса …
Не се страхувам
от зимната самота.
И не ревнувам
безкрая на птичия полет.
Даже птицата не е свободна.
Ятото
е нейното робство.

GUEORGUI KONSTANTINOV

***

VÆNGJUÐ ÁNAUÐ

Frelsið flýgur burt
á haustvængjum –
út yfir sjónbaug,
óraveg til suðurs…
Fjallgarðurinn
vegur enn þungt í augum mínum.
Snjóskýið
sígur eins og reyktjald…
Ég óttast ekki kalda einsemd.
Ég þrái ekki eilífðina
í flugi fuglsins.
Ekki einu sinni fuglinn er frjáls –
flokkurinn er hans ánauð.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Lujdmilu Kolechkovu
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

КРЫЛАТАЯ ТЮРЬМА

Свобода улетает далеко –
на крыльях осени
за горизонт
на юг…
Горные пики
мне отяжеляют глаз.
Снежная туча

проскользнула мимо, распыляя дым…
Безжизненного одиночества я не боюсь.
Но не завидую и бесконечности

полета птиц.

И птица тоже несвободна –
Ведь ее стая – и ее тюрьма.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

ALIPING MAY PAKPAK

Kalayaan ay lumilipad
Sa pakpak ng taglagas –
Lampas sa naabot ng tanaw,
Malayo sa katimugan…
Ang saklaw ng bundok

Patuloy na nagpapabigat sa aking mga mata

Ang malaniyebeng ulap
Nagpapadulas pababa tulad ng malausok na tabing…
Hindi ko kinatatakutan ang malamig na mapag-isa
Hindi ko kinaiingitan ang kawalang hanggang

paglipad ng mga ibon.

Kahit na ang mga ibon ay hindi malaya-
ang kawan ang umaalipin sa mga ito.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

שעבוד של כנפיים / גיאורגי קונסטנטינוב

הַחֹפֶשׁעָףהַרְחֵק
עַלכַּנְפֵיהַסְּתָו–
מֵעֵבֶרלָאֹפֶק,
הַרְחֵקהַרְחֵקאֶלהַדָּרוֹם…
רֶכֶסהֶהָרִים
מַמְשִׁיךְלְהַכְבִּידבְּתוֹךְעֵינַי.
הֶעָנָןהַמֻּשְׁלָג
גּוֹלֵשׁמַטָּהכְּמוֹמָסַךְעָשָׁן…
אֵינֶנִּיפּוֹחֵדמֵהַבְּדִידוּתהַקָּרָה.
אֵינֶנִּימְקַנֵּאבָּאֵינְסוֹפִיּוּת
שֶׁלמְעוֹףהַצִּפּוֹר.
אֲפִלּוּהַצִּפּוֹראֵינֶנָּהּחָפְשִׁיָּה–
הַלַּהֲקָההִיאשִׁעְבּוּדָהּ.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

MERBENDÊN BASKANÎ

Serbestî li ser
baskên payîzê di paş
asoyê re difire,
dûr berv başûrê…
Rêzên çiyan
li ber çehvên min giran dibin.
Ewrên bi berfê barkirî
jordanî dadikevin wek perdeyeke temanî…
Ez ji sariya tenêtiyê natirsim.
Ez dexsê bi nedawiya
firîna balindeyan nakim.
Her balinde bi xwe jî ne serbest e –
ref merbenda wî ye.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ডানাময় বন্ধন

স্বাধীনতাউড়েযায়
শরৎ এর ডানায়-
দিগন্তের বহুপরে,
অনেকদূরহতে দক্ষিণায়নেরপথে…
পর্বতমালা
আমারনয়নযেভারিহয়েআসে ।
তুষারচ্ছন্ন মেঘোমালা
ধোয়াআবৃতচিত্রেরমতধীরেডানাময় বন্ধননিচেভেসেযায় …
আমিমেঘমালারএকাকীত্বকেভয়পাইনা।
আমিচিরন্তনকেকরিনাঈর্ষা
পাখিরউড়েযাওয়া ।
তবুসেতোনয়মুক্ত-

Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

DAOIRSE na nÉAN

Éalaíonn an tsaoirse
Ar sciatháin an fhómhair –
Thar imeall na spéire,
I bhfad ó dheas…
Luíonn a híomhá
Go trom ar mo shúil.
Anuas amhail brat deataigh
Sleamhnaíonn néal bán…
Ach níl faitíos orm roimh an gcumha.
Nílim in éad le saoirse
Na n-éan;
Ní hionann saoirse is eitilt –
Nach daoirse freisin a n-ealta?

