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Poésie

Posts Tagged ‘(Zbigniew Herbert)’

L’inscription (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017



L’inscription
Tu regardes mes mains
frêles — dis-tu — comme des fleurs

tu regardes ma bouche
trop petite pour dire : monde

— balançons-nous plutôt sur la tige des instants
buvons le vent
voyons comme nos yeux s’éteignent
l’odeur de fané est la plus belle
et la forme des ruines insensibilise

il est en moi une flamme qui pense
un vent pour l’incendie et pour la voile

mes mains sont impatientes
je peux
façonner avec de l’air
la tête d’un ami

je répète un poème que je voudrais
traduire en sanscrit
ou en pyramide :

quand la source des étoiles se tarira
nous éclairerons les nuits

quand le vent deviendra pierre
nous attendrirons l’air

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ismael Nery

 

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La rose penche la tête (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



la rose penche la tête
comme si elle avait des bras

elle résiste au vent
et le vent s’en va seul

sans dire un mot
sans dire un mot

plus la rose meurt
plus il est difficile d’en parler

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Le café (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Le café

L’on s’aperçoit soudain qu’il n’y a rien dans le verre,
que l’on porte l’abîme à ses lèvres.
Les guéridons de marbre s’évaporent comme neige au soleil.
Seuls les miroirs se mettent en frais face aux miroirs, ils sont les seuls à croire à l’infini.
Voici l’heure où il convient, sans attendre le saut meurtrier de l’araignée, de partir.
La nuit on peut revenir pour observer à travers la grille le terrible sabbat des objets.
Les tables et les chaises tuées avec bestialité sont sur le dos les pieds dressés vers un ciel de chaux.

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Met le doigt dans la blessure du monde (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



met le doigt dans la blessure du monde
et sépare la chose de l’apparence

toi le plus vrai toi seul
sais exprimer l’amour
toi seul peux me consoler
car nous sommes tous deux sourds aveugles

– au bord de la vérité croît le toucher

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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Le poète se couvre les yeux (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2017



le poète se couvre les yeux
d’une paume emplumée
il ne rêve plus de vol
mais d’une chute
qui dessine comme l’éclair
le profil de l’éternité

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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Ne demande pas ce qu’est la rose (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2017



ne demande pas ce qu’est la rose l’Oiseau la racontera peut-être
pensées annihilées par le parfum visage effacé d’un frôlement léger
couleur du désir
couleur des paupières en pleurs
douceur ronde pleine
rouge déchiré jusqu’au coeur

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Salvador Dali

 

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En vérité (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



en vérité en vérité je vous le dis
vaste est l’abîme
entre la lumière
et nous

(Zbigniew Herbert)

 

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Le tabouret (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Le tabouret

On ne peut cacher plus longtemps cet amour
un petit quadrupède aux pattes de chêne
à la peau rugueuse et si fraîche
objet quotidien dénué d’yeux mais doté de visage
où les rides des rainures marquent un jugement mûr
petit âne gris le plus patient des ânes
il a perdu son pelage suite à de trop longs jeûnes
en le caressant le matin je ne sens sous la main
qu’une touffe de copeaux de bois

— tu sais mon chéri il y avait des charlatans pour dire
que la main ment l’oeil ment
au contact des formes qui ne sont que vide —

c’étaient des gens mauvais envieux des choses
ils voulaient prendre le monde à l’hameçon des réfutations

comment te dire ma gratitude mon admiration
tu réponds toujours à l’appel des yeux
par ta grande immobilité tu signifies
à la pauvre raison: nous sommes réels —
la fidélité des choses nous ouvre les yeux à la fin

(Zbigniew Herbert)

 

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Les forêts flambaient (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Les forêts flambaient —
mais eux
se nouaient les bras autour du cou
comme bouquets de roses

les gens couraient aux abris —
il disait que dans les cheveux de sa femme
on pouvait se cacher

blottis sous une couverture
ils murmuraient des mots impudiques
litanie des amoureux

Quand cela tourna très mal
ils se jetèrent dans les yeux de l’autre
et les fermèrent fort

si fort qu’ils ne sentirent pas le feu
qui gagnait les cils

hardis jusqu’à la fin
fidèles jusqu’à la fin
pareils jusqu’à la fin
comme deux gouttes
arrêtées au bord du visage

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ethan Cranke

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Garde la plume (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



garde la plume elle a les couleurs
de la peur l’amour du désespoir
avec elle tu créeras peut-être un poème
sur le sort des oiseaux en des temps rigoureux

(Zbigniew Herbert)

Illustration

 

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