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Posts Tagged ‘zénith’

AURORES DE MOGUER (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2017



 

Gilles Capton   taureau

AURORES DE MOGUER

Le noir taureau surgit seul, net et beau,
sur l’aurore froide et verte, là-haut sur le rocher d’azur.
Il mugit du sud au nord, repoussant
le profond zénith à la robe pie, tout constellé
de grandes étoiles,
de son front gigantesque.

– L’immense solitude s’effraie ;
le silence sans fin se tait.

!…! –

Le taureau — rocher éboulé —
dévale le ravin touffu.

***

AURORAS DE MOGUER

El negro toro solo surfe, neto y bello,
sobre la fría aurora verde, alto en el peñasco azul.
Muje de sur a norte, rempujando
el hondo cenit cárdeno, estrellado todavía
de las estrellas grandes,
con su ajigantado testuz.

—La soledad inmensa se amedrenta;
el silencio sin fin se calla.

¡…!—

El toro — roca desgajada— baja contra
el barranco frondoso.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gilles Capton

 

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Les oies sauvages partent (Hiroko Nishimura)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Les oies sauvages partent —
Le ciel se balance
au zénith

(Hiroko Nishimura)

Illustration

 

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Plaçant ton oeil suprême au zénith, regarde (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Plaçant ton oeil suprême au zénith, regarde,
prononçant du zénith ton JE suprême:
jaillie de la pure vision, la lumière brille.
Elle brille de l’Evidence Absurde,
de la certitude douloureuse cherchant le mot
si clairement introuvable,
si simplement ineffable,
cherchant la Parole une
qui proclame l’Evidence absurde.

Parole condensant toute lumière.
Parole encore non parlée,
contenant toute vérité.
Parole encore souffrant d’être muette
– comme le hurlement silencieux
entre les mâchoires paralysées du tétanique.

(René Daumal)

 

 

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Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse –
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

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L’HORLOGE DE GRAND-MERE (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



L’HORLOGE DE GRAND-MERE

Notre aïeule l’horloge,
solide comme un chêne,
a sonné ses cent ans
sans ride, sans peine
— ses cent ans au foyer
de fidèle présence
nuit et jour attentive
à meubler le silence…

Elle a gardé ses doigts de fée
et tire sans trembler
le fil du temps
sur ses aiguilles.

Elle a gardé sa voix de jeune fille
pour nous chanter les heures
qui valsent une à une,
les douze soeurs
blondes et brunes.

Elle a gardé toute sa tête
dans l’orchestre de l’univers :
la mémoire sans faille,
la mesure précise,

et son coeur se balance
infatigablement
au creux de sa poitrine
comme un soleil de cuivre
entre l’est et l’ouest.

Je souhaite que le soleil
me monte très haut dans l’âme,
y reste au zénith en toutes saisons
même quand je serai vieille femme
voûtée au ras de l’horizon.

(Christiane Barrillon)

 

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Comme, en chantant, (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



 

peuplier

Comme, en chantant, l’oiseau
sur la cime de lumière du peuplier vert
au soleil joyeux du clair après-midi,
à loisir, me déchire, immensément, en deux
l’âme — et quel sang de musique jaillit ! —
du zénith sans retour
à la terre immuable !

***

¡Cómo, cantando el pájaro
en la cima de luz del chopo verde,
al sol alegre de la tarde clara,
me parte el alma, a gusto, inmensamente, en dos
— ¡y qué sangre de música chorrea!—,
desde el cenit sin vuelta
a la tierra sin cambio!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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Au zénith toujours plus haut (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017


toujours plus haut

– au zénith toujours plus haut
ton oeil suprême,
du zénith parle le JE suprême –
SOUFFLE diffus,
PAROLE muette,
au sein du Chaos poétique
s’accouplent dans la douleur.

(René Daumal)

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L’heure du berger (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



La lune est rouge au brumeux horizon;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains;
Vers les buissons errent les lucioles;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

(Verlaine)

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Je la vois (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2017



Je la vois,
Nue à l’horizon,

Grandeur nature,
C’est à dire

Les pieds sur la plaine,
La tête au zénith.

(Guillevic)


Illustration

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ODE (Ricardo Molirani)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



ODE

Qui s’avance dans le soir jouant du luth sur les nuages comme dans sa propre demeure ?
Qui joue du luth, et fait se retourner les feuilles des arbres ?

J’ai rempli mon coeur des ombres des paroles; du rêve de quelques voix.
Et elles résonnent en moi, sans amener soulagement,
flottantes : « toi », personne, demain, espace, solitude, tendresse, et jamais.
Avec elles j’entretiens mon être, l’angoisse du ciel et la dure solitude du sang.

Je lave ma bouche de leurs absences et m’interpelle de nuit et de jour, et je les mets sur ma tête
découverte pour les nommer à l’oubli, au devant et sous le zénith des plaines.
Leurs dieux et leurs corps je les ai assis entre mes lèvres pour toujours, dans la louange;
Devant moi ils supportent l’air, ah ! et la hauteur impénétrable de la mort;
Nul ne les voit, comme on ne voit pas l’haleine qui les mue et les gouverne durement.

(Les anges se répandent dans l’espace; les uns portent des faisceaux d’épis, d’autres choisissent des coquelicots rouges,
et quelques-uns distribuent des graines aux oiseaux entre les arbres dénudés.
Nul ne les voit; moi j’ai la gorge séchée par la lumière que diffuse leurs antiques vêtements.
Je les regarde dresser la tête sans que l’air les blesse
et disparaître rapides, baignés de clarté, devant la fureur de la Nuit.
Je suis accoutumé à les regarder au dedans de moi,
comme dans les jours anciens dont la fumée s’est dissipée
et dont les règnes étendus sous la cendre attendent sans désespoir les lis.)

Je voudrais arracher de moi-même la joie, ouvrir les yeux immensément, à me faire mal,
et regarder, regarder l’horizon jusqu’au delà du vide de la nostalgie, là où mon ombre
Comme un arbre, change de feuilles en hiver.

Amour: temps perdu !

(Ricardo Molirani)

 

 

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