Rua Breathnach a d’aistrigh go Gaeilge
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

DUBINE VREMENA

Kada sunce otera noć
i crta novi dan tamom I svetlom,
ono pokušava da odgonetne znake
što oblaci slikaju na nebu

I kad noć
zatvori umorne oči danu
I osvetli zvezde,
razmišlja o tome šta to dođe
i šta nestade
u dubine vremena.

Са енглеског превела С. Пиксиадес
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

КРИЛАТО ЗАЛОЖНИШТВО

Слободата одлетува
На крилјата на есента –
Над хоризонтот,
Далеку од тука, на југ…
Планинскиот венец
Продолжува да тежи во моите очи.
Снежниот облак
Се лизга надолу како димна завеса…
Не се плашам од студената осаменост.
Не ѝ завидувам на бесконечноста
на летот на птицата.
Дури и птицата не е слободна –
Јатото е нејзино заложништво.

Превод од англиски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Թևավորստրկություն

Թռչնիթևերով
Հորիզոնիցանդին
Ազատությունըթռչում է դեպիհեռուհարավ…
Լեռնաշղթանծանրանում է աչքերիսվրա
Սահումէներքևամպը ձնառատ,
ինչպեսծխապատէկրան…
Չեմ վախենում սառը մենությունից,
Չեմ նախանձում անսահմանությանը
թռչնի թռիչքի,
Անգամ թռչունն ազատ չէ.
երամը ստրկությունն է նրա:

Translation into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Gueorgui Konstantinov)

 

Recueil: Ithaca 674
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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UN DUO (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
UN DUO
(Le duo)

Un couple de mannequins en bois utilisé dans les ateliers de sculpture :
habitants typiques du monde chiriquien.
Qu’attendre des amours d’un tel couple
si ce n’est un rituel d’insectes rigides, une pariade de robots ?

— Étant sans bras pour nous étreindre, rien ne pourra nous séparer.
— Étant sans sexe pour aimer, rien ne pourra nous désunir.
— Sans yeux et sans nez, mon visage. je suis une élégie de cire.
— Sans front; sans bouche, mon partage. je suis un brouillon de sourire.
— Mannequins au torse d’absence ?
— Simulacres que l’éther encense ?
— Appelants du plus grand silence ?
— Aubiers d’être enfantés du tremble ?

Le savez-vous qu’ainsi livrés à la rigidité dorienne des momies,
vous êtes entrelacés à l’énigme du monde?
Le savez-vous qu’en cette terrasse ensoleillée
s’ébauche en vous une théologie des automates ?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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TOUS LES MATINS (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
TOUS LES MATINS

Tes pieds sont des poissons
tropicaux avec des yeux d’étincelles.

Ils dansent dans les courants d’air
de rien sous l’océan miniature
qu’on appelle couverture.

Ils sont le socle émouvant
de l’édifice qu’on appelle
ton corps.

Ce vague à larmes de joie.

Je m’y recueille de poèmes,
tous les matins.

(Mathias Malzieu)

 

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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Tel, esseulé, le rossignol dans la nuit (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Quel rosignuol che si soave piagne

Tel, esseulé, le rossignol dans la nuit
bleue célèbre les siens parmi la gent ailée,
tel par les combes, les vals et les collines
module et coule le silence des prés,

il émaille et chatouille la grande nuit et
m’accompagne, solitaire désormais… oui
moi ! pose lacs et rets, distille la mémoire à
la mortelle angoisse qu’instille la déesse.

Ô iris de la peur !
Éther d’yeux clairvoyants au profond de
l’éther qu’enfouit la terre en son berceau de
cendres aveugle
— ainsi toi, la fileuse, te voilà satisfaite !
En larmes je l’affirme : tout le charme du monde
dure à peine ce que dure un battement de cils.

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

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L’Homme cosmique (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

L’Homme cosmique

Mes yeux parcourent le monde et nul horizon ne barre ma vue ;
je vois Tokyo et Paris et New-York,
je vois les bombes exploser sur Barcelone et dans les rues de Canton.
Les méfaits sans nombre de l’homme et ses rares bienfaits se déroulent en moi.
Je suis la bête qu’il tue, l’oiseau qu’il nourrit et sauve;
Les pensées d’esprits inconnus vibrent en moi et m’exaltent ;
je porte la douleur de millions d’êtres dans ma poitrine solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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